‹ Les moralistes sous l'empire romainChapitre 35 sur 149 · Sermon sur la parole de Dieu · texte numérisé non relu

Sermon sur la parole de Dieu

3. Quiclquid legeris, ad mores statim referas. Leltre LXXXIX.

hautes spéculations ne sont pas sans profit moral, puisqu'elles nous apprennent à mépriser le corps, à révérer notre âme *. Il ne veut que des lectures simples, éloignées des moindres subtilités, bornées aux choses d'une pratique sensible, comme dit Fénelon^. Il faut apporter à ces lectures des dispositions sérieuses, et recevoir les grandes vérités à cœur ouvert, avec foi, de manière à les garder et à les approfondir, non pas seulement les classer dans sa mémoire, mais encore les digérer, les rendre siennes et les mettre en ordre pour les retrouver dans la pralique ^. <i Une suffît pas, dit Nicole, qui semble résumer Sénèque, de savoir ces vérités d'une manière spéculative, ni quelles soient cachées dans quelques recoins de notre mémoire; il faut qu'elles soient vives et présentes à notre esprit^ et qu'elles se présentent lorsqu'il est question de les mettre en pratique; ce qui ne se peut faire si nous n'avons soin de les imprimer non-seulement dans notre mémoire, mais aussi dans notre cœur''.

La méditation doit faire entrer dans le cœur ce que la lecture donne à l'esprit. Gomme les directeurs chrétiens, Sénèque recommande de recueillir quelque pensée salutaire dans sa lecture du jour, et d'en faire un texte de réflexions morales. Tous les jours il faut se fortifier ainsi contre la pauvreté, la mort ou tout autre épouvantail de l'humanité^. Lui-même donne l'exemple de ces méditations, et souvent dans ses lettres il retourne en

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