Ballu, ibid., p. 26, fig. 20 et
2. Nous ne pouvons pas admettre l'opinion de M. Ballu sur la place qu'occupaient ces dosserets. La question est discutée dans notre ouvrage sur le musée de Tébessa (Paris, Leroux, 1902).
282 LES WON'UMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE
Ce fut sans doute à la même époque que l'on remania Tare de tète et peut-être aussi toute la voûte de l'abside. Les deux pilastres qui, croyons-nous, tlanquaient l'ouverture furent rasés et remplacés par deux grandes colonnes'; on coiffa chacune d'elles d'un coussinet décoré comme les précédents, mais pourvu d'une queue qui s'enfonçait dans l'angle du mur. Les sommiers du nouvel arc de tète reposèrent sur ces deux coussinets.
Do noml)reux cul)es d'émail, retrouvés sur le sol lors des fouilles, laissent supposer que la voûte de l'abside, et peut-être aussi les [larois su[)érieures de la nef étaient revêtues de mosaïques.
Le baptistère (plan, y^y. 135-; vue, planche LXXXIX) est a})i)]iqué contre Vatrii/»/, dont le mur de droite a été recoupé pour ouvrir la porte d'accès. Le sol de ce bâtiment est en contre-bas de 0™, 50 par rapport à Yairitou et l'on descend par trois marches. On pénètre d'abord dans une sorte d'antichambre rectangulaire, dallée. Deux colonnes, dont les bases sont encore eu place, flanquaient l'entrée de la salle baptismale proprement dite; leurs chapiteaux étaient sans doute reliés par une architrave. Cette salle, de 4"\80 sur 3", 90, offrait un pavement en mosaïque. La cuve est de forme circulaire : le fond ne mesure que 0™,8o de diamètre; il est entouré de trois degrés concentriques. Bassin et marches sont revêtus de béton ; un petit canal servait à évacuer l'eau. Le rebord de la piscine, qui dépasse à peine le sol environnant, est fait on partie avec des débris d'architecture de bonne époque. Quatre petites mortaises ont dû servir à l'insertion d'une grille.
1. La hase de l'une d'elles a été retrouvée en place : Girol, /. c, p. 202.
2. Xuiv aux Adili/ions et corrections cette figure, omise ici par erreur.
A l'est du baptistère, se voit une salle rectang-iilaire, précédée d'un petit vestibule, qui s'ouvre sur l'abside de droite de la chapelle tréllée : la porte a été recoupée dans le mur. Vestibule et salle sont au même niveau que la chapelle. Ces deux espaces étaient pavés de mosaïques : motifs ornementaux, fleurs et fruits. Daus la salle, il y avait en outre quatre cadres, enfermant des épitaplies, qui surmontaient des tombes'. L'une des inscriptions se rapporte à un évêque du nom de Palladius, une autre à un prêtre. La croix grecque qui accompagne l'épitaphe de Palladius et les formules employées ne permettent pas de dater ces textes d'une époque antérieure iila ûn duv" siècle.
Des séries de chambres sont appliquées contre tout le flanc ouest delà basilique, contre son chevet, enfin contre son flanc est, jusqu'au mur septentrional de la chapelle tréflée. La construction en est mauvaise : les assises sont irrégulières, beaucoup de blocs font saillie en dehors des parements ; on s'est servi d'un assez grand nombre de pierres tumulaires païennes. Il y avingt-trois chambres, dont plusieurs sont doubles. Une porte assez étroite s'ouvre sur le devant de chaque pièce audessus est ménagée une petite fenêtre. I^tien n'indique que ces chambres aient eu un étage-''. Elles étaient certainement couvertes en charpente et en tuiles. Il faut sans doute y voir des habitations de clercs, de moines ou de religieuses^, formant une communauté.