‹ Les monuments antiques de Rome, encore existantsChapitre 140 sur 156 · Vita di Cota Renzo. Bracciano, 1024, p · texte numérisé non relu

Vita di Cota Renzo. Bracciano, 1024, p

4. Bracciolini, De Varietale Fortunx, Paris, 1723, liv. I, p. 19.

5 Arctnv. Vat. Investiture, vol. VII, p. 40. Cf. Do«. Fr. Cerasoli, Butl. Archiv. Coin., lasc. IV, 1895, p. 304. l'a/., Reg. Vat., 424, fol. 124. ,

LE MAUSOLÉE D'AUGUSTE. 2o3

Roberti ou Serroberti, avec quelques masures voisines qu'il avait transformées en auberg-e. '.Le monument appartenait alors au Saint-Sièg:e, représenté par la Chambre apostolique. A ce titre, Innocent VIII abandonna, en i486, à la confrérie San Rocco. une crypte située sous le monticule, apparemment Tune des chambres funéraires-. De même, en 1488, le pape loua, moyennant un florin d'or par an, les jardins qui entouraient le mausolée.

En i5iQ, des fouilles étaient pratiquées au pied du mausolée; elles mirent au jour l'un des deux obélisques qui en décoraient l'entrée'; .Marliani le vit vers 1.534 ^t constata qu'il était brisé en plusieurs morceaux ; cinquante ans plus tard, en 1.587, Sixte V devait faire transporter cette obélisque au chevet de l'ég-lise de Sainte-.Marie-Majeure. Quant au second, il ne fut retrouvé qu'au xviii* siècle et placé, en 1782, comme on l'a dit, sur la fontaine du Quirinal.

En 1546, le mausolée était la propriété de Francesco Soderini qui venait de l'acheter. Lausta fut bientôt vidé de tous les déblais qui s'y étaient accumulés et apparut sous la forme d'une double enceinte de murs circulaires, épais et encore assez élevés; la partie centrale, plantés en jardins à la française, avec quelques cyprès çà et là, devint un lieu de plaisance : une porte percée du côté du Corso, ou rétablie, y donnait accès : elle était surmontée d'un masque provenant peut-être de l'ancien édifice ; de chaque côté étaient deux statues et devant on avait disposé un sarcophage avec son couvercle ; des maisons étaient adossées au mur extérieur. C'est dans ce lieu retiré que Soderini et ses familiers venaient se reposer du tumulte de la ville et méditer sur les traverses alors plus que jamais fréquentes de l'existence humaine. « Je vous écris au milieu du monument d'Auguste, au Champ de Mars, disait l'exilé florentin Busini dans une lettre à Benedetto Varchi. Soderini, mon maître, veut le restaurer entièrement et l'a transformé en un beau jardin avec quelques salles à l'entour, en forme de grottes dans lesquelles nous prenons nos repas » (1549).

Mais la pensée de Soderini n'était pas seulement de faire du tombeau d'Auguste un lieu de plaisance, il comptait aussi en tirer parti ; dans cette vue, il se fit autoriser à déterrer les statues (îwa^/wes), les dalles, les frag-ments de marbre qui gisaient

1. F. Cerasoli, Bull. Ai'ch. Corn., loc. cit. Archiv. l'j/., Reg. \'at. 424, folio 124.

2. G. Alveri, Roma in ognistato, Rome, 1664, part. II, p. 72.

3. Lanciani, Scavi, vol. i, p. 192. Bulletino délia Corn. Arch. Coin, di Roma, 1882, pi. XVI et XVII. Sur ces obélisques, voir LeslMonuments de Rome.

20i LES MONUMENTS ANTIQUES DE ROME.

autour du monument dans un rayon de 3o mètres, afin de les convertir « in usum humanum », mots sinistres qui semblent ne signifier que trop clairement que Soderini se réservait le droit de les transformer en chaux s'il ne les jugeait pas dignes d'entrer dans ses collections. Combien de morceaux intéressants durent alimenter le chaufour qui fonctionna dans le voisinage jusqu'à la fin du siècle '.

I Le mausolée d'Auguste, écrit La Lande en 1765, est situé derrière San Carlo al Corso, près de Ripetta. C'est une vieille tour ronde qui est au marquis Gabrielli, mais qui a appartenu successivement aux Fioravanti et au marquis Conca (Correa). Il ne reste plus rien des colonnes et des marbres dont elle était enrichie par dehors, la couverture en est tombée et l'on ne voit plus rien au dedans qu'un jardin, une terrasse qui règne sur l'épaisseur du mur et des chambres souterraines. Il y a plusieurs murs concentriques qui formaient autrefois différents étages et allaient toujours en diminuant jusqu'à un dernier oîi était la statue colossale d'Auguste*. »

Cependant la famille Correa avait adossé au mausolée une habitation qui prit le nom de Palazzo Correa ; le monument luimême devint bientôt la Correa et l'est resté longtemps. C'est alors que" le mausolée changea encore une fois de destination, il devint une arène pour des courses de taureaux.

Le mausolée n'avait pas encore fini le cours de ses destinées : il devint, en l'an 1804, un cirque français.

Malgré les interdictions de Léon Xll et de Pie Mil, on continuait à y donner des combats de taureaux : la preuve en est que le gouverneur régla, en 1829, la façon dont on devait introduire les bêtes dans la ville'. Plus tard, en 1834, une troupe de cirque dans laquelle figuraient plusieurs sujets trançais, se montra de nouveau dans la Correa.

En i838, elle avait encore subi une métamorphose et était devenue un lieu de délassement et de rencontre ; le soir, un orchestre y jouait et, dans l'ombre, les uns assis écoutaient, les autres se promenaient jusqu'à ce qu'un feu d'artifice terminât la fête».

Le Domaine, ayant succédé, en 1870, à la Chambre apostolique, loua le mausolée au comte Telfener qui y mit une coupole et y donna des spectacles; il en fut dépossédé en 1888. Rede-

1. Archiv. di Stato, Relazioni dei Dirri. Buste IV. p. igi. Relation du lieute-j liant en date du i" mai i5i)8. Le four se trouvait près de S. Giacomo.

2. l''oyjge d'un Français en Italie, Venise, 1-6), vol. IV, p. i:.

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