II
UN POÈTE STOÏCIEN
bétail, donne des petits aux mères! — Ehl comment le peut-il, imbécile! quand tu immoles toutes tes jeunes bêtes? — Qu'importe? il égorge, il égorge toujours; la prospérité va venir, le domaine s'étendre, le troupeau grossir. Cela vient, dit-il, cela vient.... Gela vient si bien que, déconfit, désespéré, il s'écrie un jour en soupirant : Je n'ai plus qu'un écu dans ma bourse .' » Perse ^a plus loin encore et ose condamner certaines dépenses inutiles du culte public. On sait, par exemple, que l'or pris sur les ennemis était porté au Capitule, consacré aux dieux et souvent destiné à embellir 'eurs images. Par cel i que les hommes sont cupides, ils s'imaginent que les dieux le sont aussi; ils prêtent à la majesté divine leurs propres convoitises. Dans un beau mouvement d'éloquence qui rappelle certaines apostrophes de Bossuet, il s'écrie : a 0 âmes courbées vers la terre, étrangères aux choses du ciel! pourquoi porter ainsi dans les temples la bassesse de vos pensées et croire que les dieux seront flattés par ce qui flatte la corruption de la chair! »
G curvae in terras animse, et cœlestium inanes! Quid juvat hos templis nostros immitlere mores, Et bona dis ex hac scelerata ducere pulpa '.
Quel langage nouveau I quel singulier choix d'expressions qui seront chrétiennes! Combien ces vers concis renferment de substance religieuse et morale ! S'ils