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CHAPITRE IX. i

grande pompe le 6' avril 1841 , moins de deux ans et demi après l'expulsion des saints du Missouri. Un des écrivains du Times and Seasons décrit la cérémonie comme une des plus magnifiques qu'on eût jamais vues en Amérique. De grand matin, au jour désigné, le prophète, qui jouissait alors du titre de lieutenant général, fut informé que la légion était prête à èfre passée en revue ; et accompagné de son état-major, composé de quatre aidesde-camp et de douze gardes du corps, tous revêtus d'uniformes brillants , il se dirigea vers le terrain des parades. A leur approche, la musique les accueillit par des fanfares, et ils furent salués par une salve d'artillerie. «Jamais, dit le narrateur mormon, on n'avait vu pareil spectacle dans l'Ouest. Plusieurs compagnies étaient parfaitement équipées, et les riches uniformes des officiers auraient été dignes d'un Bonaparte ou d'un Washington. » Cette admiration pour les uniformes et surtout ce dernier rapprochement sembleront assez naïfs aux lecteurs. Washington ne s'est jamais signalé, que nous sachions, par l'éclat de son uniforme, et la redingote grise de l'Empereur avait un autre genre d'illustration. Après l'arrivée du lieutenant général Smith, les dames, qui avaient brodé un magnifique drapeau de soie, approchèrent en carrosse pour en faire présent à la légion. Le major général Bennet, celui dont il a été tant parlé plus haut, les condui-

m LES MORMONS.

sit devant le lieutenant général Smith , qui descendit immédiatement de cheval et s'avança vers elles. Les dames lui remirent le drapeau, après avoir lu une adresse appropriée à la circonstance. Le lieutenant général Smith les remercia de l'honneur fait à la légion ; il leur promit que, tant qu'il en aurait le commandement , ce drapeau ne subirait aucun affront, et il le remit à son tour dans les mains du major-général Bennet, qui en conGa la garde définitive au cornette Robinson. Alors le coniette fit gracieusement flotter le drapeau devant le front de la légion, tandis que la musique jouait un air martial et qu'une nouvelle salve d'artillerie se faisait entendre. Le lieutenant général Smith passa enfin la revue de la légion, qui défila tout entière devant lui.

La revue terminée, le prophète se mit en tête du cortège , suivi de ses aides-de-camp , des brigadiers, de la musique militaire, d'un corps d'infanterie et de cavalerie , d'une troupe de jeunes dames, marchant huit de front. Arrivés sur l'emplacement où le temple allait être construit, les généraux, l'état-major et les étrangers prirent position dans la tranchée même, les dames se tinrent sur le bord, l'infanterie derrière les dames, la cavalerie sur Farrière-plan. Les places étant ainsi prises, les choristes entonnèrent une hymne composée pour la circonstance. Puis Sydney Rigdon monta sur une

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