‹ Les moralistes latinsChapitre 156 sur 253 · MÉDITATION · texte numérisé non relu

MÉDITATION

Puisque je suis venu à parler du théâtre, je ne dois oublier ni le comédien Pylade, qui s'illustra clans son art du temps d'Auguste, ni Hylas, son disciple, qu'il instruisit jusqu'au point de devenir son rival. Les suffrages du peuple étaient divisés entre eux. Hylas exécutait un jour une pantomime musicale dont la finale était : « Le grand Agamemnon, » et, en disant ces mots, il se redressait comme pour dessiner une haute stature. Pylade, ne pouvant supporter cela, lui cria de l'amphithéâtre : « Tu le fais long, mais non pas grand. » Alors le peuple l'obligea à exécuter la même pantomime, et, lorsqu'il en fut venu à l'endroit qu'il avait relevé, il prit l'air d'un homme qui réfléchit, persuadé que le principal caractère d'un grand général est de penser pour tout le monde. (Macrobe, SatumaJes, n,7)

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