‹ Les monuments antiques de lAlgerie (volume 2)Chapitre 207 sur 285 · Gsell, Mélanges de FÉcole de Rome, XIV, 1894, p. 3oS · texte numérisé non relu

Gsell, Mélanges de FÉcole de Rome, XIV, 1894, p. 3oS

2. Leclerc, Revue archéologique, 18S1, p. S57 et pl. 131, flg.2. Duchesne, Précis historiques (Bruxelles), 1890, p. 523 et suiv. Gsell, Recherches archéologiques en Algérie, -p. 1-76; pl. I-VII. Le même, Guide archéologique des environs d'Alger, p. 127-144. Wieland, Ein Ausflug, p. 189-193. Dessau, Archuologischer Anzeiger, 1900, p. 153. Gsell, Mélanges de VÉcole de Rome,XXÏ, 1901, p. 233-5.

3. Catalogus codicum hagiographicorum latinorum qui asservantur in Bihliotheca nationali Parisiensi, I, p. 351, l 12 et p. 353, l 13.

324 LES MONUMENTS AA'TIQUFS DE l'aLGÉRIE

dispositions intérieures peuvent être reconstituées avec certitude.

FiG. 150. — Basilique de Sainte-Salsa, à Tipasa.

Il est formé de deux parties qui ne sont pas contenn)0raines : i" une rliapelle, sans doute le brève adiiiodum taber-

naculum do riiagiograplie ; 2" une basilique, greffée sur cette chapelle. Ou distingue très nettement, sur la face septentrionale, l'endroit oii le mur de la basilique vient s'appliquer contre le mur du bâtiment primitif.

La chap?lle a été élevée sur un emplacement déjà occupé en partie par d'autres constructions : citerne et tombes. Un de ces monuments funéraires, dont la position correspond au centre même de la chapelle, fut respecté .par les chrétiens. Il se compose d'un sarcophage en pierre, de trois bornes placées derrière ce sarcophage et d'un cippe en forme de caisson, dressé par devant. L'épitaphe, qui ne porte aucun indice de christianisme, nous apprend c[ue ce tombeau est celui de Fabia Salsa, morte à soixante-trois ans. Cette femme était évidemment une parente de sainte Salsa : on a même pensé que c'était la sainte elle-même, transformée en vierge et martyre par une légende pieuse'. Il semble que le cippe ait été laissé à découvert dans la nef de la chapelle jusqu'à l'érection du socle dont nous parlerons i>lus loin. Sous le caisson même, nous avons trouvé deux monnaies de Constantin 1" : ce qui prouve que la sépulture de Fabia Salsa n'est pas antérieure au début du iv" siècle.

Le sanctuaire chrétien qui fut bâti en ce lieu dans le cours du même siècle est en pierres de taille; quelques matériaux de démolition y ont été employés. Il est de forme carrée (15™, 12 de long sur 15", 06 de large). Le mur de façade, ainsi que le vestilnile mentionné par l'auteur de la p ssion ont disparu lors de l'allongement de l'édifice. Dans le mur de gauche, il y avait une porte, haute seulement de 1",42. L'intérieur était divisé en trois vaisseaux par deux rangées de

1. Voir, à ce sujet, Mélanges de l'École de Rome, XXI, p. 23 3-5 .

326 LES MONUMENTS AiNTIQUES DE l'aLGÉRIE

jjiliers, (jui iiortaicnt des arcades, formées de claveaux de différentes ; randeurs. Dans l:s flancs des jjiliers les plus rapprochés du fond, sont pratiqués, à une hauteur moyenne de 1°',80, des trous rectangulaires où entraient des barres auxquelles on attachait sans doute des zndeaux; d'autres trous, percés plus bas, peuvent faire croire à l'existence d'une grille isolant la nef. Mais ces aménagements datent peut-être de ré])oque où cette nef devint le chœur de la basili([ue. Rien ne prouve que les bas côtés de la cliapelle primitive aient été surmontés de tribunes : d'ailleurs, les ilimensions i-estreintes du bâtiment ne |>ermettent pas une telle lij'iiotliëso. Au fond de la nef, il y a une abside, dont l'ouverture est flanquée de deux demi-colonnes, taillées dans les i)ierres d'angle. La voûte, en cul de four, était ap})areillée. Cette aliside ne parait pas avoir été élevée au-dessus du sol de la nef, dont elle était séparée par un cancel, en pierre ajourée, s'interromi)ant au milieu \)om- laisser un passage. Le mur de fond du bas côté de gauche présente une jiorte cintrée, dont le seuil était en contre-bas du sol de la chap die : on devait donc y descendre ]iar ({uelques degrés, que l'on supprima })lus tard, i)ro1jablement quand on remplit de tombeaux l'extrénihé (hi collatéral'. Ce passage établissait simplement une communication avec l'extérieur. En arrière, se trouvent un assez grand nondjre de sarcophages, à des niveaux divers-.

Il est difficile d'indiquer la place qu'occiq)aient, dans la clia])elle, la sépulture de sainte Salsa et l'autel, qui était

Page 1