EMPLOI DU TEMPS
Nous n'appelons heureux que celui qui, venu au monde en des jours prospères, en est sorti paisiblement. L'espace intermédiaire est au pouvoir de la Fortune, qui, la main au gouvernail , nous procure, à son gré, une navigation orageuse ou tranquille, mais toujours plus bornée que nos espérances, et dont la durée, alors même que nous la prolongeons dans nos vœux avides, se consume presque sans but. Et cependant, si l'on voulait en faire un sage emploi , on rendrait bien longue même une courte existence, en suppléant au nombre des années par la multitude des actions. Que servent de longs jours, si on les donne à l'oisiveté, si l'on songe plus à vivre qu'à vivre honorablement? (Valèke Maxime, ix, 12)