‹ Les moralistes latinsChapitre 125 sur 253 · INJUSTICE · texte numérisé non relu

INJUSTICE

Il y a deux sortes d'injustices dont on peut se rendre coupable : celle que Ton fait et celle qu'on laisse faire, pouvant l'empêcher. Celui qui injustement attaque un homme, qu'il obéisse à sa colère ou à toute autre passion, semble porter la main sur son associé ; celui qui ne prend pas la défense de l'opprimé et ne repousse point l'injustice est aussi coupable que s'il abandonnait sa patrie, ses parents, ses amis. (Cicéron, des Devoirs)

Faire du tort à autrui et augmenter son bien-être aux dépens de ses semblables est un fait plus contraire à la nature que la mort, que la pauvreté, que la douleur, enfin que tous les accidents qui peuvent atteindre ou notre corps ou nos biens. Car c'est briser le lien qui unit l'espèce humaine; et, quand nos passions nous entraînent à dépouiller notre semblable ou à lui faire subir quelque violence, elles ont pour inévitable effet de détruire ce qu'il y a de plus conforme aux volontés de la nature, c'est-à-dire l'union du genre humain. (Le même)

Des forfaits semblables entraînent souvent pour leurs auteurs des conséquences bien différentes. Le même crime vaut à l'un le gibet, à l'autre la couronne. (Juvénal)

L'injustice et la violence enlacent comme un fdet l'homme qui s'en rend coupable; l'iniquité retombe presque toujours sur son auteur, et il est malaisé de mener une vie calme et paisible quand une fois on a violé le pacte social. (Lucrèce)

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