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PARDON

La vengeance, dis-tu, est plus douce que la vie même. C'est là le langage d'une âme brutale, que peu de chose, qu'un rien suffit pour enflammer. Ce n'est pas ainsi que parlaient ni Chrysippe, ni Thaïes, ce génie plein de douceur, ni le vieillard qui habitait près des abeilles du doux Hymette, ce Socrate qui, chargé d'injustes fers, n'aurait pas voulu faire boire à son accusateur la ciguë même qu'il tenait de lui. La philosophie, dont les bienfaisantes leçons nous enseignent la vertu, corrige ainsi peu à peu nos vices et dissipe nos pré-

(1) Ces deux vers d'Agrippa d'Aubigné rendent assez exactement le vers de Sénèque, dont ils sont probablement une imitation.

jugés. Oui, toujours la vengeance est le plaisir d'une âme étroite et petite, d'un cœur pusillanime. (Juvéxal)

Pardonne souvent aux autres, et ne te pardonne rien. (Publics Syrus)

Pourquoi lui pardonner son offense? — Parce que j'ai l'habitude de mépriser la folie et non de l'imiter. (Cicéron, à Ilérennius)

C'est un méchant qui vous a offensé? N'en soyez pas surpris. Un autre le punira pour vous; le mal qu'il a commis est déjà son châtiment. (Sénèque, de la Colère)

La vengeance passe pour juste ; c'est pourtant un mot inhumain : elle ne diffère de l'offense que par l'ordre du temps, et celui qui se venge n'a qu'un avantage, c'est d'être coupable, avec circonstances atténuantes. (Le même)

N'écoutons pas ceux qui prétendent qu'il faut avoir pour ses ennemis personnels une vigoureuse haine, et que c'est là le signe d'une âme grande et forte. Rien de plus louable, au contraire, rien de plus digne d'un grand et noble cœur, que la douceur et le pardon. (Cicéron, des Devoirs)

Vous vous plaignez de cet homme : fouillez votre conscience, peut-être y trouverez-vous les mêmes défauts ; pour qu'on vous pardonne, pardonnez-lui. (SÉnèque, des Bienfaits)

Pardonner une vieille injure, c'est en provoquer une nouvelle. (Publius Syrus)

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