ZAÏRE
Vignette de J. M. Morcau le Jeaiie, pour l'édition de Kelil des Œuvres de Voltaire.
croire, Monsieur, que la Henriade passera à la postérité en voyant les estampes dont vous l'embellissez. » Quels remerciements n'eût-il pas
adressés à Moreau qui lui consacra la période la plus brillante, puis le déclin de son talent?
Survivant de peu à son triomphe, l'auteur d'Irène venait de mourir lorsque Beaumarchais Ht construire à Kehl une grande imprimerie, pour publier les œuvres complètes du fécond écrivain. Moreau entreprit à ses risques et périls de les agrémenter de figures. Il en réfère à Beaumarchais dans une lettre du i5 juillet 1782 : « Monsieur, lui écrit-il, je crois devoir employer tous les moyens possibles pour donner de la publicité à mon ouvrage. Je ne puis donc mieux m'adresser qu'à vous, et j'ose me persuader que vous ne me refuserez point, mon affaire ayant trop de rapports avec la vôtre pour que vous ne vous y intéressiez point. »
« Je suis prêt à mettre au jour la première livraison in-S" de mes estampes pour ornée (sic) votre belle édition de Voltaire. Quoique je n'aille que de mes propres forces, je vais cependant fort vite puisque voilà vingt planches terminées et vingt-neuf qui sont avancées, et tout cela depuis le mois d'octobre 1781. Il n'est pas possible de mettre plus de zèle pour les souscripteurs et malgré cette promptitude, ils sont lents à venir. Comme vous n'ignorez pas, Monsieur, qu'il ne suffit pas d'avoir du talent vis-à-vis du public, il faut encore parler de soi, je vous prierai donc de me procurer les moyens (sans vous compromettre en aucune manière) de faire parvenir à vos souscripteurs des prospectus pour les mettre au fait de mon entreprise, car ce serait commettre une indiscrétion que de vous en demander la liste'. »
Malgré l'incertitude du succès, Moreau commença sur un plan gigantesque cette illustration de soixante-dix volumes. 11 comptait orner de six dessins chaque chant de la Pucelle et faire tirer cette série une fois terminée, dans les dimensions de rin-4° et de l'in-S", mais le nombre insuffisant de souscripteurs le força à réduire le chiffre aussi bien que le format de ses compositions. Entreprises en 1784, elles l'occupèrent cinq ans et furent réunies en collection hors texte, pour être vendues chez l'auteur, rue du Coq-Saint-Honoré, avec un titre dessiné et gravé de sa main.
L'œuvre est dédiée à Frédéric-Guillaume de Prusse, prince sceptique et lettré dont on trouve, en guise de frontispice, le portrait allégorique; elle débute par dix illustrations consacrées à la Henriade.
1. Lettre citée par le baron Portails dans son ouvrage : les Dessinateurs d'tlliistiations du XVIII' siècle.
Les Français, a-t-on dit, n'ont pas la tête épique, Voltaire moins que tout autre ; sa froide apologie en faveur de la tolérance ne pouvait ins-
Tii m'a?. al)aiidoiiné, dit Coiin,mai3 ta asteau être grand Seignetrr, je t'aimerai toiiioiirs
Jt;iftmf- et iû/ut .