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ARCS A UNE BAIE

Le type le plus simple comporte doux pieds-droits, carrés ou rectangulaires, sans autre décoration qu'une base moulurée et une corniche placée à l'imposte de l'arcade. Un entablement passe au-dessus de la baie et fait le tour de l'édifice. Il est surmonté d'un attique. ■• • ■ ;■

Telle est la disposition de la porte dite El Gouassa (l'arc), qui se dresse à l'extrémité sud-est des mines de Thubiirsicum,

Fio. 45. — Porte de Rhamissa.

sur la voie romaine de Tipasa ' (plan, /hj. 45; vue, planche XXVIIj. Elle est assez bien conservée et atteint encore une hauteur d'environ 6 mètres ; cependant l'entablement et l'attique manquent. La baie mesure 4 mètres d'ouverture, les pieds-droits 2'", 10 de long sur 1°\85 de large. L'arcade ne présente point d'archivolte. La construction n'appartient pas à une bonne époque, les moulures de l'imposte sont d'un profil peu correct: cette porte pourrait bien ne pas être antérieure au IV" siècle.

1. Chabassière, Rec.de Constantine, X, 1866, pl. XII, fig. 4. RoLert, ibicL, XXXIII, 1899, p 243 et pl. III de l'article.

ARCS DE TRIOMPHE. PORTES MONL'MEINTALES 157

La porte placée à l'entrée de l'enceinte d'un temple de Zana ' est de même type, mais plus petite (plan, 46 ; vue, planche XXVIII). L'ouverture n'a que 2", 50 de largeur; elle pouvait être, fermée, car on distingue encore par derrière les trous pour les gonds des vantaux. Les pieds-droits mesurent l^ji? de long sur 0™,78 de large. Des archivoltes bordent le cintre. Les parties supérieures sont aujourd'hui détruites ; l'attique portait une inscription dont des débris gisent au pied de l'arc - : c'était une dédicace gravée par les soins d'un certain Saturio, magistrat municipal, qui restaura le sanctuaire.

FiG. 46. — Porte de Zana.

A Henchir Kissa, ruine située à 10 kilomètres au nord de Tébessa, se trouve une porte, enterrée jusqu'à la naissance de l'arcade^ (planche XXIX). Les pieds-droits, longs de l^'jlO, larges de 0"',43, encadrent une baie de 2™, 40 d'ouverture. L'arcade est dépourvue d'archivolte, et, au-dessus, il n'y a qu'une corniche, au heu d'un entablement complet. On voit encore en place la plus grande partie de l'attique, qui consiste simplement en deux assises de pierres de taille, sans moulures. Cette porte n'était pas isolée ; peut-être représente-t-elle

1. Guyon, Voyage d'Alger aux Ziban, dernière planche (vue inexacte). Renier, Mélanges d'épigraphie, p. 186-189. Graillot et Gsell, Mélanges de l'École française de Rome, XIV, 1894, p. 338-541.

2. Corpus, VIII, 458S =: 18647. Conf. plus haut, p. 153, n» 12.

3. Girol, liée, de Constantine, X, 1866, p. 2n. Gsell, ihid., XXXll, 1898, p. 288.

l'entrée d'une place ou d'une aire de temple. A l'époque byzantine, elle fut incorporée dans une grossière muraille.

Les monuments d'une décoration aussi sobre sont assez rares en Algérie. On compte, au contraire, un grand nombre d'arcs ornés de pilastres.

Dans le quartier oriental d'Announa, se voient les ruines d'une porte ^ (planche XXX), dont les deux flancs semblent bien aA'oir été rattachés à des murs ; elle faisait donc partie d'une enceinte. Le côté droit (au nord) est encore en assez bon état, mais il ne subsiste plus que le bas du massif de gauche ; l'arcade s'est é Toulée pres(iue tout entière. La l)aie a 4™, 20 de large. Chaque ])ied-droit offre, par devant comme par derrière, deux petits pilastres corinthiens non cannelés, qui garnissent la paroi entre la moulure de la base et la corniche de l'imposte. Le cintre est bordé d'archivoltes. L'entablement comporte une architrave à trois bandes, une frise unie, formée d'une seule assise de pierres, enfin une corniche. Il ne reste rien de l'attique. Les moulures et les chapiteaux, à feuilles non découpées, sont d'une exécution négligée et sans élégance ; l'aspect général de ce monument devait être assez lourd. Nous ne pensons pas qu'il soit antérieur au ni" siècle.

Le plus souvent, les pilastres qui décorent les arcs sont de dimensionsbeaucoup plus grandes quedans cette porte d'Announa. Ils coupent les impostes^ et atteignent l'entablement qui passe au-dessus de la baie.

A Marcouna (autrefois VerecuiKla), lieu distant de 3 kilo-

1. Havoisié, II, p. 13, pl. 12-14. Delamare, Revue arc/iéolof/iqiie, \l, 1819, p. n. Id., Exploration, pl. 164, fig. 8, 13-16; pl. 166, fig. 1.

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