‹ Les monuments de l'Inde, ouvrage illustré d'environ 400 figures, héliotypies, dessins, cartes et plansChapitre 62 sur 93 · SOUS LE RÉGNE D'AKBAR · texte numérisé non relu

SOUS LE RÉGNE D'AKBAR

firent tous leurs efforts pour combiner leurs

deux architectures. Beaucoup de monuments de cette époque, ceux de Futtehpore-Sikri, par

RAJPUTANA

Ludo

exemple, sont beaucoup plus hindous que musulmans. Plus tard, sous Shah Jehan (1628- 1658), auquel appartiennent les plus riches monuments de la période mogole, cet esprit de tolérance disparait, et l’influence des Hindous ne se montre plus que dans certains détails. Les ornementations en relief, si chères à ces derniers,

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sont supprimées. Le Taje n’en contient pas toute son ornementation extérieure est formée

uniquement de maigres mosaïques.

L'emploi d’arcades dentelées, de dômes bul-

beux, d’incrustations de pierres précieuses sur

Fig. 267. — Carte de l'Inde musulmane à la fin du XVI® siècle.

marbre blanc, et quelquefois, mais rarement, le revêtement des mosquées en briques émaillées, forment les éléments dominants du style mogol à l’époque de Shah Jehan.

Le style dû à l'influence des Mogols disparut graduellement avec eux. Il ne se fait plus guère aujourd’hui de constructions importantes dans ce style, alors que le style hindou se maintient toujours, et que les autres styles musulmans persistent dans les régions où les disciples du Prophète ont conservé quelque pouvoir, le territoire du Nizam, par exemple.

La courte esquisse qui précède suflira à justifier le plan que nous avons adopté pour la description des monuments musulmans de l'Inde. Ils seront, comme nous l'avons fait pour les monuments hindous, étudiés contrée par contrée; et, comme dans chaque contrée tous les monuments importants se trouvent concentrés dans la capitale, ce seront les monuments d’un petit nombre de villes que nous aurons à décrire. Les expressions : architecture de Lahore, de Bijapour, ete., désignent en réalité l'architecture des contrées dont ces capitales furent le centre, contrées aussi vastes souvent que nos empires européens.

En dehors des monuments des anciennes capitales, nous ne mentionnerons que ceux qui présenteront quelques formes caractéristiques. Vouloir décrire tous les monuments musulmans existant encore dans l’Inde exigerait une étude dont l'intérêt ne saurait compenser la longueur.

L'influence musulmane s’est manifestée à peu près partout dans l’Inde : je l’ai retrouvée dans des régions où les Musulmans ne pénétrèrent jamais. On la retrouve également dans le Sud de linde, qui possède non seulement des mosquées construites par les Musulmans, mais encore des palais musulmans, celui de Madura, par exemple. Cette influence, jadis si puissante, ne l’est plus au même degré aujourd’hui : elle est cependant très vivante encore.

Prenant pour base les indications qui précèdent, nous avons divisé en deux chapitres les monuments musulmans dont l’Inde est couverte.

1° Architecture musulmane antérieure à la période mogole (anciens monuments de Delhi, monu-

ments d’Ajmir, Bijapour, Golconde, etc.) ;

2° Architecture de la période mogole (monuments d’Agra, Delhi, Lahore, ete.).

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