COIN DES RUES CRAIG ET SAINT-DENIS, À MONTRÉAL
teur Kimber, de Montréal, ayant remarqué l'intelligence
précoce du jeune Chénier, se chargea de son instruction. Le 25 février 1828, Chénier était admis à la pratique de la médecine, et s’établissait à Saint-Benoît. En 1831, il épousait la fille du docteur Labrie, de Saint-Eustache, et, peu après, transportait son domicile dans cette dernière paroisse.
A la bataille de Saint-Eustache, le 14 décembre 1837, c’est le docteur Chénier qui commandait les Patriotes. Il fut tué dans le cimetière de la paroisse, en ralliant sa petite troupe.
Nous empruntons au Guide de Montréal, de M. Leblond de Brumath, l’histoire du monument Chénier :
[hr sir Chénier était né à Longueuil en 1806. Le doc-
‘ L'idée d’ériger un monument au docteur Chénier date de 1887. En juin de cette année, un mouvement se fit parmi la population canadienne-française, pour exhumer les restes mortels du patriote enterrés à Saint-Eustache, afin de les déposer sous le monument des Patriotes, au cimetière de la Côte-des- Neiges.
‘Le docteur Marsil, qui s’était chargé d’obtenir l’autorisation nécessaire de la part des autorités civile et religieuse, pour exhumer la dépouille mortelle du patriote, s’adressa d’abord au grand-vicaire du diocèse de Montréal, M. l’abbé Maréchal, remplaçant temporairement Mgr Fabre qui était à Rome. Le grand-vicaire ayant donné la permission demandée, le docteur Marsil fit déterrer les cendres de Chénier. Mais, au moment où l’on se disposait à les transporter à Montréal, Mgr Fabre arrivant de Rome, refusa de confirmer l’autorisation accordée par son grand-vicaire.
“C’est alors qu’un grand nombre de citoyens songèrent sérieusement à ériger un monument au héros de Saint-Eustache, dans le village même où il s’était illustré. Mais on dut abandonner ce projet en face de l’opposition soulevée par une certaine partie des habitants de cette paroisse.
“ Après cet échec, il s’écoula quelques années avant qu’un second mouvement fut tenté. Mais, en 1893, grâce à l'initiative de M. Honoré Mercier, on pensa de nouveau à l'érection du monument.
‘“ L'érection de ce monument fut bien vue du public en général. Cependant, une certaine opposition fut suscitée par quelques descendants des adversaires des patriotes de 1837. Le comité ne se laissa pas intimider, et continua quand même son œuvre avec l’aide qu’il reçut, non-seulement des Canadiensfrançais, mais aussi de la part de plusieurs Anglais.
‘“ Le plus difficile fut d'obtenir de la cité un emplacement pour la statue, et ce ne fut pas sans peine que la permission et la place furent accordées.
‘ Une fois en possession du terrain, le comité du monument redoubla d'efforts pour compléter son œuvre. La statue fut commandée chez W.-H. Mullins, de Salem (Ohio), et le modèle en fut fait par le sculpteur Peltzer. M. Joseph Brunet, de la Côte-des-Neiges, fut chargé du dessin et de la taille du piédestal.
‘* Ce dernier a un peu plus de vingt pieds de hauteur, statue comprise. La statue a six pieds et demi de haut. Le monument se compose de cinq blocs de granit gris, à l'exception de celui où est l'inscription (1837-1895—Chénier) qui est, celui-là, de couleur rose. Chénier est représenté au moment où il commandait ses soldats improvisés. De sa main gauche il tient un fusil, tandis que de son bras droit, tendu en avant, il indique l’ennemi. Cette statue est en bronze repoussé.
‘ Dans l’intérieur du monument, une plaque de plomb, sur laquelle sont inscrits les noms des membres du comité et des souscripteurs, a été déposée. La voici :