‹ Les moralistes latinsChapitre 232 sur 253 · VIEILLESSE · texte numérisé non relu

VIEILLESSE

Si nous n'avons pas assez de raison etde sagesse pour dédaigner les plaisirs, il faut savoir bon gré à la vieillesse de nous faire une nécessité de nos devoirs. (Cicéron, de la Vieillesse)

Je suis xieux, — c'est le moment de descendre en moi-même ; dans ce calme de mes sens, dans cette absence de passions, je voudrais démêler ce que je dois à l'âge, je voudrais savoir si c'est impuissance de faire le mal ou volonté de ne pas le faire... Je me dis : « La mort seule peut t'éclairer sur tes progrès vers le bien. Prépare -toi donc avec courage pour cet instant où, sans fard, le masque bas, tu vas pouvoir juger si ta fermeté était dans ton cœur ou sur tes lèvres, si tant de fières paroles lancées contre le sort n'étaient, dans ta bouche, qu'un rôle de comédien. N'en crois point sur toi l'estime du monde; toujours équivoque, elle s'attache au vice comme à la vertu. N'en crois point les études de ta vie entière ; la mort seule, voilà le juge qui prononcera sur toute ta vie (1). » (Sénèque, Lettres)

Qui ne devient sage que quand il est vieux, ne le doit qu'à la vieillesse. (Le même)

La vieillesse n'est qu'une maladie dont on ne guérit point. (Le même)

(1) On sait avec quelle fermeté douce est mort Sénèque ; c'est une des plus belles morts de l'antiquité. (Voir Tacite, Annales, L. 1(5.)

Des vieillards décrépits mendient encore quelques années. Ils se disent plus jeunes et aiment à le croire; ce mensonge leur fait une douce illusion, et ils mentent hardiment, comme s'ils se flattaient de tromper aussi la mort. (Sbnèqub, de ïa Brièveté de la vie)

Une vieille femme, qui aime le plaisir, fait rire la mort. (Publius Syrus)

Le supplice que la nature inflige à ceux qui vivent longtemps, c'est de voir bien des fois leur famille atteinte par la mort, de vieillir dans l'affliction et la douleur, et de ne quitter jamais leurs habits de deuil. (Juvénal)

vieillesse (respect de la)

La jeunesse avait jadis autant d'égards et de vénération pour la vieillesse que si chaque vieillard eût été le père commun des jeunes gens. Ainsi, les jours où s'assemblait le sénat, ceux-ci accompagnaient jusqu'au lieu de la séance quelque sénateur, qui était leur parent ou un ami de leur père, et ils l'attendaient à la porte, afin de le reconduire ensuite chez lui. Cette assiduité volontaire, en fortifiant à la fois leur corps et leur esprit, les préparait au laborieux exercice des charges publiques, et ce modeste apprentissage des vertus qu'ils devaient bientôt produire au grand jour,

les rendait plus dignes de les enseigner eux-mêmes. Allaient-ils à un souper, ils s'enquéraient avec soin de la qualité des convives, de peur d'usurper d'avance la place d'un citoyen plus âgé; le repas fini, ils attendaient que ceux qui étaient assis au-dessus d'eux se levassent, pour sortir de la salle. On peut juger par là combien, à table même, leurs paroles étaient pleines de réserve et de modestie en présence des vieillards. (Valère Maxime, ii, 1)

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