‹ Les moralistes latinsChapitre 164 sur 253 · MUSES (PROSTITUTION DES · texte numérisé non relu

MUSES (PROSTITUTION DES

La faim, compagne de la misère, le poison distillé dans les festins, un peuple blême, des amis, victimes repues pour le trépas; l'empire se consumant de vieillesse sous le nom de paix, tout ce qu'on nomme notre âge d'or, voilà ce que chanteront les Muses. Elles chanteront le trop déplorable incendie où Rome s'abime avec ses édifices de marbre; magnifique fanal, à les entendre, qui console des ténèbres de la nuit; sublime exploit d'un tyran assassin de sa mère ! Fureurs, voluptés infâmes, épouvantables hymens d'un favori substitué aux droits d'une épouse, monuments d'une délirante passion, voilà ce qui inspirera leurs chants. Et les Muses ne rougissent pas de pareils accords ; elles ne sourient plus au souvenir de leur nom virginal, au souvenir de leur première renommée. Ah ! c'en est fait de la pudeur : le docte cortège affiche l'infamie. Les nobles filles de l'Olympe, élevées au-dessus de l'humanité, affranchies de tout besoin, trafiquent de leur personne sacrée : elles se prostituent à vil prix. Bien plus, oublieuses de leur père, des dieux qui les nomment leurs sœurs, de l'antique renom de leur piété virginale, ô pudeur ! elles se vouent au culte des Furies, des monstres ; elles appellent voix du destin d'impurs arrêts émanés d'un ignoble Titius (1) ; tous les titres du ciel

(1 Officier du palais impérial au temps de Claude et l'un des mmplaisants de Hessalir.9.

sont vendus à l'Érèbe. Déjà elles osent élever des temples impies, des autels sacrilèges. La race des Titans, jadis exclue du ciel, elles la replacent, autant qu'il est en elles, dans les demeures éthérées : elles se jouent de l'univers abusé. (Tubnus)

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