‹ Les moralistes latinsChapitre 4 sur 253 · AMBITION · texte numérisé non relu

AMBITION

Le fonds que la nature assigne à l'homme est bien

modique : on ne naît pas riche; la nature veut qu'au moment de sa naissance l'homme se contente de lait, de langes. On commence par là, on finit par n'être pas content d'un empire. (Sénèque, Lettres)

L'ambitieux se plaint des peines que l'ambition lui cause, mais il en chérit les fruits. C'est une maîtresse qu'il querelle ; ne soyez pas sa dupe : au fond, ce n'est pas de la haine, c'est de l'amour. Quand ces hommes gémissent sous le poids d'un pouvoir qu'ils avaient désiré, quand ils nous parlent de renoncer à des biens dont ils ne peuvent se passer, allez au fond de leur âme; vous le verrez, lorsqu'ils prétendent vouloir se dérobera tant d'ennuis, tous leurs retards sont volontaires. Oui, mon ami, ce n'est pas l'esclavage qui nous retient ; c'est nous qui, d'ordinaire, nous efforçons de le retenir. (Le même)

L'ambitieux souffre doublement de l'envie, de celle qu'il éprouve et de celle qu'il inspire. (Le même)

Dans les entreprises qui ne sortent point du cercle de la vie privée, on peut reculer et demander plus ou moins à la fortune. Mais pour qui veut l'empire, entre le sommet où il vise et les précipices, il n'y a pas de milieu. (Tacite, Histoires)

LA MORALE LATINE 2a

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