CHAPITRE XII
garantie , toute responsabilité ; j'aspire après le jour de jaslicé où celui qui a vraiment le droit de régner saura faire respecter les droits des pauvres et des pacifiques , et je prie Dieu , qui a accordé à nos pères la promesse d'un gouvernement parfait dans les derniers jours, de purifier les cœurs du peuple et de hâter la venue de ces jours bienheureux. »»
Joseph ne s'en tint pas à connaître l'opinion d'un des deux candidats. Il écrivit à M. Calhouu une lettre à peu près semblable à celle qu'il avait adressée à M. Clay. La réponse de M. Calhoun ne fut pas moins laconique.
« FortrHilU 2 décembre 1843.
«.Monsieur,
Vous me demandez quelle serait ma règle de conduite relativement aux Mormons ou saints des derniers jours, si j'étais élu président. A cela je réponds que, si j*étais élu, je ferais tous mes efforts pour administrer d'après la constitution et les lois de l'Union ; et comme ces lois n'établissent aucune distinction entre les citoyens des différentes professions de foi religieuse, je n'en ferais pas davantage. Autant qu'il dépend du pouvoir exécutif, tout le monde aurait là pleine jouissance de leurs avantages , et personne ne serait exempt de leu'rs prescriptions. En ce qui regarde le cas particulier du
Missouri , ma franchise me force à vous répéter ce que je vous ai dit à Washington, à savoir que, dans mon opinion, le cas ne tombe pas sous la juridiction du gouvernement fédéral , dont les pouvoirs sont limités et spécifiés. »
Cette réponse, moins évasive que celle de M. Clay, car elle contenait une fin de non-recevoir pure et simple, irrita au plus haut point le prophète mormon, dont on ne saurait contester, du reste, l'humeur irascible; sa réplique fut une philippique aussi violente, ou peu s'en faut, que celle dont nous avons cité des extraits. Elle contenait, entre beaucoup d'autres invectives, cette imprécation : «« Tant que je conserverai mes forces dé corps et d'esprit, tant que l'eau coulera, que l'herbe poussera; tant que la vertu sera aimable et le vice odieux, tant qu'une pierre marquera la place à jamais sacrée où fut un fragment de la liberté américaine, moi ou ma postérité nous plaiderons la cause de l'innocence opprimée , jusqu'à ce que le Missouri ait fait amende honorable pour tous ses crimes, ou soit tombé déshonoré, dégradé et damné dans l'enfer , « où le ver rongeur ne meurt pas, « où le feu est inextinguible» » l'espère, monsieur, disait Joseph en finissant, que Dieu, qui a rafraîchi la fournaise de Nabui^hodonosor et fermé la gueule des lions en l'honneur de Daniel, élèvera votre es-