PI. XXXVI
A. Fontemoing, Édit., Paris
Phototypie Berthaud, Paris
Arc de Djemila
en Niimidie par le légat M. Aemilius Macer Saturninus. La baie pouvait être fermée, comaie rindiquent des mortaises creusées de chaque côté de l'ouverture.
A Annouua, Tare qui s'élève dans la partie haute de la ville, peut-être à l'entrée du forum', offre une disposition dont on trouve d'autres exemples dans l'Afrique septentrionale (plan, fi(i. 53; vue, planche XXXV). Par devant comme par derrière, l'ouverture, large de 4™, 16, est flanquée de deux couples de pilastres, précédés de deux couples de colonnes'^. Les chapiteaux, d'ordre corinthien, sont médiocrement exécutés, ainsi que les moulures; cependant, les proportions du monument ne manquent pas d'élégance. L'arcade, bordée d'archivoltes, est en assez bon état; mais il ne reste de l'entablement qu'une partie de l'architrave (à trois bandeaux) et de la frise. Quant à l'attique, il est entièrement détruit. Des fouilles au pied de ce monument amèneraient sans doute la découverte de la dédicace.
L'arc de Djemila-'^ (plan,^^. 54; vue, planche XXXVI) fut vu par le duc d'Orléans en 1839, lors de l'expédition des Portes de Fer. Le prince l'admira fort et songea à le faire démonter pierre par pierre, pour le réédifier sur une place de Paris, en souvenir des exploits de l'armée française d'Afrique. Ce projet, d'ailleurs peu réalisable, fut vite abandonné, et la porte romaine domine encore, de sa masse mal assurée, les
1. Berbrugger, Algérie hisforiqne, pittoresque et monumentale, province de Constantine, planche à la page 22. Ravoisié, II, page 11-12, pi. 8-10. Delaraare, Revue ar-iiéologique, VI, 18i9, p. 14. Id., Erploralion, pi. 164, fig. 9.
2. Ces colonnes ne sont plus en place. Plusieurs chapiteaux gisent à terre.
3. Nodier, Journal de Vexpédition des Portes de fer, p. 203-204, planche à la p. 198. Ravoisié, I, p. 33-55, pi. 34-38. Delamare, pi. 101 et 104, fig. 4. Saladin, Archives des Missions. S' série, XIII, p. 8'J, fig. 149. Normand, l'Ami des Monuments, XII, 189S, p. 79.
LES MONLMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE
ruines de la colonie de Cuicul. On a dû, il y a quelques années, lui faire subir un étayage provisoire, qui le défigure.
L'ornementation des deux faces est la même qu'à l'arc de Thibilis.En outre, une niche semi-circulaire, cintrée au sommet, est ménagée dans chaque pied-droit, sur les deux faces; des moulures dont l'ensemble imite une coquille décorent les culs de four. Ces quatre niches étaient évidemment destinées à abriter des statues.
Selon l'usage, l'ordre que l'on a adopté est le corinthien. Les
FiG. 54. — Arc de Djeniila.
pilastres subsistent, les colonnes manquent. « Elles ont été cou- « pées, dit Ravoisié, pour former les dés de plusieurs poteaux « d'un hangar. » Les impostes de l'arc sont d'une décoration plus riche que de coutume (oves, rangée de feuilles d'acanthe, pirouettes, tresse). A l'est, l'archiA'olte est ornée, à chacune de ses extrémités, d'une tête surmontée de feuillage. L'entablement se compose d'une architrave à deux bandeaux, d'une frise lisse, très étroite, etd'une corniche assez lourde ; lesdécrochements placés sur les pilastres et les colonnes se sont en partie conservés. Chaque avant-corps était probablement couronné d'un fronton, fait d'une seule pierre'. Le milieu de l'attiquo est 1 . On voit, au pied de l'arc, trois frontons complets et un morceau du quatrième.
encore en assez bon état : on y lit du côté du forum une dédicace', rappelant que cet arc triomphal fut élevé par la commune de Cuicul à Tempereur M. Aurelius Severus Antouinus (Caracalla), à sa mère Julia Domna et au Divin Sévère, son père. La date que donne l'inscription répond à l'an 216 après Jésus-Christ. La hauteur totale de l'arcest do 12", 63, la largeur de 10", 60, dont 4", 34 pour l'ouverture, sous laquelle passe une voie dallée.
Sur un des flancs du monument (au nord), on remarque l'amorce d'une arcade, avec le pied-droit qui la portait. L'architecte a donc eu l'intention d'établir en cet endroit une baie cintrée, afin de relier l'arc à quelque autre construction "-. Le flanc opposé est de biais ; il n'étaitpasisolé : un mur venait s'appliquer contre l'arc, avec lequel il formait un angle obtus.
La porte construite à l'entrée occidentale deThamugadi'^ ressemblait aux deux précédentes, à en juger par la disposition des assises inférieures qui, seules, sont demeurées en place. Comme à la porte septentrionale de la ville, la baie pouvait être fermée. Auprès, on a recueilli plusieurs fûts de colonne cannelés, des chapiteaux corinthiens, d'autres débris de l'ornementation, enfin quelques fragments d'une dédicace à Marc- Aurèle et à Lucius Verus, qui figurait sur l'attique.
Un arc semblable, retrouvé à Tébessa^ est encore plus mal conservé. On ne voit plus que le bas d'un des pieds-droits-', servant actuellement de socle à un monument commémorât if de
1. Corpus, VllI, 8321. Elle est gravée sur cinq dalles, dont quatre seulement sont en place. Sur l'autre face, l'attique ne porte pas d'inscription.
2. Ravolsié croit pourtant que ce projet ne fut jamais mis à éxecution.