LA MAISON DU ROI OU TRESORERIE
Aupr'ès du palais^ sur hi |)lace du Salin, s'élevait la tour cari'éc de la Trésorerie, llaurpiée de deux ailes couronnées couinic <'lle de màcliicoulis. Le logis élait a[)pelé la Maison du roi, el, dans SCS salles, se recueillaient la recelle du doniaiiie, les litres d'achats, de reconnaissances et d'Iionuuages, et se jugeaient les procès concernant les domaines royaux.
Le roi Louis XI, logé à la Trésorerie, venait d'y arriver, le 20 mai i463, peu de jours après l'incendie qui, parti de la rue Sescjuière, avait dévoré un g-rand nombre de maisons de la ville. 11 fut attiré à la fenêtre par le tumulte de la foule accourant pour voir pendre le boulanger et sa femme, accusés d'avoir mis à leur boutique le feu si fatal. Le roi s'informa, fut pris de pitié pour
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ces malheureux, coupables tout au plus d'imprudence, et les fit délivrer. Mais tel avait été leur saisissement qu'ils moururent le lendemain.
Le monument ne devait pas avoir été reconstruit depuis longtemps lorsque le roi y arriva, car il portait les caractères de la seconde moitié du quinzième siècle.
Il était entré, depuis les dernières années du dix-neuvième siècle, dans l'enclos des relig-ieuses de Notre-Dame.
Aujourd'hui métamorphosé en temple protestant disposé dans les formes g-othiqucs en 1910 et 191 1, il a perdu les salles carrées
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de la tour, s'il en a gardé les profils dominateurs encore sur la façade. Les deux salles sur l'impasse, l'une la cuisine, avec sa cheminée monumentale; l'autre à deux travées voûtées, dont les culots sculptés en figures d'animaux ont été replacés sous les arcs de la petite abside du temple, ont été transformées et leurs fenêtres carrées à meneaux en croix remplacées par d'étroites fenêtres en tiers-point.
L'aile sur la place, reconstruite, est devenue une maison d'habitation.
Il ne reste guère de l'ancienne ornementation qu'une porte gothique sculptée s'ouvrant sur une cour intérieure.
Entre les branches d'un arc en accolade orné de crosses en chou frisé, deux anges soutiennent Técu fleurdelisé surmonté de la couronne royale, martelée, ainsi que les lis. L'allure des anges n'est déjà plus celle du Moyen âge, et les petits g-énies ailés qui se courbent sous les pinacles accompagnant l'arc en accolade, montrent les nus modelés, les musculatures accentuées, inspirés par l'art italien.
La porte se différencie par ce caractère nouveau d'une autre que l'on voit tout auprès à l'entrée de la rue du Languedoc, ancienne rue du Vieux-Raisin, et auparavant de Bernard Parayré, nom de l'ingénieur des guerres de la croisade. Contemporaine ou à peine antérieure, elle montre aussi un arc en accolade se détachant sur des traceries gothiques, escaladé par des animaux fantastiques de fière allure et de hardi mouvement. Cette composition plus toufl^ue, évidemment d'inspiration toulousaine, amène à penser que la porte de la Trésorerie d'une élégance plus fine, mais qui nous paraît un peu grêle, a été sculptée peut-être par un artiste des bords de la Loire envoyé par les officiers du roi.
Catel, p. 2G1 ,
t^AFAiLi.E , Annales de Toulouse, t. 1, [1. ï>G7.