ALORS ALDERMAN DE LA VILLE DE NAUVOO
« Etat d'lllinois. — Ville de Nauvoo.
» S'est presents en personne devant moi Daniel H. Wells, alderman de la dite ville de Nauvoo , John C. Bennett , qui , ayant prete serment aux termes de la loi, declare et dit :
» II ne m'a jamais ete enseigne !a moindre chose contre les plus stricts principes de l'Evangile, ou de la vertu, ou des lois divines et humaines, en aucune circonstance, ni directement ni indirectement, en paroles ni en actions, par Joseph Smith. Je n'ai jamais su que le dit Smith ait approuve une conduite immorale quelconque, soit en public, soit en particulier. II ne m'a jamais enseigne que les relations illicites avec les femmes fussent excusables sous aucun pretexte, et je n'ai jamais su qu'il l'ait enseigne a d'autres personnes.
> (Signe :) John C. Bennett.
■» Declare et signe devant moi, ce 17c jour de mai 184.2.
> (Signe:) Daniel H. Wells, alderman. »
M. Wells etait proprietaire a Nauvoo avant l'arrivee des Mormons; c'est meme lui qui a cexle le terrain pour la construction du temple. A la date de cette declaration, il n'etait pas Mormon. II connaissait tres-bien les chefs de l'Eglise , les calomnies dirigees contre eux et les persecutions dont ils etaient l'objet. C'est cinq ans plus tard, dans le moment des persecutions a main armee , qu'il a recu le bapteme, vendu ses biens et suivi les Saints qui se dirigeaient vers les deserts, a la recherche d'une nouvelle patrie. M. Wells est aujourd'hui general en chef de la legion de Nauvoo , dans la vallee du Grand Lac-Sale.
Cette declaration de John C. Bennett a ete confirmee par le dialogue suivant , tenu en seance du conseil administratif de Nauvoo, et extrait des registres officiels :
« Nauvoo, 19 mai 1842.
« Le docteur John C. Bennett, ex-maire, a ete requis par Joseph Smith, maire, de declarer s'il connaissait quelque chose contre lui. M. Bennett a repondu : Je n'ai aucun difierend avec les chefs de l'Eglise. J'affirme publiquement que si quelqu'un rapporte quej'ai dit que J. Smith m'avait autorise a entretenir des relations illicites avec les femmes, celui qui le rapporte csl un menteur devant Dieu. II ne m'a jamais, ni en public, ni en particulier, donne une telle autorisation. On a dit que je deviendrais un second Avard; cela est
faux. Je n'ai aucune difficulty avec les sommites de l'Eglise, et j'ai 1'intention de rester au milieu de vous ; j'espere que le temps vieiidra ou je serai reinlegre dans voire confiance et dans la position que fai occupee dans l'Eglise. Ma conduite alors sera propre a justifier ma rehabilitation. Si I'occasion se presenle de manifcster ma foi, on saura si je suis tin trailre ou un homme franc. — J. Smith dit alors : Veuillez declarer nettement si vous connaissez quelque chose contre ma conduite publique ou privee. — Le general Bennett a repondu : Je ne sais rien. Dans toutes mes relations avec le general Smith \ il a ete strictement vertueux. »
( Suivent les signatures de neuf aldermans , quatre conseillers, et celle de M. James Sloan, secretaire de la mairie. }
Nous n'ajouterons rien a ces documents. John C. Bennett, comme on le voit, etait suspendu de ses fonctions dans l'Eglise, et avait l'espoir d'etre reintegre. Mais cet espoir a ete decu , et Bennett , succombant sous le poids du mepris universel, n'a jamais pardonne a Joseph et aux autres chefs de l'Eglise d' avoir publiquement de voile ses turpitudes. Repousse de l'Eglise comme indigne, il etait naturel qu'il allat grossir les rangs des ennemis du mormonisme, des Mormons desabusds, comme disent les ministres. Voila les hommes sur le temoignage desquels ils ecrivent notre histoire !
Dans les maisons ou il etait appele comme medecin, John G. Bennett apprenait secretement aux femmes et aux jeunes filles l'existence de la fameuse revelation relative a Ydpouse spirituelle, revelation qui existe dans les livres
1 J. Smith avait ete elu general de la legion de Nauvoo, qui etait une partie de la milice du comte, et non pas une armee creee par lui, comme nos ennemis veulent le faire entendre. Les Mormons, plusieurs fois trahis par des chefs etrangers qui avaient tourne contre eux le pouvoir dont ils etaient investis, avaient place leur confiance dans le Prophete, dont ils connaissaient l'integrite etle devouement.
de nos ennemis, mats la settlement* Telle est l'origine de cette. doctrine que Ton nous atlribue; elle n'en a pas d'autre. Relranche et deslituc tie ses functions, perdu de reputation, Bennett s'enfuit ininiediatenient de Nauvoo et passa dans le camp de nos cnncinis. C'est alors qu'il commenca a ecrire dans les journaux ses calomnies conlre lcs Mormons, leur attribuant sans vergogne la corruption qui l'avait fait repousser de leur sein.
Voulant faire justice de ses declamations , dont la cause etait bien connue, les citoyens de Nauvoo se reunirent en un grand meeting, le 22 juillet 18 42, afin de constater l'etat de 1' opinion publique au sujet du president J. Smith, principal objet des calomnies de Bennett. Le general Wilson-Law se leva et proposa la resolution suivante :
« Ayant appris que John C. Bennett n n'pandu beaucoup de mensonges grossiers contre un certain nombro de citoyens de Nauvoo, et particuliereuient contre noire digne et respecte maire Joseph Smith, qous manifestons au monde, par le present, que nous connaissons Joseph Smith pour tin homme honnete, moral, vertueux, plein de douceur et de patriotisms appuyarit fermement la loi, la justice et les droits de chacun, et gardant inviolables la constitution de cet Etat et celle des Etats-Unis. »
Cette resolution, mise aux voix, fut adoptee par une grande multitude de citoyens, au nombre de pres de mille hommes. Deux ou trois personnes seulement refuserent de s'y associer : parmi elles se trouvait un des chefs actuels de l'Eglise. Celui-la, qui avait etc absent, fut trompe a son retour par des calomnies a travers lesquelles il n'avait encore pu distinguer la verite. Devant cette multitude, en presence de laquelle il se mettait en opposition avec le Prophete, il s'ecria, dit-on : « Mes freres, vous voyez ce » que je fais ; mais gardez-vous d'en conclure rien de fa- » cheux pour notre Eglise ; car, en ce moment plus que
» jamais , je temoigne et proclame hautement qu'elle est » bien reellement l'Eglise de Dieu ! »
Ge que Ton doit conclure de ees faits, c'est que l'Eglise exerce une surveillance incessante et reciproque sur la conduite de tous ses membres , et qu'elle ne souffre dans son sein aucune impurete. Parmi nous, l'honneur et la loyaute sont rigoureusement exigees dans tous les actes de la vie , et Ton se tromperait etrangement si Ton croyait que les chefs eux-memes , malgre la confiance qu'ils inspirent, sont affranchis de cette surveillance '. Citons ici quelques lignes d'une epitre adress^e par Orson Pratt, l'un des Douze Apotres, aux Saints de la Grande-Bretagne :
«. Si quelque officier ou membre de votre dependancea ete trouve enseignant ou pratiquant des doctrines criminelles, qu'il soit traite severement et selon la loi de Dieu. Si le president d'une conference transgresse la loi ou pratique quelque iniquite, que la chose nous soit rapportee avec les preuves evidentes. Etsi l'un des Douze ou le President des Saints dans laGrande-Bretagne transgresse les lois de la vertu et professe ou pratique des injustices, que les presidents des conferences s'enquierent de cela, en recueillent les temoignages, et transmettent incontinent les documents au quartier-general de la premiere presidence. Us doivent etre traites conformement a la loi du ciel. Le temps est venu ou les Saints ont recu trop de lumiere et trop de science pour etre dupes par des hommes remplis de convoitises. » (Millennial Star, vol. XII, page 249.)
Revenons a J. Smith, et opposons a John C. Bennett d'autres temoignages encore.
L' honorable J.-S. Reed, avocat distingue, qui a constamment connu J. Smith depuis sa jeunesse, s'exprime
1 Plusieurs fois par annee, dans les conferences generates de l'Eglise, une enquete est ouverte sur la conduite des chefs, et tous les Saints ont le droit d'y exposer librement leurs griefs.
JOSKI'II SMITH. 51
ainsi dans un discours prononce devant la Convention de rillinoisen 1844 :
« Je suis convaincu que son caractere etait irreprochable. II
etait bien connu pour sa franchise et sa droiture. II frequentait les premieres societes de la contree, et Ton en parlait comme d'un jeune homme intelligent, d'une morale saine, d'un esprit susceptible des plus bautes conceptions. »
Rappelant un proces dans lequel il avait etc son deirnseur, il ajoute :
« Qui. messieurs, laissez-moi vous dire que la cour ne trouva pas une fletrissure, pas une tache a reprocher a son caractere. II sortit de ce proces, malgre les efforts tentes par ses persecuteurs pour le convaincre d'attentat, avec son bonneur pur de toute apparenee de crime. » {Times and Seasons, vol. V, p. 54lJ.)
On serait tcnte dc croire cet orateur attacho a notro Eglise; mais il n'en est ricn. M. Reed est tout simplenient un honnete homme, en qui une profonde sympathie s'est produite en vers J. Smith au spectacle des persecutions et des calomnies dirigees contre lui. G'est ainsi qu'il depeint, avec une parfaite connaissance , ce meme homme que MM. Guers et Favez accablent des plus honteuses qualifications.
En racontant la mort de Joseph et de son frere Hirum , cos deux ecrivains presentent leur assassinat comme un acte de la justice divine. Suivant le premier, apres avoir essuye une decharge, ils firent feu sur la garde inter ieure ; suivant l'autre, au contraire, ils tirerent sur les assaillants, sur la foule furieuse qui etait dehors. Peu leur importe cette contradiction. Ils ne trouvent pas, ces deux ministres de la religion , un seul mot pour fletrir les auteurs d'un aussi lache attentat !
M. Pichot, dont le lecteur connait les dispositions envers
les Mormons , va neanmoins raconter les faits d'une maniere plus impartiale. II n'est pas ministre, lui.
Apres avoir dit que J. Smith et son frere se rendirent volontairement prisonniers pour enlever tout pretexte aux outrages de la populace fanatisee , il met dans la bouche de Joseph ces paroles, qui revelent a la fois de tristes pressontiments et la serenity d'une ame pure : « Je m'en vais » comme un agneau a la boucherie , mais je suis calme » comme un beau jour d'ete. Ma conscience ne me repro- » che rien ; je mourrai innocent. » Puis M. Pichot continue :
« Tandis qu'il etait en prison a Carthage, un autre acte d'accusation fut lance contre lui et contre Hirum Smith pour crime de haute trahison contre l'Etat d'lllinois , et cela a la suite d'une enquete oil le principal temoin enlendu etait ce meme Higbee que nous avons vu chasse de I'Eglisc des Mormons pour mauvaises mozurs, et condamne plus lard par la cour municipale de Nauvoo. La populace ne respirait que vengeance contre les prisonniers : vengeance, car c'est le mot consacre par les emeutiers de tous les temps et de tous les pays, lors meme qu'ils ont tous les loits. Or la milice penchait ostensiblement du cote de la populace, en sorte qu'on ne pouvait compter sur elle pour proteger les deux Smith. En presence d'une pareille situation, les citoyens de Nauvoo et les autres Mormons requirent le gouverneur de faire garder la prison par des forces suffisantes. Dans la matinee du 26 juin 1844, le gouverneur visita les prisonniers et donna de nouveau sa parole de les proteger contre toute violence. Cependant on faisait courir dans la populace le bruit qu'il n'y avait pas de preuves suffisantes pour condamner les deux Smith sur Fun ou l'autre des deux chefs d'accusation, et que le gouverneur desirait les voir echapper *.
» En consequence, vers six heures du soir, le 27, le petit poste de la prison fut envahi et desarme par une troupe de pres de deux
1 « Si la loi n'y peut rien, dirent les chefs de la canaille, une bonne balle y pourvoira. » [lloniteur du 31 mars 1853.)
cents hommes qui s'elaienl noirci le visage. Les deux freres etaient eu ce moment meme en consultation avec deux de leurs amis. Let brigands firent feu sur tons les quatre. Hirum, atteint le premier, tomba en s'ecriant : «< Je suis un homme mort ! » Joseph essaya de sauter par la fenetre; mais, atteint egalement par les balles, il s'ecria a son tour : « O Seigneur! mon Dieu! » On tira de nouveau sur eux, bien qu'ils fussent morts, et cbacun d'eux re^ut quatre balles. John Taylor, un des .Mormons qui setrouvaientdansla chambre, futblesse grievement; mais il se retablit de sa blessure. C'etait aux deux freres qu'en voulaient surtout les assassins. (Pages 228, 229. )
» Jamais on ne decouvrit les auteurs du lache et hontrux assassinal des deux freres. Les miserables avaient pris, comme on l'a dit deja, la precaution de se noircirle visage. Plusieurs personnes furent cependant arretees; mais on manqua de preuves suffisantes pour les condamner, ou peut-clre ferma-t-on a dessein les yciix. Cependant le meurtre des deux Smith fut generalement deplore, non seulement par les Mormons, mais encore par lesantagonistes serieux et .incercs dc la secte. » (Page 241. )
Le lecteur a pu remarquer que MM. Guers et Favez omettent a dessein les circonstances odieuses du crime commis sur les deux freres Smith. Us ne parlent ni des dispositions hostiles de la populace , ni du dyfaut de protection envers les Mormons , m6me lorsqu'ils elaient prisonniers, ni de la lache precaution des bandits qui se noircirent le visage. Ces deux predicateurs , en un mot , retranchent avec soin tous les details propres a donner a l'attentat son veritable caractere. On sait pourquoi.
Enfin, apres avoir reproduit, relativement a J. Smith , l'opinion de ses partisans et celle de ses ennemis, M. Pichot exprime la sienne propre en deux pages que nous ne pouvons reproduire, mais dont nous extrayons quelques lignes qui contrasteront singulierement avec les appreciations de MM. Guers et Favez.
« Quelque humbles que ses debuts aient ete, on le voit grandir
avec le succes, et, tout en s'exaltant jusqu'a croire lui-meme a ses fictions, conserver le sang-froid necessaire pour organiser ses adeptes, apprecier leur capacite, leur distribuer les rdles, etablir une hierarchie, poser enfin toutes les bases d'une societe theo-democratique. Sa perseverance dans la persecution est admirable, puisqu'elle se trouve justifiee par la realisation de ses vues. D'autres ont fonde des sectes : Joseph Smith aura fonde un peuple.il merite d'etre juge par le resultat.
» Nous nesaurions done etrede l'avis du Christian Reflector, journal REDIGE PAR LES DOCTEURS DE QUELQUE SECTE RIVALE. Les facul-
tes naturelles du Prophete mormon etaient tres-certainement fort nu-dessus de la moyenne, et il ne lui munquait qu'un peu de culture pour prendre rang parmi les hommes les plus eminents par Vinlcliifjence » (Pages 239, 240.)
Apres cette appreciation, qui, tout hostile qu'elle est, presente encore un caractere de moderation , de probite , lisons quelques lignes d'une plume pieuse qui prend Dieu a temoin de ses allegations i.
« Tel est le mormonisme, fidele reflet du caractere de son principal fondateur, Joseph Smith, cet incomprehensible melange d'ignorance, d'astuce et d'audace, qui fut reste peut-etre au-dessous de son role sans l'active et efficace cooperation de Sidney Rigdon, cet ancien predicateur des Baptistes heterodoxes. Celui-ci se s6para plus tard da premier, qu'il qualifia, dans les feuilles publiques, d'homme souverainemenl meprisable, de bete et de faux-prnptiele. Au reste, ceux qui ont pu voir de pres le fondateur de la secte et sa famine ne lui rendent pas un temoignage beaucoup plus flatteur. En decembre 1833, par exemple, cinquante-deux personues influenles de Palmyra (New-York) signerent cette declaration collective : — « Nous soussignes, connaissant depuis nombre d'annees la famille Smith, n'hesitons point a declarer que nous la considerons comme (Hant depourvue de ce caractere moral qui donne droit a la confiance d'autrui. Elle est particulierement decriec pour ses entreprises visionnaires, etc., et nous ne connaissons personne dans tout ce voi-
* M. Guers a intitule sa brochure: L'Irvinyismc el le Mormonisme
jUgCS PAR LA PAROLE DE DlEU.
sinage qui accordo la moindro creance a lours pretendues rev.Mations. » (Page 74. )
On voit quelle difference il yaentrc le la'iqueel I'homrae d'eglise.
II semble , d'ailleurs , que M. Gucrs ait voulu resumer dans ces lignes toutc la malveillance peu scrupuleuse qui regno dans sa brochure, et nous avons beaucoup dc clioscs a relever. D'abord il est faux que Sidney Rigdon se soit s^pare de Joseph ; et s'il l'a decrie dans lcs journaux, ce que nous ignorons, ee ne peut etre qu'apres avoir echoue dans sa tentative de lui succeder comme president. Deux mois avant la mort du Prophete, Sidney Rigdon se trouvait avec lui en conference publique, rendant hommage a la verite de l'ceuvre dc Dieu *. Apres la mort de Joseph, il a rendu temoignage de sa fidelite a Dieu et a son Eglise. M. Guers est mis au defi de prouvcr le contraire, bien qu'il l'affirme 2.
Quant a la declaration des cinquante-deux person ms influentes de Palmyra, on sait ce qu'clle vaut. Redigoc sans doute par des ministres methodistes , colportee dans toutes les families non mormoncs dc la ville, il n'est pas etonnant qu'on y ait reuni jusqu'a cinquante-deux signatures, si toutcfois clles sont authentiques. Ce que M. Guers ne dit pas, e'est que Ton a recrute dans toules les sectes, naturellement ennemies des Mormons. Ainsi, d'apres le professeur Turner (p. 152), qui a publie cet insignifiant document, il y a parmi les signataires des membres de V Eglise Episcopate , des Quakers, des Presbytericns , des
1 Voir Times and Season?, vol. V, page 523.
2 Les paroles que M. Guers met dans la bouche de Sidney Rigdon, Gray les a mises dans eelle de John C. Bennett. M. Guers, comme on le voit, ne se gene pas. (V. Gray, p. 57.)
Baptistes et des Methodistes , gens tres-hostiles entr'eux, mais qui ont su so reunir contre l'onnemi commun, comme jadis Herode et Pilate oublierent un instant leur haine et s'associerent dans l'oeuvre qui devait conduire le Christ au Calvaire.
Quelle est la valeur de cette piece? Est-ce que les pauvres pecheurs de Galilee n'etaient pas, eux aussi, aux yeux des pretres d'alors , depourmis de ce caractere moral qui donne droit a la confiance d'autrui?
II ne nous reste rien a dire pour laver la memoire du Prophete des souillures dont ses ennemis ont voulu le couvrir. Gar il est un point sur lequel , quoique vivement provoque par eux, le respect du aux vertus de Joseph nous interdit toute discussion. Apres le vol, l'escroquerie, l'imposture , l'assassinat , il manquait a la couronne du glorieux martyr un dernier fleuron que nos ennemis n'eurent garde d'oublier : l'impudicite. Oui, deux femmes, cedant aux sollicitations de John G. Bennett, ont ecrit leur nom ou une croix au has d'ignobles declarations. Ces malheureuses, en perdant tout respect d'elles-memes, ont donne la mesure de ce que le fanatisme religieux peut faire sous la pression d'un hypocrite. Deja l'opinion publique, en Amerique, a iait justice de ces femmes sans pudeur.
J. Smith a-t-il jamais montre, dans sa carriere mortelle, la moindre chose qui mene a conclure qu'il mt un homme perdu a tout bon sentiment? Mille iois, non! Un homme qui a pu accomplir ce qu'il a accompli , au milieu de circonstances cfui mettaient a l'epreuve tous les sentiments de la nature humaine, et qui, a sa mort, a laisse le souvenir de toutes les vertus dans le coeur des amis qui I'avaient suivi dans ses voies , celui-la -a merits d'etre qualifie de
Saint, tie martyr de la verity, par tous ceux qui l'ont connu, ainsi que I'atteste M. Favez lui-meme (p. 34).
Nous terminerons ce chapitrc par une reflexion qui frappera le lecteur. La vie publique de Joseph Smith n'a pas dure plus de quatorze ans (de 1830 a 1844) ; encore faut-il en retrancher tout le temps qu'il a passe en prison a diflerentes epoques. Or, en compulsant les ouvrages de nos ad versa ires , on y trouvcra un tel denombrement de crimes, que leur perpetration exigerait la carriere tout entiere d'un homme, depuis son jeune age jusqu'a la vieillesse la plus avancee. Que nos ennemis tirent eux-memes la consequence.