Mélanges de VÊcolc de Borne. XIV, 189i, p
3. Nous reproduisons ici ce texte, à l'aide duquel on suivra mieux nos explications :
« Aveani at sepuldira cullor Verbi contnlit « Et cellain slru.ril suis cunctis sumplibus : « Eclesiae sanctue liane reliquit memoriam. « Salvele, fmfres, piiio corde et simplici : « Evelpius vos salulo sancto spiritn. « Eclesia fratruuni Ininc restiluit titulum : « ]\i(arci) A[ntonii) I{ulii ?) Severiani, c{larissimi) v{i.ri). « Ex inf/{enio) Asleri{i). )>
Nous croyons qu'au premier vers les mots ctdtor Verbi désignent Severianus et non Evelpius : le fait que le ciiltor Verbi est nommé à la troisième personne, tandis qu'Evelpius parle à la première (« saluto », lecture certaine), permet en effet de supposer qu'il s'agit de deux personnages diflérents. Quant à Evelpius, c'était peut-être l'évêque qui dirigeait l'église de Césarée à l'époque où l'inscription fut refaite. La dédicace en vers fut l'œuvre d'Astérius.
SÉPULTURES CIinÉïlENNES
portait ce titulm, indication de propriété : ;< M{arci) A[ntonii) l[idii?) Severiani, c{larisdmi) v[tn) ». L'inscription ayant été détruite, sans doute lors d'une persécution, l'église do Caesarea en fit refaire une autre, accompagnée de quelques vers coniniémoratifs. C'est celle que l'on a retrouvée ; elle paraît dater du début du iv- siècle '. Uarea et la fi?//rt sont donc antérieures à l'ère de la paix. D'ailleurs, il est très probable que ce Severianus est un martyr célèbre, dont le nom figure dans le martyrologe dit do saint Jérôme-; il a dû être enseveli dans la cel/a qu'il avait fait construire -'.
Une autre inscription qui a été exhumée à côté de celle dont nous venons de parler, semble être à peu près contemporaine (le type de gravure est le même) ; elle mentionne un monument funéraire [accubitorium), renf, rmant plusieurs corps et construit par les soins d'un prêtre, Victor.
A l'endroit oh ont été recueillis ces deux textes, le cardinal Lavigerie a fait faire, longtemps après, quelques fouilles, que l'on a recouvertes et sur lesquelles nous n'avons que de l)rèves indications '. On aurait retrouvé, au milieu d'un grand cimetière, une aire, fermée par des murs, de 30 mètres de long sur
1. De Rossi [Bull, crist., 1864, p. 28, et Inscr. christ., l. c.) croit minne l'inscription d'Evelpius antérieure à Constantin. Cependant, les deux lettres symboliques a et to, qui sont gravées auprès du texte, ne se rencontrent pas, à ma connaissance, avant le iv siècle dans l'épigraphie chrétienne.
2. Au 23 janvier. L'interprétation que nous donnons nous paraît affaiblir l'objection faite par De Rossi contre cette identification (au Corpus, Mil, p. 974).
3. iViewoi'ia désigne la ce/Za au troisième vers ; or ce mot, lorsqu'il est appliqué à un édifice, se rapporte soit à un monument funéraire, soit à une chapelle, contenant des reliques ou tout au moins consacrée à un saint.
4. Corpus, VIII, 9386. Doublet, Musée cV Alger, pl. H, fig. 4.
b. De Rossi, Huit, crist., 1878, p. 73. Lavigerie, De l'utilité cVune mission archéologique à Carthage, Alger, 1881, p. 42-5 (= Missions catholiques, XIII, 1881, p. 163). Toulotte, Géographie de V Afrique chrétienne, Maurétanies, p. 20.
LES MOINUMENÏS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE
15 mètres de large. « Au centre, s'élevait un édicule de 2 mètres « de côté, ainsi qu'un autre plus petit : ils étaient voûtés et <( montés sur quatre murs à cintres ouverts. C'est là que les « deux inscriptions ont été recueillies. Tout autour des édicules, « dans l'enceinte de Varea et en dehors de l'enceinte, sur une « grande étendue, on rencontrait de nombreuses tombes... « Auprès des édicules, elles étaient tellement entassées qu'on « en comptait jusqu'à six les unes sur les autres dans la pro- « fondeur du sol (Toulotte). » Ces indications trop succinctes laissent place à des doutes. Il nous parait bien téméraire d'identifier les bâtiments voûtés, fort exigus, à la ce//a de Severianus et à Vacciibitorium de Victor, et l'encdos rectangulaire à Varea. Le cimetière primitif dont nous parlons semble d'aillom^s avoir été beaucoup modifié dans les siècles qui suivirent'.
Quand les persécutions eurent cessé, de grands cimetières chrétiens se formèrent "-. A Tipasa, il y en a deux, l'un ii l'ouest, l'autre à l'est de la ville; çà et là, des murs, étabhs autour de divers groupes de tombes, i)araissent avoir servi de clôtures à des areae distinctes, qui, se multipliant })euàpea et se groupant, finirent par constituer dévastes nécropoles^. On trouve aussi des cimetières chrétiens importants à Cherchel (à l'ouest
1. En 1856, on a trouvé, au sud-est des ruines de Lambèse,une aren rectangulaire de 60 mètres de long sur 50 de large, close par un mur de O'".o0 d'épaisseur. Elle renfermait un grand nombre de sépultures. Les unes étaient des tombes en briques, disposées en triple étage, les autres des sarcophages en pierre, isolés ou formant des groupes : un de ces groupes couiprenait de 70 à 80 tombes, sur trois rangs. Il n'y avait aucun mobilier funéraire. « Ce cimetière, dit MoU, est d'origine chrétienne ; cela nous parait probable. » Je serais, comme cet auteur, enclin à le croire. Voir ]Moll, Annuaire de Conslanlme, mS-9, p. 216-7 et pl. XI.
2. Quand la place disponible était restreinte, on superposait les tombes : par exemple, à Cherchel (p. 400), à MrakhibThala (p. 236), à Et Toual (p. 339), à Zraïa (p. 343), à Tipasa. Conf. note précédente.