A Guelma (n° o
cependant, surtout dans le pays de Sétif et dans la Numidie occidentale, les colonnes ont été faites exprès pour les sanctuaires dans les ruines desquelles elles gisent aujourd'hui'. Les bases- sont d'ordre attique, plus rarement d'ordre corinthien; quelquefois elles n'offrent que des moulures très rudinientaires, ou même un simple talus. Dans l'ouest et le centre de la province de Constantine, elles sont généralement pourvues d'un socle assez élevé. Les fûts, toujours monolithes, mesurent 2 niètres-2'",75 dans les églises ordinaires. Les chapiteaux appartiennent aux trois ordres classiques, bien dégénérés, il est vrai. Les formes sont lourdes, massives : ce qui s'explique par la nécessité de donner des supports solides aux sommiers des arcades jetées sur les colonnes. Dans les régions dont nous venons de parler, on a eu une prédilection marquée pour Tordre dorique romain, ou pour une forme plus simple, qui en est dérivée et qui consiste en des séries de bandes s'étageant sous le tailloir. Dans la Maurétanie Césarienne, l'ordre ionique est en faveur; il présente en général de grosses volutes, qui ressemblent à des bourrelets, gonflés dans leur partie centrale. L'ordre corinthien a été moins employé par les chrétiens de Numidie et de ^Nlavu-étanie ; d'ordinaire, les feuilles, étroitement collées à la corbeille, ne s'y découpent plus en fines dentelures ; l'extrémité seule est recourbée comme un croc; les volutes sont fréquemment supprimées; sous le tailloir, au milieu de chaque face, on a parfois sculpté un sigmim C/iristi, un calice, une grappe de raisin ou
1. Voir au n" 166 fHenchir Zerdan) une inscription, où il est question de colonnes ofTertes aune église par des gens de deux villages différents.
2. Ces bases reposent parfois sur des dés (à Périgotville, n° 105 ; à Timgad, n° 152 ; etc.), ou sur des plates-bandes (à Tébessa, n» 138). A Tigzirt n" 116), il n'y a pas de bases : de simples dés portent les fûls.
128 LES MONmiEiNTS ANTIQIES DE l'aLGÉBIE
(juel((no autre image. Je ne connais en Algérie qu'un polit nomlire de chai)iieaux fon)})Osites chrétiens, et je n'ai vu qu'à Téliessa des cliapiteaux proprement byzantins (n° 139), de forme cubique, à pans coupés.
Les églises à piliers quadrangulaires ne sont pas rares dans l'Afrique du Nord', à diverses époques: par exemple, au commencement du iv' siècle (Orléansville), au milieu du y° (Bénian), sous la domination l\yzantine (Kbamissa). On ne pouvait pas partout emprunter des colonnes à des édifices païens et, souvent, on ne voulait pas se donner la peine d'en faire de neuves : des piliers étaient plus faciles à tailler. De l)lus, ils ofïraieut aux arcades des points d'ap})ui plus solides. Ils sont presque toujours formés de plusieurs pierres de taille superposées, dépourvues d'ornementation. Cependant, à Biar el Kherba (n° 24), à Hencbir Gourai (n° 53) et à l'Oued R'zel (n" 07), nous trouvons des piliers monolithes, placés sur des bases à socle élevé et h moulures.
Aux Hassnaoua (n" 65), des piliers octogonaux se dressent aux extrémités des deux colonnades. A Ksar Tahi (n" 71 ôis), de simples colonnes paraissent avoir alterné avec des piliers cantonnés de deux colonnes engagées : ce genre de support en forme de rectangle arrondi constituait une assiette plus large au sommier comnum de deux arcades consécutives. Dans une église de Tigzirt (n" l i8), des demi-colonnes terminent deux rangées de piliers. Dans la grande basilique du même
l. Ilencliir el Azreg (n- 18) ; Bénian (n" 22) ; Biar el Kherba (n° 24) ; Kherbet Bou Addoufen (n" 35) ; Hencbir Djardia (n" 47); Hencbir Gourai (n° 53); Hencbir Guessès (n° 50); Hencbir el Hammam (n" 62 et 63) ; Kbamissa (n»68); Ksar Sbébi (n»71); Matifou (n" 19); Orléansville (n° 95) ; Oued R'zel in° 97) : Taksebt (n- 133) ; Tigzirt (n" 119); ïimedout (iiMSl); Tipasa (n" 157, 139, 160); Et Toual (n"163j.
lieu (n" 146), on voit, vers le milieu de chaque colonnade, un gros pilier d'un mètre de côté, renforçant l'ossature de l'édifice.
Colonnes ou piliers portent des arcades, cintrées en demicercle^ et faites de voussoirs en pierres de taille^. Quand le support est un pilier, le sonunier des deux arcs qui partent de ce point repose soit directement sur ce pilier'', soit sur une pierre, carrée à sa face inférieure, rectangulaire à la face opposée et offrant l'aspect d'un tronc de pj'ramide renversé : c'est là une sitnplitîcation de l'imposte classique, que l'on constate également en Syrie Quand le support est une colonne, le sommier coiffe presque toujours le chapiteau ; on trouve cependant quelques exemples de coussinets interposés entre ces deux membres d'architecture : ils resseml)lent aux impostes rudinientaires dont nous venons de parler''.
Nulle part, nous n'avons rencontré d'entablements rectilignes jetés sur des piliers ou sur des colonne* : tout au i)lus pourrait-on admettre que, dans des sanctuaires très pauvres, les supports étaient reliés par de grosses poutres, surmontées de parois en charpente ou en légers inoellons. Ou n'a, du reste,
1. Dans certains lieux, où les intervalles entre les supports étaient inégaux (p. e. à Henchir el Hamman, n° G2, et à Tig/.irt, n" 148), les cintres des arcades ne pouvaient pas être partout bien réguliers.
2. A Tébessa, les arcades sont d'une forme particulière (voir n° 138).
3. Tipasa, dans la grande basilique et dans celle de Sainte-Salsa (n" 157 et 159); Taksebt(n» 133); Tigzirt (n» 149).
4. Bénian (n° 22); Biar el Kherba {n° 24) ; Henchir Djardia (n" 47); Henchir Gouraï (n''S3); Henchir Guessès (n° 59 ; Henchir el Hammam (n° 62); Ksar Sbéhi (n» 71); Tipasa, chapelle d'Alexandre (n" 160). — Conf. Gsell, Fouilles de Dénian, p. 33.
5. Conf. les dés interposés de la même manière au marché de Timgad, dès le début du m" siècle (tome I, p. 208).
6. Aïn Zirura (n- 8) ; Kherbet Bou Addoufen (n"' 33 et 34). — A Henchir Tabia (n° 130), la forme des coussinets prouve qu'ils reposaient directement sur des fûts et qu'ils faisaient office de chapiteaux.