‹ Les moralistes sous l'empire romain; philosophes et poètesChapitre 122 sur 143 · li · texte numérisé non relu

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religieux, incertain, sans but [précis. D'effroyables malheurs à la fin de la république, la désoccupation politique sous Tempire, une vague inquiétude, le besoin, de remplacer des croyances surannées, tout ramenait la conscience humaine déconcertée à des idées et à des pratiques religieuses. Les hommes d'élite cherchèrent dans la philosophie, plus que jamais, des consolations et des espérances, s'abritant sous les principes des écoles accréditées, et, comme on le voit par l'exemple de Sénèque, d'Epictète, de Marc Aurèle et de biea d'autres, répandant les principes de la sagesse avec l'accent de la piété et transformant l'enseignement philosophique en touchante prédication. D'autre part, le peuple incapable de se ^aire initier aux doctrines philosophiques, S8 rejetait sur les superstitions étrangères dont la nouveauté l' étonnait, et qui, d'ailleurs, allaient au-devant de sa naïve crédulité. Dans cette multitude hétérogène qui composait alors la population romaine et qui affluait de toutes parts dans la capitale de l'empire, Juvénal a démêlé tous les cultes avec plus ou moins de clairvoyance et décrit les pratiques dés prêtres avec le double mépris de l'incrédulité et du patriotisme* De satire en satire, nous pouvons passer en revue cette longue suite de superstitions étrangères. Vous voyez là les prêtres de Gybèle, les corybantes, les gallçs, qui, après avoir parcouru pendant le jour les rues de Rome, exécutant leurs danses sacrées avec mille contorsions, au son des cymbales et d'autres instruments, vont le soir dormir dans les cabarets, ignobles vagabonds, s'il faut en croire le satirique, qui cherchent un refuge nocturne dans les lieux mal famés, et s'endorment, épuisés de fatigue, parmi des voleurs et des assassins, à côté de leurs tambourins muets *. Ces peintures de

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