Ballu, Z. c.,p. 234, n° S
2. Delamare, dessins et notes inédites, conservés à la Sorbonne, t. IIJ, p. 68-9. Masqueray, /?ei;!(e É(/"/-(ca»ie, XX, 1876, p. 467-8. Ballu, les Ruines de rimgad, p. 234, n" 7.
à 250 mètres au sud-ouest de la citadelle byzantine. Les murs, en pierres de taille et épais de 0'",80, dépassent à peine le sol; ils sont même par endroits complètement détruits. Quelques fouilles ont été faites d ns cette ruine par Delamare, en 1850. Largeur 10"", 25.
La façade a disparu; cependant il est probable qu'elle s'élevait là où nous l'avons marquée sur notre plan. On ne saurait dire si, primitivement, l'entrée était sur le devant, ou ])ien sur le côté droit, à la place oii s'ouvre un passage d'époque postérieure (A). Cette porte était encadrée par des morceaux d'une
frise romaine, richement décorée; l'un d'eux, employé comme linteau, reçut, lors de la construction du sanctuaire, l'inscription suivante, qui appartient aux derniers temps de la domination byzantine en Afrique (vers 645) ' : « In temporihm Coiis- « tantini imperatori{s). Bel [...) Gregorio patricio, loannes, « dux de Tigisi, offeret donmm Dei. y Armenus. »
L'intérieur a subi des remaniements. Il était partagé en trois ■vaisseaux par des colonnes, trois de chaque côté. Les fûts, pris
L Corpus, VIII, 2389 = 17822.
FiG. 146.
Chapelle de Timgad.
316 LES MONL'MEiNTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE
ailleurs, iiicsureut 3'", 57-3", 09 : ils sont lisses ou cannelés ou spirale'. Le sol sur lequel s'élèvent les bases fut reml)la\é plus tard; un nouveau sol, formé d'un lit de béton, a été reconnu }»ai' Dolainare l'",(30 }tlus haut. Enfin, ;iO"',r)0 au dessus de ce second niveau, on étendit encore une antre couche ih' béton. Lors de ces aménagements, la clia])elle était déjà eu partie détruite, car Delamare a renconti'é (hins ses fouilles, sous les deux sols supérieurs, un fragment de la dédicace (pii vient d'être mentionnée. La porte que Ton voit dans le mur (h' droite a ét('' faite à une date r(''C('nte, avec les didji-is de la poric prinutive : la pici'i'c qui, dans celle-ci, servait de linteau devint un montant. Ces remaniements sont sans aucim doute (h^ l'époque berbère, puis(pie la cliapelle est de la fin de l'époque In'zantine. L'édifice servait-il encore au culte chrétien? C'est ce que nous ignorons.
Au fend, un espace l'cctangulaire (B) forme une salle réseivée, linut(''e en avant par un uuu'. qui s'inf eri'enqiait au milieu ]»our permettre le })assage. Delamare y a d(''couvert, dans l'angle du nord, une sorte de i)etite caiss(> (C), faite en tuiles; elle « renfei-mait beaucoup (fossements placés en onb'e jiar
lits 2 „.
A droite du sanctuaire, se drossait une colonnade (comptant au moins quatre colonnes). Peut-être bordait-elle un des côtés d'un quadi'uple ])ortique, (jui aurait entouré une cour rectangulaire. Des murs, qui perceut an sud (DD), ont }iu appartenir
1. Le lût a, placé au milieu ilc la nef. ne parait i)as api)artenir à l'ordonnance primitive.
2. 11 semble difficile de voir dans ce coffre un reliquaire, car la table sainte ne s'élevait certainement pas dans le coin où on l'a trouvé. Cependant on peut se demander s'il n'a pas été déplacé et caché en cet endroit par les derniers chrétiens de ïhamugadi, désireux d'empêcher une profanation.
à la clôture do cette cour. Il y aurait eu eu ce lieu un monastère.
A gauche, on distingue aussi des (raees de nuu's. D'ailleurs, des pierres jonchent le sol tout autour de la rliapolh^ mais la forme et la destination des bâtiments dans lesquels elles ont été employées ne peuveni, plus être détei'niinées aujourd'hui '.
157" Tipasa-. — Grande basilique située sur la colline occidentale, à quelques mètres en deçà du rempart romain ; la colline a gardé le nom de Ras el Knissa (le caj) de Téglise). Cet é(hfice et ses dépendances (plan,/?^. 147) ont été partiellement fouillés par Gavault et Gsell. Ils sont en fort mauvais état, ayant probablement servi de carrière à l'époque turque. En général, les murs ne s'élèvent guère au-dessus du luveau (hi sol. Cependant le plan est très recomiaissalile. La construction, médiocre et irrégnlière, est en })ierres de taille, mal agencées, ou on blocage. Longueur de l'église (sans l'abside) 52 mètres, largeur 45 mètres.
1. C'est sans raison [ilausible qu'on a voulu reconnaître des restes de chapelles dans deux petites ruines de Timgad, situées l'une à 80 mètres environ au nord-nord-ouest du C.ipitole, l'autre au milieu de la forteresse byzantine (Ballu, /. c, p. 234, n° 3 et n° (i). Par contre, on voit de vagues traces d'un édifice qui était peut-être un sanctuaire chrétien, à 200 mètres environ au nord de cette forteresse.
2. Saint Optât {De scliismale donal h/arum, 2, 19) mentionne un fait qui se passa dans une église de Tipasa sous le règne de Julien. — L'auteur de la passion de sainte Salsa {Cafalogus codicuin hagiographiconim qui asservan/ur in Bibliolheca nalionali Parisiensi, I, p. 346, g 3) parle d'un sanctuaire dédié à la martyre, qui s'élevait à l'extrémité de la colline centrale de Tipasa {col/is Templensis); les ruines de cet édifice n'ont pas été retrouvées : conf. Gsell, Mélaiif/es de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 343.
3. Monileur algérien, n° du 14 octobre 18i3. Leclerc, Revue archéologique. Vil, 1830-i, p. a36; pl. loi, fig. 1. Gavault, Revue afric, XXVH, 1883, p. 400-4. Gsell, Mélanges de l'École de Rome, XIV, 1894, p. 337-371, avec un plan, reproduit par Kraus, Geschichte der christlichen litinst, 1, p. 337, fig. 270, et par Holtzinger, Die altchrisiliche und byzanliniscke Baukunst, p. 109 (dans le Uandhuch der Archifektur, TI, 3, \). Gsell, Guide archéologique des environs d'Alger, p. 111-6. \\iela.nd, Ein Ausfîug ins altchrisiliche A frika, ^. 182-4.
318 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE
Il n'y a qu'une seule porte sur le devant, au milieu. L'intérieur était partagé primitivement en sept nefs, limitées -par <les piliers en pierre, sur lesquelles étaient jetées des arcades:
deux de ces arcades sont restées debout [fig. 148). Le sol des vaisseaux latéraux est revêtu d'une couche de mortier ; celui
(le la nef centrale d'une mosaïque, où un petit nombre do motifs ornementaux se répètent à l'infini. Le vaisseau extrême de gauche était sépare du A'aisscau voisin i)ar un mur, haut de 1"\50, sur lecpiel reposent les piliers : dans l'état actuel, il est imi)0ssible do reconnaître les passages qui 3' étaient certainemont ménagés.
L'abside, aujourd'hui on grande partie écroulée dans la mer, était au même niveau que la nef médiane. Deux colonnes flanquaient l'ouverture et devaient porter l'arc de tète. Le derrière de la basilique, bâti sur une iiente rocheuse, était consolidé par de forts soubassements en pierres de taille et en blocage, dont on voit d'importants vestiges.
Le vaisseau central ne mesurait pas moins de 13™, 50 do largeur, et ce fut peut-être autant pour diminuer la jtortée de la toiture que pour embellir l'église qu'on le divisa plus tard en trois galeries, séparées jjar deux colonnades : l'édifice eut dès lors neuf nefs. Les bases des colonnes ont été simplement posées sur la mosaïque. La plupart des éléments de ces colonnades paraissent avoir été empruntés à des monuments plus anciens: bases attiques à socle bas, fûts en pierre ou en granit, chapiteauionique, chapiteaux corinthiens àfeuilles non découpées.
Au nord de cette église, s'élevaient diverses annexes; elles ont en partie glissé dans la mer. La lettre A de notre plan désigne une chapelle à une seule nef, de forme trapézoïdale,
■1. Le sol de cette nef est en contre-bas de 0'",10 par rapport au reste de l'édifice.
2. La salle dont nous parlons était peut-être le consignatorium. Les agneaux nous font souvenir d'une inscription placée par le pape saint Damase dans le consignalorium de Saint-Pierre du Vatican [Damasi epigrammala édit. Ihm, n» 73) :
« Istic insontes caelesti flumine lotas « Pasloris summi dexlera signât oves. i>
avec une abside au fond L'entrée devait être à l'est. La nef est décorée de mosaïques ornementales, l'abside (Vun pavemeut représentant des agneaux qui paissent parmi dos asphodèles.
Le baptistère (B) est une salle carrée, de 6™, 50 de côté [fig. 149). Les fonts, d'un diamètre de 3"", 40, sont construits en blocage; à l'extérieur, ils étaient plaqués de marbre; l'intérieur, qui est cimenté, offre trois marches circulaires, permettant de descendre dans le bassin, dont le diamètre est de l^jBO. Au nord-est, on voit le trou par lequel l'eau s'écoulait. Il n'y a pas de conduit j our l'introduire : elle devait retoml)cr du plafond ou être apportée avec des seaux. Tout autour des fonts, le sol de la salle était pavé d'une riclie mosaïque, consistant en des motifs ornementaux, sauf dans un des angles qu'occupait une inscription métrique, aujourd'lmi mutilée ; elle se terminait par les mots : « sancta lavac[fa\. »
On entrait dans le fjaptistère par un vestibule (C), dont la mosaïque porte l'inscription suivante :
« Si quis ut vivat quaerit addiscere semper, « Hic lavetur aqua et videat caelestria regua]. »
Ce vos "bule doniinit sur une sorte de couloir (D), qui se terminait au nord par une al.)side et qui était orné d'une mosaïque figurant ('es oiseaux, des poissons, des fleurs et des fruits. De là, on passait dans le baplistère par une iietite porte.
D'autres salles se groupaient autour. Celle que désigne la lettre E paraît avoir communiqué avec le baptistère par une baie que flanquaient deux colonnes. Les chambres G, H, I étaient poin-vues d'hyj ocaustes et couvertes de voûtes en ))er-
i. A l'agencement des murs on reconnaît que cette aliside est postérieure au baptistère.