FIG. 120 & 121. OMKARGI. RUINES DU TEMPLE DE SIDESWAHRA
MONUMENTS DE MUTTRA. (Kg. 122 à 124.)
Muttra où Mathura, située à 56 kilomètres Nord d’Agra, est une des plus importantes cités de l'Inde; elle était déjà célèbre du temps des Grecs sous le nom de Methora; Pline et Ptolémée la mentionnent. C’est à Muttra que, suivant la légende, Vishnou s’incarna sous la forme de Krishna.
Lorsque Hiouen Thsang visita Muttra, en 634 de notre ère, les monastères et les temples y étaient nombreux. Il ne reste rien aujourd’hui de l’ancienne ville, qui s’est, du reste, comme beaucoup de villes hindoues, déplacée plusieurs fois.
Quand Fa Hian visita l’Inde au commencement du cinquième siècle, il trouva à Muttra vingt grands monastères bouddhistes habités par 3.000 moines; quand Hiouen Thsang explora la même place, 634 après J.-C., le nombre des moines était encore de 2.000 et la ville très florissante, Cette prospérité dura jusqu'aux invasions musulmanes.
À l’époque où Muttra fut pillée et détruite par Mahmoud de Ghazni, en 1017, c'était une magnifique cité, et le conquérant musulman fut émerveillé par la vue de ses monuments. Voici comment il s’exprime dans une lettre déjà citée, adressée à un de ses généraux : « Cette ville merveilleuse renferme plus de mille édifices, la plupart en marbre... Si l’on calcule largent qu'ont dû coûter tous ces monuments, ce ne serait pas trop de l’estimer à plusieurs millions de dinars; et encore faut-il dire que pareille cité ne pourrait être construite même en deux siècles. Dans les temples païens, mes soldats trouvèrent cinq idoles d’or, dont les yeux étaient formés de rubis d’une valeur de cinquante mille dinars (656.000 fr.); une autre idole portait comme ornement un saphir pesant quatre cents miskals, et l’image elle-même produisit à la fonte quatre-vingt-dix-huit miskals d’or pur. Nous trouyàmes en outre, une centaine d’idoles d’argent représentant la charge d'autant de chameaux. » La valeur métallique des idoles enlevées par Mahmoud dépassait sept millions de francs.
Prise et détruite bien des fois par des conquérants divers, Muttra à été plusieurs fois reconstruite entièrement; ses édifices démolis ont servi à édifier les monuments nouveaux. C’est aujourd’hui une cité toute moderne, ne possédant pas d’édifices importants. De son passé, il n’est resté que quelques statues gréco-bouddhiques et jaïnas (fig. 122), récemment découvertes dans des fouilles et qui semblent contemporaines du premier siècle de notre ère, à en juger par les inscriptions trouvées dans leur voisinage. Si l’on pouvait démontrer rigoureusement qu’elles furent contemporaines et édiliées dans la même ville, on aurait une nouvelle preuve du peu d'influence que l’art grec a exercé sur l’art hindou, conformément à ce que nous avons expliqué dans un autre chapitre.
Bien que Muttra ne possède plus de monuments remarquables, c’est une des villes les plus pittoresques de l'Inde. Il n’en est que quelques-unes, telles qu'Amritsir et Lahore, dont les maisons soient aussi artistiques et aussi gracieusement ornées.
Parmi les édifices de Muttra, on ne peut guère mentionner que la tour Sati-Bauri (fig. 123 et 124), bâtie en 1370 par la femme du rajah de Jeypor. Son nom lui vient de ce qu’elle aurait été élevée sur l’emplacement du bûcher où se serait brülée la veuve d’un prince tué par Krishna. La hauteur du monument est d'environ 17 mètres.
Une circonstance bizarre nous a rendu diflicile la photographie de ce monument; nous étions raient, s’agitant et bondissant sur les moindres
gènés par la multitude des singes qui le couv Ces animaux
saillies; nous ne pouvions les chasser complètement, malgré tous nos efforts.