Satires V
et ma tendre jeunesse fut recueillie par vous, Gornutus^ dans le sein de votre sagesse socratique. »
Me tibi supposui; teneros tu susoipis annos Socratico, Gornute, sinu *.
Alors commença cette éducation morale, celte direction spirituelle dont nous avons parlé. Le jeune homme donne au maître non son esprit à former, mais ses passions à dompter; il est entre^ses mains comme l'argile sous les doigts du sculpteur.
« Une règle invisible, délicatement appliquée, redresse mes travers ; l'homme passionné en moi se soumet à la raison et travaille à se vaincre lui-même ; mon âme prend des formes plus pures sous les mains de l'artiste. Avec vous, je m'en souviens, je passais des journées entières, avec vous je donnais au dîner la première heure de la nuit. Travail, repos, tout était commun entre nous, également réglé, et c'était un modeste repas que celui qui égayait nos graves pensées. Le ciel, n'en doutez pas^ a voulu enchaîner par des rapports constants ma vie avec la vôtre. »
Tecum etenim longos memini consumere soles, Et tecum primas epulis decerpere noctes. Unum opus, et requiem pariter disponimus arabo, Atque verecunda laxamus séria mensa .
Nous aimons à citer ces vers, non-seulement parce qu'ils peignent avec vérité un intérieur domestique et les mœurs philosophiques de Rome, mais encore parce qu'ils ont une certaine grâce facile qui n'est pas ordinaire dans les satires de Perse. Après un premier eûbrt