Entre murs
4. M. Papier {Lettres sïtr Uippone. p. 225) dit que ce compartiment était indépendant de l'édifice et qu'il comnumiquait avec l'extérieur. Il croit qu'il servait au personnel ouvrier et au matériel des citernes Ce savant ajoute ((u'il y a, à côté, une autre chambre de même forme et de mêmes dimension?.
AQIEDUCS. CITERNES. UÉSERVOIliS
266 LES MONUMEiXïS- ANTIQUES DE l' ALGÉRIE
à Tautre compartiment, de forme rectangulaire, il représente la chambre de sortie. Il recevait l'eau des citernes par trois canaux s'ouvrant sous des pierres do taille (en o, b et c).
Le gros mur qui sépare le bassin à piliers du groupe formé par les sept chambres présente à sa partie supérieure un galerie voûtée, longue de 40 mètres, large de 1",60, haute de 2™, 10. Un autre couloir voûté, qui la rejoint à angle droit, est établi au-dessus du 'mur séparant la troisième et la quatrième chaudjro; il est un peu moins lai^ge (1", 29). Ces deux galeries étaient éclairées par des regards carrés, percés dans les voûtes. Elles servaient à la surveillance des divers bassins, que Ton pouvait examiner par des baies cintrées.
Au sommet de cette même colline d'Hippone, ilv avait d'autres citernes, qui formaient sans doute le sous-sol d'un édifice important'. Elles ont disparu en 1883, lors de la construction d'un hospice et de la basilique do Saint-Augustin. Le plan qui en a été dressé et qui n'est pas très net indi(jue plusieurs séries de compartiments, que recouvraient sans doute des voûtes en berceau, et trois chambres, divisées en deux ou trois nefs par des piliers sur lesquels devaient reposer des voûtes d'arétes. Peut-être une branche de l'aqueduc de l'Edough aboutissaitelle à ces réservoirs.
L'aqueduc do Cirta, que nous avons décrit plus haut ', débouchait dans de vastes citernes, situées sur la colline du Coudiat
1. Papier, LelLrcs sur Hippone, p. 40-3, 225; pl. XVI. Conf. Bull, de V Académie d'ilippone, XVUI, 1S82, pl. XXIII. M. Pnpier y voit des piscines épura-
oires, qui auraient reçu l'eau de l'aqueduc avant son entrée dans les citernes de réserve, établies plus bas.
2. Pages 2o2-:î. — On a nié, il est vrai, que l'aqueduc aboutît à ces citernes (voir Cherbonneau, Annuaire de Constantine, 18.53, p. 116), mais à tort, nous semble-t-il. Conf. la planche de Ravoisié (t. I, pl. 2), qui montre la direction de l'aqueduc. .
ACQUEDUCS. CIïERiNES RÉSERVOIRS
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268 LES MONIMICNTS AM'lQUrS DE i/aLCÉRIE
Ati. Il n'en reste jiliis que de très maigres vestiges. L'une des chambres, qui a été mesurée par Ravoisié, avait 32", 80 de long sur 6 mètres de large'. De <'e poiui partait une conduite qui se dirigeait vers la ville et dont les tuvaux étaient des CTlindres en terre cuite d'un diamètre intérieur deO^jlO, encastrés dans des l.locs de pierre i)erforés ; sur ces tuyaux se lisent des estampilles indi(piant les localiti's voisines de Cirta où ou les fabriquait : TidiUi/ii, VzcHliuti, (icnielknsrs^ Ai/z/i- ;v'/i.sr.s, MileviliDii
D'autres citernes, dont il snl)sislede gros massifs en blocage, étaient construites au sud-est de la ville moderne, en avant de Bal) Djabia, « la porte des réservoirs-' ».
Mais les citernes les plus grandioses de Cirta paraissent avoir été celles du Ca[)Ltole. à la Casba actuelle'' [fig. 80, d'après Delamare). Elles ont été en partie conservées et rendues à leur ancien usage par une restauration faite il y a soixante ans. Ce sont des chambres rectangulaires, dont le grand axe est disposé uniformément dans le sens du nord-ouest au sud-est. Sauf dans la partie orientale, ces chambres se suivent sur deux rangées, que sépare un gros mur transversal, portant à sa partie supérieure un corridor de surveillance''. D'étroites ouvertures mettent en comnmnication les divers compartiments. Les voûtes,
1. Ravoisié,!, p. 0. pl. 2 à gauche. Vars, Rec. de Consfanline, XXVIII, 1893, p. 333-4.
2. Corpus, VIII, 10470. Creuly, Annuaire de Conslautine. 1853, p. 132-6. Poulie, Rec. de Constantine, XIII, lS(iS, p 6'J8-!.). Doublet et Gauckler, Musée de Conslanline, p. 61 8.
3. Cherbonneau, Annuaire de Conslanline, 1833. p 116. Vars, Itec. de Constanfine, XXVIII, 1893, p. 21'i-6.
4. Temple et Falbe, Relation d'une excursion à Conslanline, p. 9j. Ravoi-sié^ f, p. 30; pl. 6; pl. 9, fig. 1 et 1 bis Delamare, pl. 119. Texier, Revue urchéolofjiqve, 111, 1846-7. p. 734.
5. Conf. les deux couloirs de surveillance des cilerncs d'Ilippone.
ACQLEDUCS. CITERNES. IlÉSEUVOIIîS
en berceau, sont renforcées au milieu et aux extrémités par des arcades saillantes. Selon le plan de Delamare, il j avait, ;i l'est, mi groupe de dix cliamhrcs pins petites, de forme rectangulaire. L'ensemble de la construction devait mesurer 150 mètres environ de long', sur 36 de lai-ge'-. La contenance totale pouvait être de 30.000 mètres cubes. L'eau provenait'' de l'aqueduc de Sidi Mabrouk, qui traversait sur un grand pont le ravin du Rummel ''.
II est permis de supposer qu'un ou plusieurs édifices importants s'élevaient sur la vaste plate forme surmontant l'extrados des voûtes de ces citernes. Mais on ne peut rien dire de certain à ce sujet.
A Tiklat {Titôusuctu), les citernes d'Iil Arouïa» {fig. 81), dont la contenance était de plus de 12.000 mètres cubes, sont situées au nord-ouestdes ruines delà ville romaine et en dehors de l'enceinte, sur la pente d'une colline. Elles sont contruites en un excellent blocage, avec des parements en pierres de petit api)a-
1. Le coté ouest était déjà détruit lors de l'occupation française.
2. Temple et Falbe donnent des mesures qui ne concordent pas exactement avec les plans de Havoisié et de Delamare : «Quatorze de ces citernes ont « chacune la même longueur, 36 '♦iiètres ; quatre autres ont 29", 90 ; celles-ci « et les deux de l'extrémité sont coupées par une septième citerne, qui forme « avec elles un angle de 9Û°. L'espace qu'occupent ces citernes a 100", 60 de « long sur 38"', 07 de large.» — Je n'ai pas pu obtenir de l'autorité militaire la permission de visiter ces citernes de la Ciisba.
3. Les citernes recevaient aussi les eaux de pluie qui tombaient sur les toitures des différents édifices du Capilole.
4. Voir plus haut, p. 253. Outre les enux de SiJi Mabrouk, cette conduite amenait peut-être celtes du djebel Ouaclie, situé à 12 kilomètres de Constantine, au nord est (Cherbonneau, Annuaire de Conslantine, 1853, p. 110-7). — Selon "Vars {Rec. de ConsLantine, XXVIII, p. 2i2 et 334), les citernes de la Casba communiquaient avec celles du Coudiat Ati, par une conduite qui aurait traver.«é toute la ville. Cela m3 parait peu vraisemblable.
5. .Meurs, Annuaire de Conslanline, 1854-5, p. 100-1, pl. 7. Féraud, Revue africaine, H, 1857-8, p. 30G. Mélix, Rec. de Conslanline, IX, 1803, p. 42-43 et pl. IV. Vigneral, Ruines romaines de la Kahijlie dic Djnrdjura, p. 127 et pl. XVI. Mercier, Rull. Comilé, 1888, p. 128-9.
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reil; quelques parties sont en briques. L'ensemble forme un rectangle de 76 mètres sur 38, divisé en 15 compartiments parallèles, qui mesurent en moyenne 4", 10 de largeur et que recouvraient autrefois de voûtes en berceau ; la hauteur entre le radier et la naissance des voûtes est 6 mètres. Les huit bassins du nord sont séparés les uns des autres par des murs de O^^SO, dans chacun desquels on a ménagé trois baies de connnunication. Au sud, nous avons constaté de même des murs de refend aux extrémités des compartiments; mais, au milieu, il y avait, semble-t-il, des lignes de piliers surmontées d'arceaux, et non des murs pleins : cette partie de la construction est du reste en fort mauvais état'.
A l'extérieur, des contreforts quadrangulaires sont disposés tout le long du front oriental (côté de la plus forte pente)^, ainsi que sur le front nord ; on distingue aussi des arrachements de murs sur laface méridionale. En outre, le mur de l'est est renforcé à l'intérieur par des massifs de forme arrondie, établis aux extrémités de plusieurs compartiments. Un de ces massifs, A, entoure un puits qui servait sans doute à jauger l'eau, comme on l'a supposé'''. Il subsiste à l'est des vestiges de deux escaliers, permettant de procéder au nettoyage.
L'aqueduc d'Itchouren * débouchait du côté de l'ouest. Contre la face opposée est adossée un puits, B, au bas duquel se trouvait la prise d'eau. La conduite qui en partait allait desservir la ville, en se ramifiant par divers canaux.
1. On reconnaît de plus des vestiges de murs en travers des deux compartiments du milieu. Notre plan n'indique que les parties visibles.
2. De ce côté, le mur est plus épais que sur les autres faces : il mesure l'",60.
3. Indication de Meurs, l. c, p. 100. Ce puits n'est plus visible.