Ces bases sont des remplois
2. Plusieurs villes romaines de la région de Sour Djouab étaient entourées d'une enceinte analogue à celle que nous venons de décrire. Pour Aïoun Bessem, voir Gagnât, l'A7^mée romaine, p. 629-630 (le rempart, aujourd'hui complètement détruit, n'était pas antérieur, semble-t-il, à la fm du m" siècle). — Pour Aumale, voir Shaw, Voyages dans la Barbarie iruduciion française publiée à la Haye en 1743), I, p. 101 ; Berbrugger, Recueil de Constanline, XXVIll, 1893, p. 112; Gagnât, /. c, p. 610 (il ne reste rien de ce rempart). — A Sidi Hamza, à 4 kilomètres d'Aïoun Bessem, il y avait une ville d'une superficie de 34 hectares, entourée dune muraille de foruic irrégu-
t)6 LES MONUMENTS ANTIQUES DE L ALGERIE
La ville forte appelée la Kalaa (près de Renault, dans la région du Dahra M est située sur une étroite crête, presque iuaccessible au nord et au sud et difficilement abordable à l'ouest. Les ruines, très confuses, couvrent un espace d'environ 1.000 mètres de longueur sur 250 à 300 de largeur.
Du côté du levant, on distingue les restes de deux remparts, il peu près parallèles. Le premier, épais de 3°", 50, est bâti en moellons, liés par un mortier très peu consistant. Il présente de
distance en distance des tours rectan- I gulaires, de 4"", 50 de front et de 2°', 50
I de saillie. Les vestiges d'une porte
I apparaissent nettement dans la partie
^i^^^^ méridionale. Le second rempart, qui
""^l B est séparé de l'autre par un intervalle
f ^^^^^^J de 150 à 200 mètres, n'a que 2 mètres
de large ; il est constitué par deux' parements en pierres de taille assez^ grossières, encadrant des amas de' moellons : il semble appartenir à une époque plus récente. — La face occidentale était protégée par un
Fifi. 31. — Sour Djouab. Porte mur semblable au premier rempart entre les quartiers est et sud.
de l'est. Vers l'extrémité sud, s'ouvrait une porte, flanquée de chaque côté d'une paire de tours carrées.
licre, avec des tours : une citadelle carrée, offrant également des tours, s'élevait au point culminant, à l'ouest : Grenade Delaporte, Revue africaine, XXXIII, 1889, p. 234-250 ; Bulletin de la Société d'Oran, 1890, pi. à la page 164.
1. Au nord du Chélif. Voir quelques indications données sur cette Kalaa dans le Bull, du Comité, 1888. p. 98-99. Une autre ville fortifiée de même type se trouve à peu de distance {ibid., p. 97-98).
CONSTHUCTIONS AJII.ITAIH KS. OUVRAGES DE DÉFENSE
Il n'y a do imiraillo qiK- sur une })ai'tie de la face septentrionale ; la face méridionale, qui est ii pic, en est tout à fait dépourvue. Sur ces deux côtés, les habitants avaient ménagé, le long- des flancs de la crête qui porte la ville, des sentiers donnant accès à deux entrées secondaires ila planche XIII
Vu.. 32. — Vue intérieure A'un tour de Tipasa.
reproduit l'entrée du sud). Non loin de là, on remarque, au nord comme au sud, un poste-vigie, entièrement taillé dans le roc, d'où Ton pouvait surveiller les environs : un couloir, offrant une série de marches^, conduit à un petit réduit où se tenait le guetteur ; une fenêtre a vue sur la campagne. Quelques villes du littoral de la Maurétanie montrent aussi
1. Ce couloir paraît avoir été à ciel ouvert dans la vigie sud. Au nord, il était surmonté d'une voûte ménagée dans le rocher.
les ruines, souvent importantes, des enceintes derrière lesquelles elles s'abritaient.
Tipasa, entre Alger et Cherchai, était un vieux comptoir phénicien, qui se développa beaucoup sous la domination romaine. La ville, qui couvrait d'abord un promontoire, s'étendit dans la plaine environnante et sur deux collines situées à peu de distance de ce promontoire, à l'ouest et à l'est. A une époque qu'il est difficile de préciser, peut-être vers la fin du ii" siècle ou dans le cours du iii% on l'entoura d'un rempart, long d'environ 2.2C0 mètres, dont le tracé est facile à reconnaître^. Il est construit eu moellons, noyés dans un ciment très dur, avec des revêtements en petit appareil, et mesiire l'",60 de largeur ; il devait être haut de 7 à 9 mètres. Il était sans doute couronné d'un chemin de ronde, bordé de créneaux. Des tours rectangidaires (voir fig. 32i se dressaient à des distances variables, voisines les unes des autres sur les points exposés, plus espacées ailleurs. On montait aux parties supérieures par des escaliers appliqués contre les tours et le long de la muraille. Les deux extrémités du rempart, au-dessus de la mer, les angles quil formait en divers endroits, les abords des portes étaient défendus par des tours rondes. La disposition de la porte de l'ouest est encore assez nette (voir planche XIV). Derrière deux grosses tours, distantes de 19 mètres, s'allongeaient deux ailes courbes, ornées de colonnes et terminées par des tourelles, entre lesquelles passait la route de Caesarea.
En 371 ou 372, cette enceinte résista aux assauts furieux du rebelle Firmus. qui avait pu s'emparer des villes voisines. Mais elle fut sans doute renversée, au siècle suivant, par les
1. Gsell, Mélfuiyes lie l'École de Rome, XIY, 1894, p. 324-329 et pi. V. Conf. '
Gsell, Guide archéohujiqve des environs d\M(,er Alger, 1896), p. 109-111.
Vandales : craignant des révoltes, leur roi Genséric fit abattre les remparts de la plupart des cités romaines d'Afrique. A Tipasa, on peut constater, çà et là, que la muraille a été entaillée des deux côtés près de la base, puis culbutée à l'aide de puissants leviers.
Les ruines de Ziama (dans l'antiquité Choba) se trouvent dans une région très peu fréquentée, sur le littoral entre Bougie et Djidjelli. Là aussi, le rempart est assez bien conservé pour pouvoir être étudié dans presque tous ses détails". Il est bâti en blocage, avec deux parements en pierres de petit appareil, d'une taille régulière et d'une construction soignée. La muraille a, en moyenne, un mètre d'épaisseur. Elle est épaulée, sur la face intérieure, par une série de contreforts, distants de 2", 30 2. Des arcades les reliaient et supportaient le chennn de ronde ; plusieurs d'entre elles sont encore en place au sud et s'élèvent à une hauteur de ."> mètres sous clef. De nondjreuses tours, éloignées les unes des autres de 30 à 50 mètres, interrompent la courtine, en formant au dehors des saillants quadrangulaires ou arrondis ; on v pénétrait, au rez-de-chaussée, par une petite porte. Au point culminant de l'enceinte, au sud, nous avons distingué une tour maitresse circulaire, de 7 mètres de diamètre. Il ne subsiste aucune trace certaine des escaliers qui donnaient accès au chemin de ronde : peut-être étaient-ils en bois. Il est également impossible de déterminer aujourd'hui l'emplacement des portes -5.