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LA MAISON DES VESTALES

comme un ex-voto dans une église. L'une d'elles, par exemple, Flavia Publicia, qui vivait vers l'an 247 de notre ère, est mentionnée sept fois dans les piédestaux, par sa nièce, par deux ofticiers, par le sous-intendant d'une maison religieuse... ; une de ses statues est presque à l'entrée, du côté du temple de Vesta; le sculpteur lui a donné grand air et le graveur a rappelé l'assiduité avec laquelle elle avait entretenu « durant les jours et les nuits dans un esprit de dévotion les feux éternels ». Tout proche est une inscription en l'honneur d'une grande-vestale « admirable par sa chasteté et sa pudicité ainsi que par sa profonde science des choses de la relig-ion.... » Mais son nom a été martelé. C'était la coutume des Romains de se contenter de faire disparaître ainsi le nom des personnes qui avaient démérité sans détruire complètement l'inscription. Or cette base fut élevée par le Collèg-e des pontifes en l'an Sôq et l'on sait qu'un peu après cette époque une grande-vestale donna au monde païen le scandale d'une conversion au christianisme. On a également identifié les effigies de :

— Occia, qui présida le collège des \'estalos de 3o à k; avant J.-C.

- N'ibidia, qui défendit Alessaline quand ses infamies furent dévoilées à Claude.

— Cornelia Alaxima, assassinée par ordre de Domitien....

Au fond de la cour s'ouvre le tablinum, la salle des réceptions, à laquelle on accède par un degré de quatre marches, encadré par deux colonnes. Sur cette salle donnent six petites pièces; le nombre des \'estales ayant été de six, excepté vers la fin de l'Empire où il fut porté à sept, il est possible que ces pièces fussent leurs salons particuliers. A côté de ces salles est une cour dans laquelle se trouvent deux puits du moyen âg"e. De l'autre côté, du côté de la Nova \'ia, on voit dans une petite salle une meule qui ne pouvait être tournée que par un homme ou un âne, vu l'exiguïté de l'emplacement. Le premier élag-e où se trouvaient les chambres des X'estales a complètement disparu; on a trouvé trace des escaliers qui y conduisaient. Quelques restes de salles de bains se voient de-ci de-là. Une série de boutiques existaient du côté du temple de \'esta, ce sont des pièces s'ouvrant sur le dehors et n'ayant aucune issue vers l'intérieur.

Ln l'an .Mjq, l'oflicedes N'eslales fut supprimé cl leur habitation servit de bureau aux agents du fisc. Llle devint peut-être plus tard une habitation particulière. Récemment on a retrouvé dans un egout situé près de l'escalier un trésor de .3<^7 monnaies d'or

8o LES .MONUMENTS ANTKjUES DE ROME.

dont beaucoup sont d'origine étrang-ère; les plus récentes datent de Léon I" (407-474).

Quand il fallait pourvoir au remplacement d'une Vestale, le grand-pontife désignait vingt fillettes de moins de di.x ans choisies dans les meilleures familles, exemptes de défauts physiques et n'étant ni sœur d'une Vestale ni fille d'un augure ou d'un flamine ; le nom de l'une d'elles était tiré au sort; cette opération eut lieu d'abord sur le Forum, puis au Sénat. Quelquefois les parents offraient leur fille au grand-pontife. L'honneur d'être choisie était recherché. L'empereur Tibère donna plus de deux millions en l'an 17, à la fille de Fonteius Agrippa pour la consoler d'avoir été écartée. Lors de Vinauj^iiratio d'une nouvelle \'estale, on lui coupait les cheveux et on l'habillait de blanc. Pendant dix ans on enseignait aux Vestales leurs devoirs, pendant dix ans elles les accomplissaient, pendant dix ans encore elles les enseignaient aux novices. Après quoi elles redevenaient libres et pouvaient se marier. Cependant la plupart préféraient demeurer Vestales. La plus ancienne recevait le titre de Virgo Vestalis Maxima. La mission des Vestales était d'entretenir le feu sacré avec du bois d'arbres réputés heureux, d'aller chercher de l'eau à des sources particulières, de préparer les gâteaux destinés aux sacrifices, d'invoquer les dieux, d'assister à certains sacrifices.... En revanche, elles jouissaient de nombreux privilèges; elles étaient émancipées, elles avaient le droit de circuler en char et ne payaient pas d"impôt sur leurs chevaux : un licteur marchait devant elles; le consul devait leur céder le pas; s'il leur arrivait de rencontrer un condamné à mort quon menait au supplice, il avait la vie sauve ; elles menaient une existence luxueuse car la Maison possédait de vastes propriétés.

LA REGL\

Entre le temple de Castor, la .Maison des \'estales. le temple d'Antonin et la basilique /Lmilia sont entassées une infinité de ruines appartenant à des monuments divers : la Regia. les arcs de triomphe d'.Vuguste, le temple et les rostres du Divin Jules. • La Regia servait de dépôt d'archives et de salle de réunions^ au collège des pontifes; sur les parois extérieures étaient appli-j quées des tables contenant les « fastes triomphaux » et les « fastes consulaires » qu'on voit en partie au musée du Capi-* tolc'. Les armes de Mars y étaient conservées ainsi que leî

1. Sur la valeur liisloriquc i.|u'il convient de leur accorder, voir l'article dij .M. l'i^iauiùl dans \cJoiirnal Jcs S.i\\iiil.<.iâcccmbrc lyiO.

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