Cité de Dieu, TI
liguaient souvent avec elle, et saint Jérôme ne faisait pas
difficulté de dire : « Les stoïciens sont presque toujours \\
d'accord avec nos dogmes, stoïci in plerisqm nostro dog- «
mati concordant'. » L'illusion était naturelle ; et quand
on lit, par exemple, ces vers de Perse sans trop appro-
fondir le sens stoïque de chaque mot, on croit lire des
vers chrétiens : « Instruisez-vous, malheureux, étudiez
les lois de la nature. Sachez ce que nous sommes et dans
quel desseiu nous avons été mis dans le monde, quel est
Tordre établi, comment dans la carrière de la vie il faut
avec précaution tourner la borne et revemr à son pomt
de départ,.... dans quelles limites on peut désirer, a
quoi sert la monnaie reluisante, ce qu'on doit faire pour
sa patrie et pour sa famille, ce que Dieu a voulu que vous
fussiez sur la terre et quel rang il vous a donné dans la
société humaine. »
Dlsciteque, o miseri, et causas cognoscite rerum : Quid sumus, et quidnam victuri gignimur; ordo
Quis datus
Patriae carisque propinquis
Quantum elargiri deceat; quem te Deus esse^ Jussit, et humana qua parte locatus es in re .
Si à la place de ce dieu vague et mal défini du Portique on mettait un dieu personnel; si à cette loi immuable, à celte nécessité plus ou moins aveugle, qui est la puissance suprême du panthéisme stoïcien, on substituait la Providence divine, ces beaux vers, par le fond, la forme et le ton, pourraient passer pour des vers inspirés par le christianisme; et du reste, tels qu'ils sont, ils ont mérité d'être adoptés par lui.
Ces enseignements ordinaires du stoïcisme sont re-