‹ Les moralistes latinsChapitre 95 sur 253 · EXAMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE CONSCIENCE

Tous les soirs, je m'examinerai et ferai la revue de ma journée, pratique essentiellement utile. Ce qui achève de nous pervertir, c'est qu'aucun de nous ne regarde derrière lui. On songe à l'avenir, et rarement; jamais on ne songe à ses actions passées, et pourtant c'est le passé qui nous conseille le mieux par l'avenir. (Sénèque, Lettres)

Au moment de la mort, il faut pouvoir se dire : Jamais, dans toute ma vie, je ne me suis permis un acte déshonorant, une infamie, une bassesse : ma vie a été pure d'avarice, de perfidie ; j'ai été bienfaisant, ami sûr et fidèle, ferme dans le bien, même au péril de la vie... Les honneurs que j'ai pu acquérir, je ne les ai point recherchés par de mauvaises voies. Je me suis plus préoccupé de mon âme que de mon corps, plus de la science que de la fortune. J'ai préféré la pauvreté aux secours d'autrui, j'ai mieux aimé manquer que mendier... J'ai toujours dit la vérité, je l'ai entendue avec plaisir... J'ai demandé peu, j'ai mérité davantage. J'ai prêté à qui j'ai pu, selon mes moyens. J'ai secouru de grand cœur ceux qui le méritaient, j'ai risqué de le

faire même avec ceux qui ne le méritaient pas; et jamais l'ingratitude éprouvée n'a refroidi mon ardeur à faire à d'autres tout le bien que je pouvais. (Fronton, Lettres à Marc-Antonin)

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