CHAPITRE X. J8I
el l'inHuence combinée du ciel et de -l'eni'ei', ces pouvoirs, dis-je, de justice et de vérité, ne ressemblent nullement aux décrets d'un ambitieux conquérant, d'un Nemrod, d'un Pharaon, d'un Nabuchodonosor, d'un Alexandre, d'un Mahomet, ou d'autres héros d'un grand el sonore renom, qui ont brillé durant une saison avec un long cortège de pompeuses circonstances, semblables aux comètes, pour disparaître bientôt et ne laisser derrière eux qu'un vaste espace vide, un nom, elc, etc., etc. - Joseph Smilh entreprend ensuite de démontrer que les vérités religieuses, les n sont susceptibles d'une di malhématique. Pour lui, 1 faits tangibles, « Après im cents ans, les momies elles-i Venues confirmer les annal Moise. Si la mort les a rendues muettes, le papyrus resté intact dans leur sein a parlé pour elles, el ce langage a un son aussi relenlissanl qu'un tremblement de terre : Ecce veritas ! Ecce cadavera ! Voilà la vérité ! voilà les momies ! Oh ! mon cher monsieur, les ruines de Tyr et de Sidon, la mélancolique poussière du lieu où fut Jérusalem, la dispersion des Juifs parmi les nations, et une nuée de témoins, si vous connaissiez aussi bien votre Dieu et la Bible que votre table de Pythagore, vous auraient convaincu de la divinité de Moïse ; et cette
i8â LES MORMONS.
divinité, dissipant le brouillard de cinq mille ans, vous aurait inondé de lumière. Non-seulement les faits coupent le verre comme les diamants, mais ce sont les plus précieux joyaux de la terre. L'esprit de prophétie est le témoignage de Jésus.
« Le monde entier prête toujours crédit aux écrits d'Homère, d'Hésiode, de Plutarque, de Socrate, de Pythagore, de Virgile, de Josèpbe, de Mahomet et de cent autres ; mais où ont-ils, dites-moi, laissé une seule ligne, une simple méthode pour résoudre le problème de la vie éternelle? « Celui, dit le Sauveur, « qui fera la volonté de mon père, saura si ma doc- « trine est de Dieu , ou si je parle de moi-même. » Voilà une méthode pour résoudre la question de la destinée divine de l'homme par la divinité qui est en nous, et cette méthode est aussi supérieure au calcul des nombres que le soleil à une chandelle. Plût au ciel que tous les hommes voulussent la comprendre et se laisser gouverner par elle! Chacun alors, lorsque la mesure de ses jours serait rempHe, pourrait s'écrier comme Jésus : Veni tnori et reviviscere.
« Vos conseils d'aller en avant, ce que vous dites (Je Mahomet et de son bras droit, dénotent plus de vanité que de vertu. César, monsieur, croyait aussi avoir son bras droit dans Brutus, qui l'assassina du bras gauche ; soit dit sans aucune allusion personnelle:
CUAPITKË X. 183
« Quant au sceau privé dont vous me pariez , je le recevrai avec la reconnaissance d'un serviteur de Dieu , et je prierai Dieu pour que le donateur reçoive sa récompense lors de la résurrection des justes..»
Arrivant alors au concours que lui demande le général Bennet pour être élu gouverneur de riUinois, Joseph Smith repousse dédaigneusement et ironiquement celte proposition. Il ne veut concourir en rien à la solution de ce problème mathématique et politique. Les méchants ne manqueraient pas de lui aliéner les cœurs de sa nation, s'il se mêlait de pareils tripotages. « En vérité, je vous le dis, si jamais je renonce à la dignité et à l'honneur du ciel pour satisfaire l'ambition ou la vanité d'un homme ou des hommes, que mon pouvoir périsse comme la force de Samson, lorsqu'il fut dépouillé de ses cheveux, pendant son sommeil, sur les genoux de Dalila ! Le Seigneur n'a-t-il pas dit : « Ne « jetez pas vos perles devant les pourceaux , de « peur qu'ils ne les foulent aux pieds, et que , se « retournant vers vous, ils ne vous déchirent. »
« Moi, qui ai vu les visions de l'éternité, les gloires du séjour bienheureux et les régions misérables des damnés, deviendrai-je un Judas? Moi, qui ai entendu la voix de Dieu, conversé avec les anges, et qui, mû par le Saint-Esprit, ai proclamé le renouvellement du covenant éternel et la réu-
nion d'Israël dans les derniers jours, ramperai-je comme un vil hypocrite? Moi, qui tiens les clefs du dernier royaume où doit s'accomplir la plénitude des choses annoncées par la bouche de tous les prophètes depuis le commencement du monde, sous le sceau du sacerdoce de Melchisédech, me soustrairai-je à la sublime autorité de Dieu pour jouer le rôle du chat tirant les marrons du feu pour le singe? Me grimerai-je en bouffon de théâtre pour figurer dans la farce de la démagogie politique ? Non, en vérité, non ! La terre entière rendra témoignage que, semblable au roc qui s'élève au milieu de TOcéan, et qui , depuis des siècles, résiste aux assauts des vagues mugissantes , je suis inexpugnable, fidèle ami de la vertu, intrépide ennemi du vice. Peu importe si la première est vendue comme une perle rare en Asie ou cachée en Amérique, et si le dernier brille dans les palais et luit parmi les tombes.
« Je combats les erreurs des siècles; je fais face à la violence des populaces ; je lutte contre les actes illégaux de l'autorité executive ; je tranche le nœud gordien des pouvoirs, et je résous les problèmes mathématiques des universités, avec la vérité, la vérité diamant : Dieu est mon bras droit.
« Et pour terminer-, permettez-moi de vous dire, «au nom de Jésus-Christ, à vous et aux présidents, aux empereurs, aux rois, aux reines, aux gouver-