‹ Les monuments commémoratifs de la province de Québec 1923Chapitre 100 sur 115 · PLACE PHILIPS, À MONTRÉAL · texte numérisé non relu

PLACE PHILIPS, À MONTRÉAL

A Statue du roi Edouard VII de la place Philips, à Montréal, fut dévoilée par Son Altesse Royale le duc de Connaught, le ler octobre 1914.

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teur de l’‘‘entente cordiale ”’.

M. Maurice Hodent, publiciste français, décrit ainsi le monument d’Edouard VII :

‘ Le roi Edouard VII est représenté dans l'attitude qu’il Savait prendre quand il sentait la grandeur de ses fonctions. Il est en costume de gala, revêtu du lourd manteau doublé d’hermine, protégeant la couronne d’un geste de la main gauche et tenant de la main droite le sceptre. Tous les détails du costume sont minutieusement vrais.. M. Philippe Hébert a su très heureusement tirer parti de l'ampleur du manteau, de son poids, de l'épaisseur de ses plis. Il lui a fait exprimer la noblesse du mouvement et la suprême dignité de la fonction royale. Ruskin dit, dans les Sept lampes de l'architecture, que les sculpteurs chrétiens et modernes, se souciant moins que les anciens de la pureté des lignes du corps, ont cherché à exprimer par la draperie “ l'esprit du repos, d’un repos sain et sévère ”, tandis que les sculpteurs grecs ne demandaient aux draperies, toujours légères, qu’une impression de mouvement. Ainsi M. Hébert a très heureusement tiré parti d’un costume dont il ne lui était pas possible d’atténuer le poids. Il en a obtenu une expression de calme majestueux.

‘* Les quatre groupes allégoriques qui entourent le piédestal Sont très heureusement choisis. Le premier représente les quatre nationalités qui sont prédominantes au Canada, anglaise, française, écossaise et irlandaise. Chacune se fait autant reconnaître par les traits de son visage et par le type caractéristique de sa race que par l'emblème qu’elle porte.

‘ Le deuxième groupe représente l’Abondance, répandue au Canada par l'Agriculture, par l Industrie et par l'Etude. Ce sont ces deux groupes qui ornent les côtés. Ils s’harmonisent bien avec la gravité du monument et sont, croyons-nous, d’un bel effet sous la patine du bronze.

‘ Derrière le piédestal, un génie aux ailes déployées brise une lourde chaîne. Il symbolise la royauté rompant d’un seul coup avec les préjugés et avec la persécution religieuse: allusion à l’acte

décisif du roi Edouard VII, modifiant le serment archaïque du couronnement où le roi d'Angleterre jurait de persécuter la religion catholique. L'idée est rendue avec simplicité et le mouvement est heureux.

‘ Sur la face antérieure du piédestal est assise /a Paix Armée élevant au-dessus de sa tête le rameau d’olivier. L’épée sur ses genoux est à demi-cachée par une draperie. Sa main gauche s’appuie sur un grand écusson orné d’une figure d’enfant apportant des fruits et un rameau de chêne. Cette figure est calme, d’une sereine quiétude. C’est de la vie, maïs de la vie qui écarte les passions haineuses et nous épargne la souffrance.

‘* Ainsi, le monument de Philippe Hébert offre une belle unité. Il a la gravité qui sied pour commémorer ce roi qui fut fidèle aux traditions, mais qui sut harmoniser son règne et le fit servir à l’œuvre de la paix (1).”

Le piédestal du monument du roi Edouard VII fut dessiné par un architecte de talent, M. Umbdenstock.

Ajoutons que le monument porte les deux inscriptions suivantes :

KING EDWARD VII IN MEMORY OF A MUCH LOVED SOVEREIGN THE CITIZENS OF MONTREAL

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