‹ Les monuments antiques de lAlgerieChapitre 16 sur 118 · Strabon, XVII · texte numérisé non relu

Strabon, XVII

7. Dans la grande mosquée de Constantine et dans le jardin de la remonte, à Sidi Mabrouk (près de Constantine), on voit deux chapiteaux doriques, semblables à ceux du mausolée du Khroub, dont nous allons parler. Ils ont dù appartenir à des monuments de même époque et de môme style.

62 LES MOiNUMEiSTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

Constantine' (voir fig. 19- et planche lY). Le monument que les indigènes appellent Soimia (tour) et que les Français désignent sons le nom absurde de tombeau de Constantin, se dresse sur une colline rocheuse, à 3 kilomètres au nordest du village du Khroub. Il est bâti k l'extérieur en grandes

FiG. 19. — Mausolée grcco-punique, dit Souma, près du Khroub.

pierres de taille, parfaitement ajustées, dépassant souvent 2 mètres de longueur; le noyau est en blocs équarris d'une manière sommaire.

Un soubassement de lO", oO de côté porte trois degrés,

1. Temple et Falbe, Relation d'une excursion à Cûnslanline (Paris, 1838), p. 38-39, pl. II. Berbrugger, V Algérie historique, pilloresque et monumentale, pro vince de Constantine, pl. à la page 27. Ravoisié, Exploration scientifique de l'Algérie, Beaux-Arts, 1, p. 75-76, 79-80 ; pl. LXI-LXIV. Delamare, £j;)/o/Yttion, pl. 161. Fournel, Richesse minérale de l'Algérie, \, p. 2.'36-257. Remond et Cherbonneau, Annuaire de Constantine, 1862, p. 68-75 et pl. XIV. 2. D'après Delamare. Plan pris à la hauteur des massifs ornés de boucliers.

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sur les(iuels repose un socle court, orné de moulures en bas et en haut. Par-dessus, s'élèvent quatre massifs, occupant les angles d'un carré de 5"", 55 de côté; ils sont décorés extérieurement de grands boucliers ronds. On peut se demander s'ils ne représentent pas les pieds-droits de quatre arcades, selon une ordonnance adoptée au premier étage du mausolée de Saint-Rémj, en Provence. Cependant, comme il n'y a pas de voussoirs parmi les débris qui gisent sur le sol, il est plus vraisemblable que ces massifs limitaient une chambre et encadraient quatre fausses portes '. Toute la partie supérieiu^e du monument a été renversée, probablement par un tremblement de terre, et les matériaux qui la constituaient sont entassés autour du soubassement, surtout au nord. Une corniche, d'un type dérivé de la gorge égyptienne, parait avoir couro nné l'étage aux boucliers. Au-dessus régnait une loggia, bordée par huit colonnes doriques à fût non cannelé^. Ce portique abritait peut-être une ou plusieurs statues, comme la loggia du mausolée de Saint-Rémy ^. La disposition du sommet de l'édifice est très incertaine; un morceau de corniche rampante indique qu'il y avait des frontons. La hauteur totale devait être de 16 à 18 mètres.

Nous ne pensons pas que la salle funéraire ait été établie à l'étage où sont sculptés les boucliers^ : il n'y avait là, croyons-

1. Comme l'a supposé Ravoisié. 11 existe quatre fausses portes au premier étage d'un tombeau d'Agrigente (dit de Théron), édifice apparenté au nôtre (Serradifalco, le Antichità diSicilia, III, pl. XXVIII.— D'ailleurs, des arcades ne paraissent pas convenir à l'époque du mausolée du Khroub.

2. Conf., pour cette loggia, un tombeau de Mysala, en Asie Mineure: Benndorf et Niemann, Reisen in Lykieniind Karien, pl. XLIX.

3. Dans les fouilles de 1861, on a trouvé deux fragments en bronze, dont l'un représentait le creux de l'aîne d'un homme {Annuaire de Consl., 1862, p. 73).

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