LA STATUE DE GRIGNON DE MONTFORT
À NOTRE-DAME-DE-MONTFORT (ARGENTEUIL
Grignon de Montfort, que l’Eglise a déclaré bienheureux, est le fondateur des Pères Missionnaires de la Compagnie de Marie.
Ce sont les Pères de Marie qui ont fondé l’Orphelinat de Notre-Dame-de-Montfort. En 1923, on célébrait le quarantième anniversaire de la fondation de cette institution en inaugurant une statue du bienheureux Grignon de Montfort. La fête eut lieu le 2 octobre 1923. La Presse du 13 octobre 1923 résumait ainsi le discours prononcé par le Père Chupin, assistant de la Congrégation des Missionnaires de la Compagnie de Marie et visiteur au Canada, lors de la bénédiction de cette statue.
“ Il y a un peu plus de deux cents ans s’éteignait en France un prêtre, jeune encore, dont le plus grand désir aurait été de venir au Canada se consacrer à l’évangélisation du pauvre et de l’abandonné. Ce missionnaire au cœur de feu, retenu par son obéissance à la voix du Vicaire de Jésus-Christ, dut rester dans sa patrie. Ce qu’il n’a pu faire lui-même, ses fils l’ont fait. Ce prêtre, en effet, était le fondateur de deux congrégations : les Missionnaires de la Compagnie de Marie et les Filles de la Sagesse. Peut-être, si Dieu lui avait prêté la vie un peu plus longtemps, aurait-il adjoint à ses deux congrégations naissantes une troisième : celle de Frères enseignants ; mais Dieu le retira du monde et ses deux congrégations -suffisent à sa gloire. Ce prêtre, c’est le bienheureux Père Louis-Marie Grignon de Montfort. ,
“ Après un rapide coup d œil sur 1 œuvre des premiers
enfants du bienheureux au Canada : les Pères Fleurance, Bouchet et le Frère Hugolin, l’orateur nous montra les deux grands amours du Père de Montfort : son amour pour les enfants, puisé dans l’amour qu’il avait pour Notre-Seigneur. Jésus avait dit . “ Laissez venir à moi les petits enfants. C est a ceux qui leur ressemblent qu’appartient le royaume des deux.” Montfort comprit. Aussi, le voyons-nous operer son premier miracle en guérissant un enfant malade de la teigne, qui lui était présente par sa mère. Tout petit, n était-il pas déjà 1 ami des enfants . Ne les réunissait-il pas auprès de lui pour leur faire réciter le chapelet et chanter des cantiques à la sainte Vierge ?
“ Mont fort aima Notre-Seigneur jusqu’à la folie, et disons le mot, jusqu’à la folie de la croix ; privations, souffrances de toutes sortes, rien ne le rebutait ; bien plus, il les recherchait. Ne l’entend-on pas s’écrier un jour où tout semblait aller à merveille : “ Point de croix, quelle croix ! ” Aussi, la statue le représente-t-elle, ici, la croix à la main et le sourire aux lèvres. C’était joie en effet pour lui de prêcher Jésus et Jésus crucifié.”
La Presse ajoutait :
“ Sis au milieu des Laurentides, à 1,250 pieds d’altitude, dans un milieu de verdure enchanteur, cet orphelinat abrite 400 enfants de 6 à 10 ans, à quelques exceptions près, qui lui sont confiés par la ville de Montréal et la province de Québec. A voir leurs figures rondelettes, leur teint vigoureusement coloré, nul ne peut douter de la salubrité du climat sous lequel ils vivent. La proximité des forêts et son altitude donnent un air pur et frais, ^ autant d’éléments de santé.
“ Inutile de reprendre tout l’historique de cette institution ; disons et redisons ici, seulement, un mot de rectification au sujet d’une opinion erronée touchant cet orphelinat. Pour cela, empruntons la parole d un ancien de IMontfort, qui disait ces mots, lors du vingt-cinquième anniversaire : “ Mont fort n’est pas, ainsi que certains se l’imaginent, une école de réforme. Nous l’avons pas à déprécier les institutions de ce genre, elles ont leur rôle necessaire et bienfaisant. Mnis ceux qui sont envoyés ici ne sont pas des délinquants ; ce sont des enfants sous tutelle auxquels on ne peut reprocher d autre crime que la pauvreté et le malheur d etre orphelins. Nous, les anciens, nous n’avons pas a rougir de notre humble origine, car pauvreté n’est pas vice ; mais n étant pas des repris de justice, nous tenons à n’en pas porter la pénible réputation... Nous n’aimons guère que l’on nous dise : “ Vous venez d’une école de réforme ”, et on a grand tort de nous humilier ainsi. Nous avons assez souffert moralement d etre orphelins. Nous faire passer pour des vauriens et des sacripants, c est manquer de charité et aussi de jugement. ” Nous ne pouvons que nous associer à cette verte protestation contre des imputations aussi gratuites que préjudiciables. Erreur n’est pas compte: nous avons confiance qu’on trouvera légitime une susceptibilité jalouse de son honneur et qu’on y fera bon droit.”
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LE MONUMENT AUX HÉROS DE LA GRANDE GUERRE