Sermon sur la parole de Dieu
le père et le fils, et Attalus, nous donnent l'idée d'une prédication sublime, inspirée et populaire*.
Maintenant, si on veut voir un Fénelon antique, qu'on regarde ce portrait du philosophe Fabianus : a II y a je ne sais quelle grâce et une beauté particulière dans celte abondance facile et paisible où tout coule sans déborder. Ses paroles sont choisies et ne sont pas recherchées, brillantes quoique empruntées au langage ordinaire. Ses pensées, bien que nobles et grandes, ne sont pas resserrées sous une forme sentencieuse. Vous trouverez peut-être qu'il manque de véhémence oratoire, d'aiguillons, d'éclairs.... Il est vrai, chacun de ses mots ne portera pas coup. Mais on se laisse charmer par tant de lumière, et on parcourt sans ennui ces vastes espaces. On sent qu'il est persuadé de tout ce qu'il dit; il n'a en vue que les bons sentiments et le progrès de la vertu.... En un mot, si les détails du discours ne se font pas remarquer, l'ensemble est plein de grandeur^. »
Il ne faudrait pas croire que Sénèque, en homme amoureux de belles paroles, n'exalte ces orateurs que pour leur talent. C'est de leur vertu surtout qu'il rend témoignage, de leur sincérité persuasive, de l'empire qu'ils exercent sur les âmes. Il mesure leur mérite, non