Bec. de Consl.. XViil, pl. XII
3. Brunon {l. c, p. 320) a noté également plusieurs sépultures doubles ou triples.
JIONUMFNTS INDIGÈNES 33
hôtes, bien longtemps après avoir été édifiée. L'hypothèse est, il est vrai, difficile à soutenir pour les dolmens dans lesquels le déplacement d'une des parois aurait amené la cliute de la table; elle est, au contraire, plausible, quand un des quatre côtés a pu être démoli, puis rebfiti sans peine, comme dans diverses sépultures de Sigus et du Khenog.
Mais il est des dolmens qui portent, pour ainsi dire, leur date écrite sur leurs parois.
Au lieu dit Guelaat bou Atfane, sur l'oued Choiiioin-, ;i 24 kilomètres environ au snd de Guelma, un grand n()nd)re de tombeaux indigènes' entourent les raines d'une ville qui eut quelque importance aux premiers siècles de luIre ère. Les uns ressemblent à ceux de Sigus: nous ne les décrirons pas.
Dans plusieurs autres, les quatre côtés sont des murs droits, à assises régulières, avec des pierres d'une taille toute romaine. Sur une des petites faces est pratiquée une ouverture rectangulaire, que l'on pouvait fermer à l'aide d'une herse en pierre, manœuvrant dans des coulisses. Au dedans, il y a de petites niches, qui abritaient sans doute autrefois des urnes cinéraires. Le plafond est formé de larges dalles, semblables à celles des dolmens ordinaires ; quelques moellons bouchent les interstices. La chambre n'est pas entourée d'une enceinte. Ces monuments sont donc romains par leurs parois, par leur aménagement intérieur, par le mode de sépulture qui y a été adopté; ils sont indigènes par leur couronnement. Il est évident qu'ils datent de l'époque romaine-. Nous donnons ftg . 7) le
1. Cartairade, Assoc. française, WgBv p. 1132. Ueboud, Rec. deConsL, XXIII, 1883-4, p. 26.
2. On a signalé d'autres dolmens algériens dans lesquels sont employées des pierres de taille Viré, Bec. de Confit., XXIX, 1894, p. 536 (région de Djidjelli). Mercier, Bull. Comité, 1883, p. 332-3 (à l'est de Gonstanline). Le même,
(plan et planche III) la vue de celui qui s'est le mieux conservé.
Enfin, certaines tombes de Guelaat bou Atfane diffèrent des précédentes en ce qu'elles sont souterraines. Deux des parois sont constituées parle roc, taillé verticalement jusqu'à la profondeur convenable, les deux autres par des murs construits à la mode romaine. La porte est une ouverture à herse. L'inté-
rieur présente quelquefois des
[ l"^-- niches. Une ou plusieurs grandes
tal)les, brutes sur les deux faces', équarries seulement sur les tranches, forment le plafond du caveau et affleurent le sol'-.
Transportons-nous maintenant dans la province d'Oran, à Méchera Sfa, lieu situé à 38 kilomètres à l'ouest de Tiaret. Il y avait là une ville, occupant une sorte de promontoire, sur la rive gauche de la Mina. Aux abords, on voit les restes de deux nécropoles de type indigène. L'une, sur la rive droite, se compose de
ibii/.. 1888, p. 103 ; conf. Féraud, Itec. de Consl., Vlll, 1864, p. 12,1 (région de Souk Ahras). Féraud, /. c, p. 122 et pl. 30, avec une inscription latine, publiée au Corpus, n° 5266 (région de la Galle). Renier, Arcli. des Missions, III, 1834, p. 336; Brunon, Rec. de Const., XVIU, 1876-7, p. 339-340 (région d'Ain Beïda). Masqueray, Revue africaine, XXII, 1878, p. 46i; Vaissière, ibid., XXXVII, 1893, p. 136 (au sud-est de Khenchela). De Uosredon. Rec. de Const. , XIX, 1878, p. 24 (région de Tébessa). Voir aussi plus haut, p. 19, à la description du cimetière de Roknia.
1. Pourtant, dans une ou deux de ces tombes, la face plafonnante des tables a été équarrie.
2. On trouve de même h Khamissa (Thuhursicum Numidarum) des tombes souterraines, construites en pierres de taille et recouvertes par deux ou trois grandes dalles, qui ne sont que dégrossies. Ces tombes sont soit des fosses jumelles, soit des caveaux avec des niches pour les urnes funéraires. Elles appartiennent à l'époque romaine.
FiG. 7.
Dolmen de Guelaat bou Atfane.
tumulus. L'autre, sur la même rive que la ville, compread une centaine de tombes, dont les dispositions rappellent, à certains égards, celles des dolmens'. Elles sont de forme quadrangulaire. « Le fond, dit la Blanchère, le sol et partie des côtés (( sonttaillés dans le roc même. Le reste des côtés et la façade, « quand par hasard il en existe une'^, sont faits de grosses « pierres non taillées, mais éclatées assez régulièrement en « parallélépipèdes rectangles. » Ces chambres sont assez basses et, en général, il est impossible de s'y tenir debout. « La toiture est formée par de grandes dalles, longues, « étroites, peu épaisses, obtenues de même, procédé qui tient à « la nature des carrières. Le plus beau de ces monuments a « 7 mètres de côté et une façade de 4", 50 en pierres de taille, (( percée d'une toute petite porte. Ce qui fait son intérêt spé- (( cial, c'est qu'il date la nécropole. La façade porte en effet, « sculptés assez grossièrement, une lampe, une colombe et un « poisson, emblèmes chrétiens. » Plusieurs épitaphes chrétiennes ont été recueillies dans ce cimetière ."l'une d'entre elles est datée de l'année provinciale 369, c'est-à-dire de l'année 408 de notre ère^. Une autre inscription 4, qui indique la même date, parait se rapporter à une chapelle élevée au milieu de la nécropole.
Comme on le voit, les dolmens que l'on a étudiés jusqu'à présent en Algérie, ne semblent pas remonter à une très haute
1. Tommasini, Bulletinn de la Société d'Anthropolor/ie de Paris, 3° série, III, 1880, p. 303. La Blanchère, Mélanjes de VÉcole française de Rome, II, 1882, p. 390-396 et pl. XIV — Archives des Missions, 3» série, X, p. 73-74, lH-115 et pl. VIII. Anonyme, Bull, des antiquités africaines, I, 1882-3, p. I48-1S1. Deniaeght,/6(W., II, 1884, p. 288-290. /éirf., 111, 18S3, pl. XX (p. 188).