‹ Les monuments d'art de la Primatiale de Lyon, détruits ou aliénés pendant l'occupationChapitre 7 sur 9 · POSTFACE · texte numérisé non relu

POSTFACE

En parlant plus haut (page 75) du cor attribué à Roland, le paladin de Charlemagne, j'ai dit qu'on ignorait ce que cet objet d'art était devenu. Depuis lors, M. Morel de Voleine a bien voulu me faire connaître diverses circonstances qui ne permettent plus de douter que ce cor existe encore, et qu'il est dans les meilleures mains, quoique bien loin de la France. M. Charles Louis, marquis de Mont d'Or (i) ayant obtenu du district de Lyon, en 1793, sa restitution, le conserwi pieusement comme un souvenir historique et de famille ; mais ayant péri, peu de temps après, sur l'échafaud, avec son fils, sa fille Eléonore Gabrielle, veuve en premières noces de M. Desgouttes de la Salle, s'étant remariée avec M. Claude-Frédéric de Rauquelande, chevalier de Saint-Louis, à Vitry-le-Français, ce dernier fit hommage du cor, en 1829, à Monseigneur le comte de Chambord, par l'entremise de M. le baron de Damas. Le royal exilé l'emporta avec lui sur la terre étrangère, et en a orné son salon de Frohsdorf où le voient les nombreux

(i) Charles-Louis de Mont-d'Or avait épousé, en 1768, Eléonore- Maric-Louise Savary de Brèves.

Le dernier survivant des marquis de Moni-d'Or a été César de Montd'Or, chanoine de Saint-Just, fils de Louis Benoit de Moni-d'Or et de Gabriclle-Eléonore-Michel de Villard. (Notes de M. Morel de Voleine).

\îsiteurs du petit-fils d'Henri IV. De ce nombre est, entre autres (i) M. de Montrichard, allié de la famille de Damas, qui a certifié à M. Morel de Voleine d'avoir aussi vu ce cor dans le salon de Frohsdorf.

Je ne saurais terminer non plus cette étude sur les monuments d'art de la Primatialc sans exprimer un regret, celui d'avoir vu enlever le dais qui était suspendu jadis à la voûte du chœur, au-dessus du maître-autel. C'était de tradition ancienne ; ce dais tenait lieu de l'ancien ciboriutii. Mgr le cardinal de Bonald était un prêtre instruit, pieux, animé des meilleures intentions et amateur de l'art, mais il était étranger à Lyon, et ne connaissait pas les usages dé son Eglise. Élevé à Saint-Sulpice, de Paris, il voulut introduire dans sa cathédrale les us et coutumes de Paris, et son pre*mier soin fut de faire enlever ce dais qu'on voit dans toutes les anciennes gravures qui représentent le chœur de Saint- Jean, et de placer dans ccchxurun buffet d'orgue. Le plain-chant, seul usité dans l'Eglise de Lyon, fut aussi supprimé et dut céder la place à la musique et au>c plus regrettables innovations liturgiques.

LÈopoLD NIEPCE.

(i) Voir aussi sur ce cor et sur la famille de Mont-d'Or : « L'Hist. de l'ancien gouvernement de Lyon, par MM. Morel de Vdckie et H. de Qiarpin. Lyon, Perrin, 1854, pages n à 27.

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