Corpus, YIII
150 LES MONUMENTS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE
niches superposées, qui enfermaient une sorte de frise comprenant deux assises de pierres'. La statue du Génie décorait évidemment l'intérieur de la salle, quoiqu'on n'en ait pas même retrouvé le piédestal. Par contre, on a découvert, près de l'escalier, les bases de deux statues, qui devaient être placées, soit dans la cella, soit dans la cour. L'une de ces statues représentait le donateur, l'autre sa femme.
Il convient de remarquer que l'un des cotés longs de l'enclos est en partie formé par un mur qui semble être plus ancien que le reste du monument: il appartenait peut-être à la maison de ce Julius Félix, qui aura jugé à propos de l'utiliser dans la construction du sanctuaire''.
A Ksar Mahidjiba, bourg romain distant d'une vingtaine de kilomètres de Constantine au sud-est, se dresse aussi un petit temple, encore assez bien conservé (planche XXVI). Ravoisié, qui l'a étudié, l'a pris à tort pour un poste miUtaire. Il repose sur un soubassement à légère saillie, qui, par derrière, comprend au moins cinq assises ''. Le pronaos mesurait environ 3'", 50 de profondeur; les colonnes qui devaient l'orner ont disparu. La cella, dont la porte regarde l'orient, a 5", 75 de long sur5",15 de large. Les parois, à peu près intactes, atteignent une hauteur de 7 mètres; elles sont surmontées d'une corniche, dont le dessus est creusé d'entailles, oh s'inséraient les fermes de la toiture. Les frontons manquent. Plus tard, très probablement à l'époque Ijj'zan-
1. La corniche supérieure n'est plus en place ; on en a retrouvé des fragments à terre.
2. L'inscription dii pourtant : «.deposita ad solum domo sua veleri>K
3. Ravoisié, I, p. 11; pl 6.'j, 66. Delamare, pl. 162. Cherbonneau, Annuaire de Conslantine, '18o4-S, p. 153. Playfair, Travels, p. 43-44.
4. Le bas est enterré. Ce temple est construit sur une pente s'inclinant de l'est à l'ouest : il est donc probable que le soubassement est moins élevé par devant (à l'est) que par derrière.
TEMPLES loi
tine, ce sanctuaire fut encastre dans une enceinte défensive et l'on en remania la partie antérieure. Les Aral)es l'appellent le Château Enchanté (Ksar Mahidjiba) et justifient ce nom par diverses légendes, qu'il est superflu de rapporter ici.
Dans la région de Tébessa, au lieu dit Gaga ou Henchir Hamacha, près du village de Youks, on trouve un édifice rectangulaire qui pourrait bien être uu petit temple. Il faut dire pourtant que cela n'est pas certain et que nous avons le droit de nous demander s'il ne s'agit pas d'un grand mausolée^. Le monument a 8 mètres de large, sur 12'", 95 de long. Toutes ses faces sont décorées de pilastres corinthiens, au nombre de douze, dont quatre à double front, aux angles. Ils reposent sur un soubassement, haut d'un mètre au moins. Dans le feuillage do chaque chapiteau, est figuré un vase à deux anses, d'où s'éehappeut soit des ceps avec deux grappes de raisin^ soit des épis, entremêlés parfois de pavots. Les pilastres, avec leurs chapiteaux et leurs bases, mesurent 3°',80de hauteur. Audessus règne un entablement, large de 1"',12 : il comprend une architrave dont le bandeau offre des moulures formant cadre, une frise lisse, enfin une corniche. Par devant et par derrière, il y avait sans doute des frontons, qui ne sont plus en place. L'entrée, large de 2"", 20, regarde le sud-est; elle était encadrée par des montants et un linteau moulurés. Cet édifice est d'un joli aspect, quoique la construction soit assez médiocre et ne semble pas indiquer une date antérieure à la seconde moitié du m'' siècle. Il n'a pas été déblayé; on recueillerait probablement, dans les décombres qui l'embarrassent, tous les éléments nécessaires à une restauration complète.