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MARCHÉS

Nous ne connaissons actnollement en Algérie qu'un seul ÎMjifice auquel on puisse donner aA'ec certitude le nom de marché. 11 se trouve à Timgad, auprès de l'arc de Trajan, sur le côté sud du (Jecintiaiius^ {\A-àw,fi(j. 06, d'après le plan levé par le Service des monuments historiques ; vues, planches LI et LII).^ Des inscriptions qui y ont été découvertes nous apprennent que ce macclhmi fut fait par les soins de M. Plotius Faustus, chevalier romain, et de sa femme. Il •est très probable qu'il date du premier quart du iif siècle.

Sur une place dallée s'élève un portique, au milieu duquel est l'entrée principale. Il y a, en outre, deux portes latérales, dont l'une donne sur une rue qui longe le bâtiment à Test, et dont l'autre s'ouvre sous un portique bordant la face opposée.

A l'intérieur, des galeries, dont les colonnes sont surmontées de chapiteaux corinthiens à fouilles non découpées, entourent une cour rectangulaire, de 24™, 30 de long sur 15™, 30 de large, ornée au centre d'un bassin carré.

1. Bœswillwald, Gagnât, Ballu, Timgad, p. 183-2i;3, pl. XXIII-XXVI. Ballu, les Ruines de Timgad, p. 209-211, pl. XXXI-XXXVI.

FiG. 66. — Marché de Timgad.

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Un grand liéuiieycle sï'iend au-delà do la cour, au sud. L'ouverture eu était barrée i)ar une rangée do colonnes, que reliaient des arcades : c'est, crovons-nous, le plus ancien exemple de ce dispositif en Occident. Au-dessus, s'élevait un mur [)lein. Entre chaque chapiteau et chaque sommier, on avait intercalé un dé', offrant un entablement complet : architrave, frise et corniche. Sur chacun de ces dés est gravée une lettre, et l'ensemble des lettres forme le nom du fondateur du marché. — Le fond de l'hémicycle est occupé par sept compartiments, (pli servaient de boutiques. Des arcades étaient jetées sur les pieds-droits placés à la tête des murs de séparation. Au-dessus de ces pieds-droits, de belles consoles portaient des colonnettes de marbre, cannelées en spirale, de 3"°, 05 de haut. Celles-ci portaient à leur tour l'une des extrémités des poutres maîtresses du toit de rhémicjcle ; l'autre extrémité s'appuyait sur le mur qui surmontait la colonnade du front de la salle. Les consoles présentent des sculptures : par devant, une grande feuille d'acanthe; sur les cotés, des motifs divers, à relief assez plat, rinceaux, pampres, cornes d'abondance, cratère et figure tenani deux ceps de vigne. Nous ne croyons pas qu'elles soient plus récentes que le reste de l'édifice.

A l'entrée de chaque conq)artiment, une grande dalle de granit, placée horizontalement à une hauteur d'un mètre, est engagée dans les deux murs latéraux. Elle servait à l'étalage. Pour pénétrer dans sa. l)Outique, le marchand devait se glisser par-dessiius cette taljle.

Il y avait aussi des bouti(pies en avant de la cour, de cha(iuo côté de la porte principale du niaccUum.

1. Membre d'architecture précurseur des coussinets-impostes de 1 epociue ciirétiennc.

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Ce monument est d'une décoration fort élégante et offre des dispositions architecturales remarquables. 11 était orné de plusieurs statues du fondateur et de sa femme.

Au nord-ouest du marclié, on voit un édifice qui en était peut-être une annexe. C'est un bâtiment rectangulaire, de 24", 25 de long sur 10", 40 de large, précédé d'un portique qui regarde le deciimanm et terminé par une abside dont l'ouverture est flanquée de deux pilastres. 11 est dallé i ; une toiture en charpente et en tuiles le recouvrait. Dans l'abside, on a trouvé la base d'une statue de la Concorde des empereurs Valentinien et Valens, érigée vers 365 ~.

A Announa, Bernelle a en partie déblayé une ruine assez vaste 3, à gauche de la grande A^oie qui allait de l'arc à deux ouvertures, formant l'entrée méridionale de la ville, à l'arc à une baie, dressé, croyons-nous, en avant du forum.

Les murs extérieurs sont en blocage, avec des chaînes en pierres de taille. Une cour dallée, à peu près carrée (elle mesure 18", 20 sur 17", 30), occupe le centre; elle était bordée, sur ses deux faces latérales et au fond, par des portiques, larges de 4", 70, élevés de 0",70. Des colonnes soutenaient ses toits de ces galeries : aujourd'luii, il ne reste plus que les dés en pierre qui portaient leurs bases. Une mosaïque ornementale formait le pavement du portique du fond. A l'extérieur, une sorte de galerie, large de 4", 50,

1. Au centre de la salle et dans l'abside, les dalles sont en calcaire noir et en porphyre rouge.

2. Un fragment d'inscription, trouvé à quelques mètres des deux édifices que nous venons de décrire, fait mention d'une place et sans doute aussi d'un marché aux étoffes : « foru\)n'\... [cum basilica ?] vestia[ria] ».

3. Poulie, Rec. de Constantine, XXVI, 1890, p. 348-332. Bernelle, ibkl., XXVII, 1892, p. 107-8 et plan à la page 104 (description et plan inexacts).

LES MONUMENTS ANTIQUES DE L'ALGÉr.lE

parait avoir été adossée au mur de droite. Tout cela est en fort mauvais état et à peine distinct.

La façade regardant la voie présentait une inscription, longue d'environ 6 mètres, dont Bernelle a recueilli de nombreux fragments. Elle indique que la construction date du règne de Septime-Sévère Des statues d'un homme en toge et d'une femme drapée décoraient l'entrée.

Il se pourrait que cet édifice ait été un macellum : le plan présente des analogies avec celui du l)âtiment d'Eumacliia, à Pompéi, dans lequel M. Mau-' veut voir un marché aux étoffes

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