Corpus, Vin
5. Ces dimensions plutôt restreintes nous font classer Thagura parmi les forteresses et non parmi les villes fortes.
douces au levant, sont fort raides à Touest et au sud, tandis que le côté nord tombe presque à pic.
Les ingénieurs militaires ont naturellement tenu compte de cette disposition du terrain. Le front oriental, qui était le plus exposé, présentait deux, ou peut-être trois grandes tours. Sur les autres faces, on ne trouve qu'un simple rempart, qui devait même s'interrompre au nord, où il n'était pas nécessaire. Les murs, de construction soignée, ont 2'", 20 d'épaisseur aux courtines.
A l'intérieur, le sol s'élève dans la direction du nord, et, au ])oint culminant, on voit les traces d'un bâtiment rectangulaire, qui a pu être un donjon.
GuelaaSidi Yahia — Aucune inscription ne permet de dater cette forteresse avec certitude, mais elle parait bien être ])yzantine : le mode de construction rai)pellc les ouvrages défensifs de l'époque de Justini?n ; des tambours de colonnes cannelées, employés dans la face orientale, ont été pris dans une ruine romaine.
Située dans une position stratégique très importante, entre Calama, Tliibilis et Tipasa, près de la ligne de i)artage des eaux de la Medjerda et des affluents de l'oued Cberf, elle occupe le sommet renflé d'un mamelon, dont les flancs sont à pic au nord et au sud et en pente raide à l'ouest. La configuration de cette colline a déterminé la form? assez irrégulière de l'enceinte, qui mesure 145 mètres de longueur et dont la largeur est variable. A l'est, côté oii l'accès était plus facile que partout ailleurs, on a établi un front de 100 mètres, renforcé par
1. Vigneral, Fuines romaines du cercle de Guelma, p. 33 et pl. Vf. Bernelle, Rec. de Const., XXVII, 1892, p. 63. Robert, ibld., XXX, 1895-6, p. 119-122, avec deux planches. Gsell, iùkL, XXXII, 1898, p. 262-o. Gonf. Diehl, Afr. byz.^ p. 606-7.
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(quatre graiules tours rectangulaires. La face occidentale, beaucoup moins étendue (50 mètres emiron), n'était couverte que par deux tours. La face nord offre une série d:> cinq fronts parallèles, eu retraite les uns sur les autres dans la direction de l'ouest, et reliés deux à deux par d s rentrants qui leur sont perpendiculaires ; çà et lii, des soutènements i)récèdent cette face. Au sud, le rempart est très détruit; cependant, des vestiges de ti'ois tours carrées sont encore reconnaissables. Los murs, assez convenablement bâtis, ont 1"\70-1"80 d'épaisseur aux courtines et 1", 05-1"", 15 aux tours. L'entrée paraît avoir été au sud-est. On rencontre à l'intérieur des restes de nombreuses constructions, qui peuvent n'être pas très anciennes. Mais nous attribuons à l'époque byzantine une soiie de donjon rectantangulaire, qui se distingue très nettement au point le plus élevé du nianielon. Ce bâtiment, dont les parois sont formées de deux rangs de pierres de taill s mesure 22 mètres de long sur 19 de large. Il surmonte neuf citernes alignées, couvertes de grandes dalles, avec des orifices circulaires.
Mdaovvouih [Madawi). — Une inscription, gravée audessus de l;i porte principale atteste que le castellum de Madaure fut élevé par les soins de Solomon, vers 535 Nous en donnons un })lan [fig. 164), une vu3 intérieure [fig . 165) et deux vues extérieures (plancbes C et C I : l'une a été prise de l'est, l'autre du nord). Les murs de la façade orientale et d'une bonne partie de la façade septenti^ionale sont bien con-
1. Corpus.. Vlll, 4677 ~ 16860. Gonf. Diehl, Afr. byz., p. 73 et 74, n. fi.
2. Chabassière, Bec. de Const., X, 1866, pl. V et VII. Diehl, A'omu. arc/j., p. 344-350; pl. VIl-XI. Le même, Afr. byz., p. 151, fig. 4; p. 161-2, flg. 14-lS; p. 204, flg. 41 : pl. VIT. Le même, Justinien, p. 229, fig. 86. Gsell, Rec. de Const., XXXII, 1898, p. 281-4.
3. Nous nous exprimons ainsi pour abréger. En réalité, cette fare regarde le sud-est.
CONSTRLCïIOiNS DEFENSIVES DE BASSE EPOQUE 37
servés et gardent un aspect imposant; du reste, cette forte resse est une des plus soignées parmi les constructions byzan
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FiG. 164. — Forteresse de Mdaourouch.
tines de l'Afrique du Nord, les pierres de taille sont jointe
d'une manière très exacte et les assises disposées avec beaucoup de régularité.
Nous ne saurions dire avec certitude quel fut à l'origine le plan du château fort. Le front forme une ligne droite de 36 mètres de long, flanquée à ses extrémités de deux grandes tours carrées et présentant au milieu un avant-corps, dans lequel est ménagé un passage. Par derrière, deux murs, perpendiculaires il ce front, se délaclieiit des tours ; au bout de 17 mètres, ils se coudent à angle droit. Au sud, toute trace du rempart i»rimitif disparait ;i partir de là. Au nord, la nuu-aille reprend bientôt sa direction première; elle se perd ensuite sous les décondn'es. Mais .34 mètres }ilus loin, on remarque des vestiges d'un long mur, bâti avec soin : il est parallèle à la façade orientale et il formait peut-être le front opposé de la forteresse. Il se terndne au sud par une grande tour rectangulaire dont il n e reste i)lus que la base ; un dos de terrain indique Texistence d'une autre tour semblable au nord. Ces deux tours étaient placées de biais, sans doute pour faciiiter la survedlance de la courtine. Le ca^telbun de Mdaourouch n'était donc pas exactement rectangulaire, comme ceux de Timg;ul, de Bellezma, de Tobna, de Sétif : il y avait, semble-t-il, de grands rentranis !surl(>s faces longues, disposition tout à fait insolite et que nous ne pouvons pas nous expliquer.
Plus tard, et peut-être après la chute de la domination byzantine, la citadelle fut Ijeaucouji réduite. On éleva, du coté de l'ouest, un mur semi-circulaire, construit à la liâte et d'une manière très barbare, sans doute avec des matériaux pris dans le fort même, qui avait dû auparavant suljir de graves dégâts. Cet hémicycle est en effet mie restauration de très basse
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époque et non pas, comme on Fa cru, une ruine de (pielquo édifice romain, tliéàtre ou autre monument.
Les courtines de la forteresse mesurent eu moyenne 2 mètres d'épaisseur. Des contreforts iniérieurs, épais de 0"',70, larges })Our la })lupai-t de r",35, étaient rcli(''s i)ar des arcades, dont l'uii!' suljsistait encore en 1895. Ces arcades, faites en petites pierres, supportaient les dalles d'un chemin de ronde. La tour du nord-est est en lion état. Uu couloir oblique, très étroit, mène à la salle du rez-de-cliaussée, qui était séparée de l'étage par uii plamdier. reposant sur des corniclies et sur nn corl)eau.
L'avant-corps de la face orientale, large de S mètres, profond de 7'", 10, renferme une petite cour (piadraugulaii'e, resserrée outre deux bastions pleins ' et s'ouvraut, sur le dehors comme sur l'intérieur, par de grandes baies, dont le liuteau est surmonté d'un arc de décharge. Une poterne, large seulement de 0",85, est ménagée dans le renli'ant (hi front nord : une arcade 3^ surmonte aussi le hnteau.
Autour de la fijrteresse, telle qu'elle fut constituée ai)rès la ré})aration hâtive (h)nt nous avons parlé i)lus haut, on distinguo une enceinte irrégulière, qui eu est éh)ignée de 25 à 50 mètres ^ <'t qui rapjiidle celle de Gadiaufala Très grossière, elle consiste en un mur large de O"',!)*), présentant soit deux rangées de pierres de taille, suit uue seule rangée, doublée en arrière par des moellons. A l'ouest, on a simplement incorqjoré dans cette enceinte la longue courtine qui nous a ])aru re};résenter
1. Les vides indiqués par Diehl à Tinlcrieur de ces deux bastions m'ont paru accidentels: ils ne i'ormenl pas deux couloirs ménagés dans l'épaisseur de la muraille.
2. La place nous a manqué pour indiquer cette enceinte sur notre plan.