LA COLONNE DE MARC-AURÈLE
(Colonne Aktonine.)
Cette colonne, qui se dresse au centre de la place Colonna, est une imitation de la colonne Trajane; elle a, comme elle, cent pieds romains de hauteur et c'est pourquoi on lui donnait parfois le nom de Columna centejiaria divi Marci ou divonim Marci et Faustinœ; on l'appelait aussi Columna cochlis à cause de la spirale que forment les bas-reliefs dont elle est décorée ou peut-être parce que son escalier intérieur est en colimaçon. La colonne Trajane a été, elle aussi, souvent désignée de la même façon, comme il a été dit.
La colonne de xALirc-Aurèle est destinée à commémorer ses victoires sur les Daces et les Marcomans (172-175); à quelle date fut-elle érigée r on ne le sait pas au juste; sûrement après sa mort. Elle a 2(j mètres environ de hauteur, chapiteau compris ; 26 mètres sans le chapiteau, et 4 mètres de diamètre à la base; elle est formée de vingt-six cylindres de marbre de Luna ; au
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centre se trouve un escalier de 2o3 marches éclairé par cinquantesix fenêtres. Le chapiteau est d'ordre dorique ; il supportait la statue de l'empereur et peut-être celle de sa femme Faustine ; actuellement on y voit la statue de saint Paul, en bronze, que le pape Sixte V y a fait placer. Les spires que forment les basreliefs sont au nombre de vingt et représentent des épisodes des guerres avec les barbares' : un camp romain, le passage du Danube sur un pont de bateaux, l'empereur haranguant ses troupes, le siège d'une ville, une bataille rangée, l'armée désaltérée par une pluie opportune, la soumission des ennemis, Marc- Aurèle à cheval devant ses troupes, le retour triomphant de l'armée après l'incendie des villes barbares
Les sculptures de la colonne Antonine diffèrent sensiblement, par l'exécution, de celles de la colonne Trajaue. Pourtant on observe que bien des détails de la colonne Antonine ont été copiés de la colonne Trajane, probablement d'après les cartons qu'on avait dû conserver. Les personnages sont plus serrés les uns contre les autres, les ombres plus heurtées, le dessin plus conventionnel. Une Victoire écrivant sur un bouclier coupe la suite des reliefs en deux séries, dont la première raconte les guerres contre les Marcomans et les Quades, la seconde, les guerres contre les Sarmates et les lazyges, mais l'ordre chronologique n'est pas suivi scrupuleusement. Le type des Germains est assez fidèlement opposé au type des Sarmates que distingue leur front fuyant; de même le type sémitique du Syrien Claudius Pompeianus, gendre de l'empereur, est bien rendu. La scène du miracle de la pluie est traitée avec un art étrange : la figure, tout à la fois calme et monstrueuse de Jupiter Pluvius, domine de ses bras ruisselants l'armée romaine rassasiée, l'armée barbare dispersée par l'orage. On a longtemps cru que le sculpteur avait représenté un miracle accompli par Dieu à la prière d'une légion chrétienne à laquelle Marc- Aurèle aurait donné, par suite, le nom de Fulminata ; la légende est fausse; il n'est pas impossible, toutefois, qu'elle ait au moyen âge contribué à préserver la colonne.
Le piédestal était fort élevé, la moitié en est enfouie sous le sol qui s'est exhaussé de près de 4 mètres ; sur le haut de la partie enfouie étaient sculptées des \'ictoires tenant des guirlandes.
La colonne avait un gardien spécial; il existe dans la Galleria L^ipidaria du \'atican une inscription sur marbre par laquelle
I. Reproduits de façon intéressante dans D. Magnan, La \'ille de Rome... Rome, 1778, vol. Il, et dans l'œuvre de l^irancsi.