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El Békri l'appelle Ksar Madghous

2. La descendance de Madghès passait pour avoir peuplé l'Aurès, massif de montagnes voisin du Médracen. Aujourd'hui encore, la tribu qui occupe la région du Médracen s'appelle Harakta Madghès.

Pl. VII

Tombeau de la Chrétienne. Porte de l'est

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dîme manière plus généi-ale, le cimetière dont il est le piincipal monument, serait donc le lieu de sépulture des descendants de Madgliès.

Il n'est pas douteux, du reste, que le Médraccn n'ait été un tombeau de roi. C'est pour cette raison que le lac voisin s'appelait encore à l'époque romaine le lac royal, lacus regivs. Quelques-uns attribuent cet édifice à Syphax', d'autres à Masinissa. Ce sont là de simples hypothèses. Mais, assurément, celui qui fit construire un mausolée aussi grandiose était un souverain paissant, comme ce Syphax, qui régna sur presque toute l'Algérie, comme ce Masinissa et son fils Micipsa, qui étendirent leur domination depuis les bords de la Moulouïa jusqu'aux rives du golfe de Gabès.

A. l'étude du Médracen, il convient de rattacher celle du monument dit Tombeau de Chrétienne-, qui lui ressendde beaucoup, mais qui est bien pins mal conservé, du moins à l'extérieur. (Voir,/?^. 21 , le plan de ce mausolée et, planche VII, la vue de la fausse porte de l'est.) Il domine une crête de 260 mètres d'altitude, entre Tipasa et Castiglione, au point le plus étroit de la chaîne bordant le littoral à l'ouest d'Alger.

C'est, comme le Médracen, un cylindre coiffé d'un cône à gradins ; il présente en outre une base carrée peu élevée. La hauteur actuelle est de 33 mètres environ ; complet, l'édifice devait atteindre 40 mètres. Le diamètre est de 64 mètres. Soixante colonnes engagées, d'ordre ionique, décorent le

1. En tout cas, Syphax n'a pas pu y être enterré, puisqu'il mourut obscurément en Ualie.

2. Voir Gsell, Guide archéologique des environs d'Alger, p. 137-182, avec la bibliographie à la fin du volume. Ajouter : De Laurière, mémoire cité page 65, n. 1; Playl'air, Travels in the foolsleps of Bruce in Algeria, p. 23-28, pl. I et II. Il existe aux archives des Monuments historiques, à Paris, de beaux relevés du Tombeau de la Chrétienne, par Bourmancé (1878).

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cyliiulro ; elles portaient un entablement d'un profil assez simple. Aux quatre points cardinaux se dressaient de fausses portes, panneaux en forme de trapèze, dont les moulures sail-

FiG. 21. — Tombeau de la ChréUenne, mausolée royal.

lantes imitent par leur disposition une grande croix, enfermée dans un cadre La croix ornementale de la porte du nord, bien conservée et restée visible en tout temps, a donné naissance à la dénomination de Khour Roi/mia, Tond^eau de la Chrétienne, par laquelle on désigne d'ordinaire ce monument.

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A l'est, il y avait un avant-corps rectangulaire, qui n'est plus représenté aujourd'hui que par un dallage.

L'entrée, porte basse et étroite, jadis fermée par trois pierres de taille superposées, se trouve du même côté, sous la fausse porte, par conséquent dans le soubassement et non pas dans le cône à gradins, comme au Médracen. Un petit conloir surbaissé, interrompu par deux dallesportes qui manœuvraient dans des coulisses, conduit à un caveau Ajouté, long de 5'",30, large de 2", 50, haut de 3", 50. Sur la paroi de droite, sont sculptés, d'une manière assez rudimentaire, un lion et une lionne, se faisant face au-dessus d'un nouveau couloir. Celui-ci, aussi bas que le précédent, était fermé de même par une dalle-porte. Aussitôt après, le plafond se relève, les parois s'écartent et l'on monte par un escalier de sept marches à une vaste galerie circulaire, admirablement conservée, longue de près de 150 mètres. Elle pouvait être éclairée par des lampes placées de distance en distance dans des niches étroites. Elle fait presque tout le tour de l'édifice ; mais, arrivée à proximité de son point de départ, elle décrit un coude assez brusque et, se dirigeant dès lors vers le centre, elle aboutit à un troisième couloir surbaissé, qu'une dalle-porte fermait. Au delà, on trouve un caveau voûté d'assez petites dimensions (4 mètres de long sur 1"',50 de large), qui paraît n'avoir été qu'une sorte de vestibule, puis un nouveau couloir avec dalle-porte, enfin un autre caveau, placé exactement au milieu du monument. Il mesure 4 mètres de long sur 3 de large et présente de petites niches à droite, à gauche et au fond.

Le revêtement du mausolée, les couloirs et les caveaux sont construits en belles pierres de taille, de grandes dimensions

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et très soigneusement appareillées; elles portent des signes géométriques de formes diverses, indiquant les différents chantiers dans lesquels elles ont été façonnées*. Le noyau n'est qu'un amoncellement de moellons et de grossiers blocs de tuf, mal reliés par un mortier de terre rouge ou jaune.

Les indigènes ont cherché, à plusieurs reprises, à s'emparer des trésors qu'ils croyaient enfouis dans ce tombeau. Au temps oii l'entrée était encore connue, ils brisèrent les portes qui donnaient accès aux diverses chambres et creusèrent deux galeries dans le noyau : l'une d'elles a près de 16 mètres de longueur. Plus tard, au xvi' siècle, le pacha Salah Reïs tenta d'éventrer l'édifice à coups de canon. Enfin, en 1865-1866, Berbrugger et Mac-Carthy déblayèrent le quart du pourtour, pénétrèrent à l'intérieur par un boyau qu'ils pratiquèrent au sud (voir le plan) et explorèrent les couloirs et les salles, qu'ils trouvèrent vides.

Le caveau central était-il la chambre funéraire? Par sa place au milieu du tombeau et même par ses dimensions exiguës, il rappelle la petite case à ossements établie au cœur des sépultures indigènes. Peut-être des urnes, contenant les cendres des morts, étaient-elles placées en ce lieu; elles auraient reposé sur des tables ou des consoles, car les trois niches sont trop étroites pour avoir abrité des vases. Il est possilde cependant qu'une autre disposition ait été adoptée au Kbour Roumia : dans cette hypothèse, la salle du milieu ne serait qu'une chapelle ou un vestibule, et le caveau proprement dit se trouverait par-dessous, encore inviolé. 11 aurait été accessilile par un puits, qu'on aurait recomblé après chaque ensevelissement. On rencontre des aménagements ana-

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