Gagnât, Musée de Lamb'ese, p. 50-2; pl. IV, fig
FiG. 70. — Thermes du sud, à Tinigad.
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Les grands tlionnes qui sont situés dans la partie méridiodale de la ville, à environ 80 mètres au sud du théâtre', datent du II" siècle, puis(ju'en 198 ils furent agrandis, ainsi qu'une inscription l'atteste. Une autre insciiption nous apprend que, vers le début du m" siècle, ils furent restaurés au moyeu de prestations fournies par les citoyens de Tliamugadi. Ils couvrent une superficie de plus de 2.000 mètres carrés (plan, fi(j. 70, d'après le plan levé par le Service des monuments histori(iues).
Quatre entrées donnaient accès à cet établissement; mais deux d'entre elles (S et T) étaient seulement des portes de service, conduisant aux sous-sols. Les deux autres, A et B, s'ouvrent aux deux extrémités d'un couloir coudé, à ciel ouvert; auprès de la porte B, une logette C servait sans doute d'abri au gardien. Sur le coté est de ce couloir se trouvent deux bâtiments : 1" de vastes latrines E, de forme semi-circulaire, comportant vingt-huit sièges et pavées d'une riche mosaïque dont la partie centrale représente des animaux ; 2° une grande pièce, 1), offrant du coté du couloir une colonnade et se terminant par un hémicycle ; elle était aussi pavée en mosaïque : il convient, sans doute, d'y voir une salle de réunion et de récréation.
A l'ouest, trois larges ])aies mettent le couloir en communication avec une salle rectangulaire F, de 24 mètres de long sur 9 de large, dont la couverture était en charpente et en tuiles. C'était probablement un gymnase, réservé aux exercices corporels. On y voyait quatre statues de l'empereur Valérien,
1. Dœswillwald, Casnat et Ballu, rinu/atL p. 217-2:;7 et pl. XXVII-XXXI; Ballu, les Ruines de Tlmgad, p. 169-188 et pl. XIX-XXVI. — Ce sont peut-ôlre ces thermes que mentionne l'inscription Corpus, VllI, 2370 (p. 9.jl) = 17818, trouvée au sud du Capitole.
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de sa bru et de ses deux petits-fils : les bases seules ont été retrouvées en place.
De là, on pouvait passer soit dans une chambre G, qui était peut-être un vestiaire, soit dans \q f rujularhnn H, salle rectangulaire, que couvrait une voûte d'arêtes et que flanquent deux grandes piscines I' et J. Au centre de ce frigidarium^ était dressé un grand vase en pierre, orné de bas-reliefs représentant une scène de sacrifice, le groupe de l'Amour et de Psyché, etc. Il y avait aussi plusieurs statues dans la même salle (entre autres un Mercure et une Hygie, qui ont été retrouvés) et au-dessus de la piscine J (Nymphes tenant une coquille).
Les salles F, G et H sont pavées de mosaïques ornementales; de grossières mosaïques blanches garnissent le fond des piscines.
La destination de la chambre L est incertaine : peut-être était-ce une dépendance du vestiaire. Les petites pièces M (où Ton voit deux niches qui ont pu contenir des armoires) et N (avec son annexe 0) servaient de passage entre la frigidanum et les parties des thermes qui étaient chauffées.
Les salles K, P, R, Q offrent des hypocansfces. K était sans doute un tcpidarium. Il y avait àmxcaldaria : 1° P, voûté en berceau et garni de deux baignoires semi-circulaires, dont l'une (celle du nord) a été ajoutée après coup; quatre statues occupaient les angles de cette salle ; 2° Q, également voûté en berceau, avec trois baignoires, deux latérales oc une au fond. La salle R, que couvrait une voiïte d'arêtes, était une éi\\\&[I'iconicum).
Les sous-sols sont encore en bon état. Des couloirs de ser-
1. Celte lettre 1 manque sur nuire plan, par suite d'un oubli. Elle doit être placée entre K et F.
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vice, dans lesquels on descendait par des escaliers, donnaient accès aux fourneaux, au nombre de dix, et à une salle de dépôt pour les combustibles.
Au nord-est de ces thermes, et au delà d'une ruelle (U-V) sur laquelle s'ouvrait la porte B, on voit une grande exèdre, X, de 8"°, 15 de rayon, formant une annexe des bains: elle devait servir de promenoir. Un portique l'entoure et elle est barrée sur le devant par une colonnade.
Des thermes beaucoup plus petits ont été déblayés dans le quartier central de Thamiigadi, au sud dndecinnanus maximiis, entre le théâtre et le marché ^ {fuj. 71, d'après le plan levé par le Service des monuments historiques).
On y distingue: 1° un couloir, qui a été agrandi à une époque tardive (C) ; il a deux entrées, A etB ; 2° une pièce carrée, E, ornée d'une mosaïque représentant les quatre saisons, salle de promenade ou local pour les exercices corporels; 3" un vestiaire, G ; 4" un petit frigidarium, H, avec une seule piscine I; 5" une salle.}, qui devait être un fepidariiini; 6° deux caldaria^Xmx^ K, avec une piscine semi-circulaire, l'autre. M, avec une piscine de même forme et une piscine rectangulaire ; 7" une étuve owlaconicum, L. Comme dans les thermes du sud, les aménagements des sous-sols (couloirs, chambres de chauffe, fourneaux) sont fort bien conservés ; on y pénétrait par des entrées de service, dont l'une se voit en N et l'autre du côté opposé.
Enfin, d'autre thermes, d'une grande étendue, sont situés en dehors do la ville, à peu de distance au nord-ouest de la porte septentrionale (planche LIX). On les a fouillés en 1899-1900. En attendant qu'ils soient décrits dans l'ouvrage de MM. Gagnât
1. Bœswillwald, Gagnât et Balla, l. c, p. 258-268, pl. XXXIl.
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et Ballu sur Tiingad, nous nous contenterons de quelques brèves indications.
L'édifice, construit en blocage, avec des revêtements en briques ou en pierres de petit appareil, mesure 80 mètres de longueur sur 66 mètres de largeur maxima. Il renferme une trentaine de salles, disposées selon un plan rigoureusement sy-
Fio. 11. — Petits tliermes, à Tiingad,
métrique : si l'on tire une ligne médiane du nord au sud, on constate que les constructions situées à l'ouest de cette ligne reproduisent de la manière la plus exacte celles qui sont situées à l'est.
Du côté du nord, au milieu, se trouve le fngidarium, salle de 29 mètres de long et de IS^iSO de large, pavée d'une mosaïque ornementale. Elle présente, sur cliacun de ses petits
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côtés, une niche somi-circalaire, qui abritait sans doute une statue. Au nord de cette salle, il y aune longue piscine, arrondie à ses deux extrémités, avec six niches pour des statues; au sud, deux autres piscines, plus petites, et, entre elles, une pièce rectangulaire qui communique avec le frigidarium par trois larges baies à colonnes, et qui, du côté opposé, donne accès aux locaux chauffés. Les piscines sont pavées de mosaïques grossières ; l'enduit qui couvre leurs parois offre des graftites laissés par les baigneurs, dessins et inscriptions, pour la plupart obscènes.
A l'ouest et à Vesi dn frir/it/((ri(n)i, deux vastes salles, de 30 mètres sur 13°',60, avec des mosaïques de pavement et des niches arrondies ou quadrangulaires, servaient sans doute de promenoirs, de lieux de conversation et de récréation. Elles sont flanquées de pièces exiguës, vestiaires ou chambres de service. Un escalier, établi dans un recoin, contre chacune de ces grandes salles, permettait d'atteindre les terrasses qui régnaient audessus d'une partie du bâtiment.
Les angles sud-est et sud-ouest des thermes sont occupés par deux salles (14"",80x 0'°,85), couvertes autrefois d'une voûte d'arêtes et offrant une al)side : c'étaient peut-être des gymnases, où l'on se livrait à des exercices de force et d'adresse. Dans l'abside du sud-ouest, il y avait des latrines.
Les autres pièces présentent des hypocaustes. Elles sont de forme quadrangulaire ; plusieurs, cependant, sont pourvues de grandes absides. Celles qui bordent la face méridionale du monument étaient toutes couvertes de voûtes d'arêtes; plus voisines des fourneaux, elles étaient chauffées à une température plus élevée que celles 'du centre. La plus grande fait saillie au milieu du côté sud, de manière à être mieux exposée
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aux rayons du soleil. C'était le caldarium : on y voit trois grandes baignoires, ménagées sur les côtés et au fond. Les couloirs qui permettaient d'atteindre les fourneaux établis dans le sous-sol, sont disposés sur la même face, le long du bâtiment.
L'entrée des thermes aurait dû être du côté du frigidarium, conformément à l'usage. Elle se trouve au contraire à l'est, sur la voie qui sortait de la porte septentrionale de Thamugadi ; les habitants delà ville pouvaient ainsi gagner rapidement l'établissement de bains, tandis qu'ils auraient dû faire un long détour si l'accès de cet édifice avait été sur le front nord.
Les ruines des thermes de Guelma* sont encore imposantes (planches LX et LXI) ; mais il est impossible d'indiquer d'une manière précise les dispositions intérieures de cet édifice, qui n'a été fouillé que partiellement. La construction est fort bonne et peut remonter au ii" siècle de notre ère : elle est faite en blocage, avec des revêtements en pierres de petit appareil et en briques ; certaines parties sont en grandes pierres de taille (les pieds-droits et les arcs des portes principales, ainsi que des chaînes dans les murs).
Une grande salle rectangulaire mesure 22 mètres de long sur 14 de large. Elle présente deux niches pour des statues. A une hauteur de 10 mètres, de fortes consoles en pierre sont enfoncées dans les côtés longs ; elles portaient quatre arceaux qui étaient jetés entravers de la salle (deux aux extrémités, deux autres au milieu) et qui devaient servir de soutiens à la toiture. Un étage était ménagé sous le toit, car, à la hau-
1. Berbrugger, Algérie historique, pittoresque et monumentale, province de Constantine, pl. à la page 10 (église présumée). Ravoisié, Exploration, II, pl. 24, 25, 26 et p. 29. Delamare, Exploration, pl. 172 et 174. Grellois, Mémoires de V Académie de Metz,WWll, 1851-2, Impartie, p. 278-281 et pl. II.
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teur des consoles, ou voit dans les parois des séries de trous pour Tinsertion des madriers qui supportaient le plancher'.
Ravoisié croit, avec vraisemblance, que cette vaste salle était un tepidarium.
Des portes de dimensions diverses, au nombre de onze, donnaient accès à d'autres pièces ou conduisaient au dehors. Presque toutes ont été bouchées. On ne distingue à l'heure actuelle qu'une partie des salles do l'est, qui sont d'ailleurs remblayées. Les dimensions eu sont assez petites-'. Elles étaient surmontées d'un étage, dont les chambres présentaient des voûtes. A l'ouest, Ravoisié indique une abside, qui occupait peut-être le îmà (lu cahlar 'nim.
Quelques fragments d'une arcade en mar])re ont été recueilhs autrefois dans cette ruine : les sculptures représentent un buste d'Océan, un aigle, un trident flanqué de dauphins
A l'époque byzantine, les thermes dont nous parlons furent enclavés dans la citadelle construite sur l'ordre <lu général Solomon : une petite poterne s'ouvrait dans le rempart à côté de l'édifice romain, comme l'atteste une inscription : (( Posticius sub termas halteo conchiditur fei'ro'\ »
Nous ne décrirons pas les autres thermes antiques de l'Algérie : il suffira de les mentionner ici brièvement^.
1" Alger [Icoshtm). — Restes de thermes découverts autrefois sous la place de la cathédrale et aux abords. On y a trouvé deux mosaïques de pavement et un siège de bain troué, en
1. Il ne semble pas en eUet que ce soient des trous ménagés pendant les travaux de construction, à seule fin de maintenir les poutres des échafaudages.