‹ Les monuments antiques de lAlgerieChapitre 75 sur 118 · Corpus, VIII · texte numérisé non relu

Corpus, VIII

soit un amphithéâtre, qu'une autre inscription ' ni(Mi(i<»niie

Nous ajouterons qu'il est possible qu'un certain n(imbre de théâtres, coninie aussi d'amphithéâtres de l'Afrique romaine aient été construits en, bois Il serait tout naturel qu'ils n'eussent pas laissé de traces.

Les amphithéâtres antiques de l'Algérie n'offrent qu'un intérêt médiocre.

Celui de Pliilippeville, qui se trouvait à l'extrémité sud-est de Rusicade, était encore en bon état lors delà conquête française ^. En 1845, le génie miUtaire le démolit jusqu'aux fondations. Le plan et les dessins de Ravoisié montrent que l'ensemble du monument mesurait 78 mètres de long sur 59 de large, que les dimensions de l'arène étaient de 50 et de 3(3 mètres, que le mur entourant cette arène atteignait 4", 65 de hauteur, qu'il y avait douze rangées de gradins, et qu'un palier de ceinture régnait entre la huitième et la neuvième rangée. Le noA'au de

1. Corpus, VIII, 8482. Conf. SoÛT, fragment où il ne reste que ... ealrum.

2. Au XI" siècle, lecrivain arabe El Bekri {Descriplion de r Afrique seplen- Irlonale, traduction De Slane, p. 1.^6) signalait à Alger les ruines d'une maison de divertissement « dont l'intérieur était pavé de petites pierres, qui for- « maient une espèce de mosaïque. Dans cet édifice, on voit les images de « plusieurs animaux, parfaitement bien travaillées et façonnées d'une manière « si solide que, pendant une longue série de siècles, elles ont résisté à toutes « les injures du temps. » De Slane a pensé que « cette maison de divertissement {dar el melâh) » était un théâtre. La description nous ferait plutôt supposer qu'il s'agit de thermes.

3. Conf. pour la Gaule, au i" siècle de notre ère, Corpus, XIII, 1642.

4. Ravoisié, II, pl. 36-59. Delamare, pl. 18, fig. 4. Fenech, llisloire île l'hi- Uppeuille, p. 6, 22-23. Féraud, Revue africaine, XIX. 1873, p. 83. Vars, Rusicade, p. 124 et suiv. — Cet amphithéâtre existait sans doute en l'année 187 de notre ère : voir Corpus, VI 11, 7960.

202 LES MONUSIE^'TS ANTIQUES DE l'aLGÉRIE

la construction était en blocage, les gradins et les parois de l'arène en pierres de taille.

L'amphithéâtre de Lambèse situé entre la ville et le camp, a également servi de carrière. Les gradins, qui étaient au nombre d'une vingtaine, ont complètement disparu ; ils portaient des inscriptions indiquant les places assignées aux diverses curies entre lesquelles se répartissaient les citoyens ~. Il ne subsiste plus que quelques vestiges des couloirs voûtés qui donnaient accès à l'intérieur.

A l'est et à l'ouest, deux galeries, larges de 4", 65, constituaient les entrées principales. Elles étaient surmontées d'une série d'arcades en pierres de taille, de hauteur décroissante qui servaient à renforcer des voûtes en blocage, établies dans les intervalles*. Le grand axe de l'édifice mesure 104 mètres, le petit 04- : la forme elliptique est donc beaucoup moins prononcée que dans la plupart des amphitliéâtres romains. L'arène avait 72 mètres de long, sur 62 de large.

Ce bâtiment « était d'une construction tout à fait rudimen- « taire ; taillé d'un côté à même d'une petite colhne de terrain (( schisteux, il était complété dans l'autre partie par des terres « rapportées, maintenues par un mur de moellons, que ren- (( forçaient extérieurement des contreforts saillants, contre- (( boutant la poussée des terres : travail fort grossier et qui « devait se trouver revêtu par des talus gazonnés, coupés au (( droit de chaque passage de porte »

1. Delamare, Rec/ierclies sur Lambèse, p. 31-33. Rec. île Constantine, VII, 1863, p. vi-vii. Ibid , XXIll, 1883-4, p. 191-3. Gagnât, Guide de Lambèse, p. 48-9.

Page 1