‹ Les Mormons (Saints de Derniers-Jours) et leurs ennemis response by T.B.H. Stenhouse, Mormons and their enemies FrenchChapitre 12 sur 33 · LE LIVRE DE MORMON JUGE PAR LES SAVANTS · texte numérisé non relu

LE LIVRE DE MORMON JUGE PAR LES SAVANTS

lonie de Jaredites , partie de Babel a l'dpoque de la confusion des langues , fut conduite par le Seigneur jusqu'aux rives de la Grande Mer, ou elle recut l'ordre de construire des vaisseaux qui la transporterent sur le continent de l'Amerique du Nord; qu'ellc y devint une nation puissante ; qu'elle y batit de grandes cites ; que les arts , ['agriculture et le commerce y fleurirent, et qu'enfin la mechancete de ces hommes leur attira les fleaux du ciel , puis une extermination complete. En vain ce livre nous annonce qu'une seconde race, sortie de Jerusalem sous le regne de Sedecias, vint aussi peupler ce continent, ou elle apporta avec elle les cinq livres de Moi'se et les prophetes jusqu'a Jeremie ; qu'elle se divisa en deux nations ennemies, les Nephites et les Lamanites; que ces derniers, frappes par la malediction divine, declinerent et tomberent enfin dans l'etat sauvage; que les Nephites, devenus mechants, subirent les jugements de Dicu; que des cites entieres furent ensevelies dans les entrailles de la terre ou consumers par le feu du ciel. En vain il nous enseigne que Christ ressuscite apparut aux Nephites, leur montra ses mains et ses pieds perces, abolit la loi de Moi'se, inaugura l'Evangile, en confia l'administration a douze apotres , puis monta au ciel apres leur avoir donn6 le pouvoir de baptiser en son nom; que les Nephites, poursuivis par les Lamanites , s'enfuirent au loin vers le nord, au ve siecle de l'ere chretienne, et que la, quatorze siecles plus tard, Joseph Smith, sur l'indication d'un ange, decouvrit les plaques de metal enfouies a cette epoque par Moroni , fils de Mormon , et sur lesquelles est gravee, en langage egyptien, l'histoire de ces nations.

En vain les plus recentes explorations ont amen6 et amenent de jour en jour des decouvertes qui attestent la

verite cle tous ces faits et confirment les tenioignages de l'authenticite du Livre de Mormon : la science et la revelation doivent avoir tort devant l'autorite de nos adversaires. La revelation, pour eux, c'est la Bible, et rien autre ; encore chacun d'eux l'explique-t-il a sa maniere. Quant a la science, ils n'ont pas le temps de s'en occuper lorsqu'elle gene leur systeme. D'ailleurs , ils ont en faveur de leur accusation d'unposture le temoignage du docteur Anthon , dont nous nous occuperons tout-a-1'heure. Cela leur suffit.

Le lecteur, toutefois, nous permettra d'entrer en discussion sur ce point important. Examinons , avant tout , les preuves d'imposture produites par nos ennemis.

C'est d'abord la lettre du savant professeur Anthon , de New- York. Nous en extrayons la partie serieuse , laissant de cote" les faceties plus ou moins burlesques dont il a voulu egayer le public. II s'agit, dans les passages ci-apres, du facsimile d'une des planches du Livre de Mormon , qui fut soumis au professeur.

« Au fait, le papier en question etait un singulier assemblage de caracteres crochus de tous genres, disposes en colonnes. II avait evidemment ete compose par quelqu'un qui avait devant soi un livre contenant differents alphabets : du grec, de l'hebreu, des caracteres en croix et des ornements. Des lettres romaines, renversees ou ecrites horizontalement, etaient disposees en colonnes perpendiculaires. Le tout finissait par un cercle grossierement trace, divise en divers compartiments et couvert de signes particuliers, copies evidemment du calendrier mexicain, donne par Humboldt, mais copies de maniere a ne pas en trahir l'origine. Je suis d'autant plus precis sur le contenu de ce papier, que j'en ai parle frequemment avec mes amis depuis que le mouvementmormoniste a commence, etje me rappelle tres-bien que le papier contenait tout autre chose que des « hieroglyphes egyptiens. » (Favez, page 15.)

jug£ par les savants. 61

Avant d'apprecier cettc lettrc du docteur Anthon, citons ici quelques lignes du Livrc dc Mormon :

'« Or voici, nous avons ecrit ces annales selon notre connaissanca dans les caracteres qui sont appeles parmi nous l'egyptien reform^, nous ayant etc transmis et ay ant et6 altere par nous, selon notre langue. Mais le Seigneur connait les cboses que nous avons ecrites, et il sait qu'aucun autre peuple ne connait notre langue; c'est pourquoi il a prepar6 des moyens pour leur interpretation. » (Page 474).

En admettant pour un instant ['authenticity du Livre de Mormon , il ne faut pas s'etonncr si lc docteur Anthon n'a pas pu lire le facsimile qui lui fut pr6sent6; car ces annales sont ecrilcs dans Vegyptien re forme, langue aujourd'hminconnue; etd'ailleurs rUrimctTliuminini, qui devait servir a 1 'interpretation des plaques, n'a pas CtC presente a M. Anthon. Dans cette premiere hypothese , qui est pour nous une certitude positive , la lettre du docteur est parfa itement d'accord avec le texte d'Esa'ie, chap. xxix.

Raisonnons maintenant dans l'hypothese contraire. Que signifie la declaration de M. Anthon? Qu'on la relise attentivement , et Ton verra qu'elle pcut se rosumer ainsi : « Ce ne sont })as des hieroglyphes egyptiens , mats des » signes que je ne connais pas. » Ou en deux mots : « Les » savants ont encore quelque chose a apprendre. »

Qui s'en etonnerait? La Californie est une contree ou Ton commence seulement a decouvrii' des monuments qui remontent a la plus haute antiquite. C'est a tel point que des collines , couvertes de forets conside"rees jusqu'ici comme des forets vierges , lorsqu'on les examine avec soin , lorsqu'on veut entr'ouvrir le sol ou vegetent ces arbres seculaires , se trouvent etre d'enormes pyramides construites de main d'homme i , des monuments aupres desquels les

1 Voir VEtoile du Dvseref, page 19.

fameuses pyramides d'Egypte seraient des pygmees! On exhume des marbres couverts d'inscriptions qui eertainernent ont un sens ; mais ce sens , les savants ne le decouvrent pas.

En 1834, quand M. Anthon ecrivait la lettre tant reproduce par nos adversaires , le Livre do Mormon etait seul pour affirmer l'ancienne splendour de l'Amerique. Ceci explique pourquoi le savant professeur, qui ne salt pas tout , l'accusa d'imposture. C'etait une maniere commode de masquer l'insuffisance de son erudition. Mais, dans les vingt annees qui se sont ecoulees depuis la date de cette lettre, il s'est fait des decouvertes, et les recueils scientifiques reproduiscnt des facsimile de pierres et de plaques de cuivre d'une authenticite incontestable, assez semblables aux plaques du Livre de Mormon ; et en face de ces debris des temps antiques, il n'est plus permis aujourd'hui a M. Anthon de dire : « C'est un singulier assemblage di » caracteres crochus de tons genres. » La science cherch une solution plus satisfaisante , et les plaisanteries du savant de New-York sont loin d'etre le dernier mot sur une question aussi interessante , comme nous le prouverons bientot.

M. Anthon affirme que les caracteres du Livre de Mormon ne sont pas des hie'roglyphes egyptiens. Qu'est-ce que celaprouve? Nous n'avons jamais pretendu que les plaques portaient des hieroglyphes egyptiens, mais qu'elles etaient ecrites en egyptien reform^, et nous croyons tresvolontiers queM. Anthon ne connait pas 1' egyptien re forme.

Le dementi du docteur ne s'adresse a personne ; il s'est mal pose la question, afin d'avoir quelque chose a contredire, voila tout.

N'est-il pas curieux de voir un homme de la force de

JL'GE PAIl LES SAVANTS. 65

M. Favcz , blolti a l'orabrc du savant d'Amerique , clever la voix tout-a-eoup et s' eerier : « De Vegyptien reform? '. » C'est encore une invention de J. Smith. 11 n'y a pas dans » le monde une langue, soit modeme, soit ancienne, conmie o sous ce nom ! » Ce (jue le savant n'a pas ose dire, M. Favez l'airirnie hardiment. Moins on sail, moins on doute. Ainsi, de par la vaste erudition de ce missionnaire plymouthistc, la langue de l'antique Egypte n'a pas subi dc modification : elle est la seule qui soit morte sans qu'il s'y soit jamais introduit le moindre changement. Mais laissons un peu M. Favez, et ecoutons des gens plus competents.

II existe a Edimbourg une famille dc savants cditeurs, MM. Chambers, dont les publications sont accueillies partout ou la langue anglaise est connue avec la confiance due au disccrncment et a la critique cclaircc de ces libraires, dont la plume s'unit frequemment a celles de leurs collaborateurs, toujours pris parmi les sommitcs scientifiques. Dans le rccucil public sous cetitrc : Chambers's Papers for the People , part, iv, p. 13, nous lisons ce qui suit, rclativcment a une decouverte recemment faile par MM. Stephens et Catherwood a Palenque, dans leurs Explorations dans I'Amerique cent rale , Chiapas et Yucatan (2 volumes in-8° ) :

« Dans le meme edifice il y avait, ile chaque c6te de la porte principale, des tablettes en pierre de treize pieds de longueur sur huit pieds de hauteur, couvertes d'hieroglyphes. On a observe, comme chose remarquable, que ces caracleres soul les meines que ceux trouves a Copan, et aussi dans phisieurs villes ruinees dc I' Yucatan, ce quiprouve que les habitants de ces contrees ont du avoir une langue ecrite qui leur etait commune, quoique les Indiens qui habitent actuellement les territoires intermediaires parlent plusieurs langages distincts et tout-a-fait inintelligibles l'un a l'autre.»

Or ces, inscriptions , tout recemment exhumees , et qui gisaient sous les decombres depuis dos milliers d'annees, les savants d'Amerique , compris M. Anthon , n'y voient qu'un iisingulier assemblage de caracteres crochus de tous genres. » Elles indiquent bicn une langue unifbrme et commune a plusieurs peuples ayant occupe une grande etendue de pays ; mais cette langue est inconnue; elle ne pent ttre lice; elle a etc" confondue. Est-ce de Vdgyptim rdformd? nous Pignorons parfaitement. Maisquand M. Favez affirme qu'il n'y a dans le monde aucune langue connuc sous ce nom , nous osons affirmer , nous , que toutes les langues qui ont existe ne sont pas connues. Nous disons, en outre , que quand les rois de la science archeologique et linguistique s'inclinent silencieux devant ces monuments qui indiquent de vastes lacunes dans la sphere des connaissances humaines, un homme tel que M. Favez pourrait bien se reconnaitre incompetent sur de telles questions.

En 1830 , quand parut le Livre de Mormon, ce fut un concert unanime de sarcasmes et de rires. Les savants en general se recrierent contre cette hypothese que les Indiens de 1' Amerique descendaient des enfants d'Israel , et le Livre fut meme considere comme pen propre a fa ire des dupes , tant Fimposture e"tait grossiere ! Tel est le sort de toutes les verites qui parviennent, par-ci, par-la, a se faire jour a travers le chaos incessant des elucubrations humaines. Accueillies d'abord par l'incredulite et le mepris , elles finissent par ebranler les certitudes acquises ; quelques esprits droits veulent voir le fond des choses, s'assurer si l'invraisemblable ne serait pas par hasard la vCrite ; ils se mettent a Fceuvre. G'est ce qui arriva, non pas en vue de verifier les donnees du Livre de Mormon , mais parce

JUGE PAR LES SAVANTS. Go

que la science avait besoin d'etre fixCe sur l'histoire de ces inttfressantes contre'es.

Des l'annee 1833, M. G. Colton publiait a Londres un ouvrage dans lequel nous lisons, au sujet des Indiens :

« lis affirment qu'ils possedaient autrefois un Livre, et ils savent par tradition que le Grand Esprit predisait habituellement a leurs peres les evenements, et qu'il diri^ait la nature en leurfaveur; qu'a une certaine epoque les anges leur parlaient; que toutes les tribus indiennes descendaient d'un seul bommequi avait eu douze fils ; que cet bomme etait un prince celebre, possesseur de vastes contrees, et que les Indiens, qui sont sa posterite , recouvreront un jour le meme pouvoir et la meme influence. Ils croient. par tradition, que l'esprit de prophetie et d'intervention miraculeuse, dont leurs ancetres ont joui, leur sera rendu, et qu'ils retrouveront le Livre perdu depuis si longtemps. »

II y a dans ce passage, il nous semble, des analogies assez frappantes avec l'apparition du Livre de Mormon et avec les faits qu'il rapporte. Mais poursuivons.

Tout le monde, jusqu'a ces derniers temps, considerait les Indiens comme une race sauvage, qui, en dehors du mouvement civilisateur , avait traverse les siecles sans avoir l'idee des arts et des sciences, et sans aucun moyen autre que la tradition pour transmettre a la posterite son histoire comme peuple. Quand le Livre de Mormon vint reveler au monde que ces peuplades errantes etaient un reste d'Israel ; que ces sauvages avaient ete jadis une nation civilisee, ou avaient fleuri les sciences et les arts; qu'ils avaient connu le vrai Dieu, bati de grandes villes ; qu'ils avaient l'habitude de graver leurs annales sur des tablettes d'or ou de cuivre pour les leguer a la posterite, et que la langue dans laquelle ils ecrivaient s'appelait l'egyptien reforme, les sages rirent de ces absurdites , s'etonnant qu'il y eut des gens assez stupides pour y croire. Et tout

a coup M. Stephens surprend le monde en annoncant qu'il a decouvert les ruines de grandes et puissantes cites , de temples magnifiques, de statues couvertes d'hie"roglyphes, et cela a l'endroit meme ou le Livre de Mormon, publie huit annees auparavant, avait indique que s'elevaient jadis de grandes et superbes villes. Ecoutez M. Stephens au moment ou il vit les ruines de Gopan :

« Nous nous assimes sur le bord du mur, et j'essayai en vain de sonder le mystere qui nous entourait. Quels etaient ceux qui avaient bati cette ville ? Dans les ruines de l'Egypte, meme dans Petra depuis si longtemps perdue, l'etranger reconnait l'histoire du peuple dont les traces l'environnent.

y> L'Amerique, disent les bistoriens, etait peuplee par des sauvages. Mais jamais des sauvages n'ont eleve ces Edifices ; ce ne sont pas des sauvages qui ont sculpte ces pierres. Nous demandames aux Indiens quels etaient les auteurs de ces grandes cboses; leur unique reponse fut : Quien sabe ? ( Qui le sait?) Rien ne se lie a 1'bistoire de cet endroit; on n'y retrouve aucun de ces souvenirs emouvants qui ennoblissent Rome, Atbenes et la grande maitresse du monde sur la plaine egyptienne. Maisl'architecture, la sculpture, la peinture, tous les arts qui embellissent la vie avaient jadis prospered dans cette immense foret. Des orateurs, des guerriers, des bommes d'Etat avaient apparu sur cette scene et n'y avaient pas laisse de traces.- Etpersonne encore ne sait que de telles cboses ont existe. Les bvres sont muets, et la ville est un monceau de ruines. »

Et pour ceux qui ont crie a l'imposture en apprenant que le Livre de Mormon avait ete traduit sur des plaques gravees, unies ensemble par des anneaux de metal, et remontant evidemment a une epoque reculee, nous publions la declaration suivante, adressee a l'editeur du Times and Seasons t

« Nous soussignes, citoyens de Kinderbook, certifions et declarons que le 23 aout 1843, tandis que nous etions occupes a creuser surun monticule qui se trouve dans ce voisinage, M. M. Wiley enleva du dit monticule six plaques de cuivre offrant le profil d'une

cloche, couvertes de lettres anciennes. Les plaques etaient fortement oxidees; les barres et les anneaux se pulverisaient sous la plus faible pression. Nous avons transmis les plaques ci-dessus mentionnees a M. Sharp, dans le but de lesfaire transporter a Nauvoo. ( Signes : ) Robert "Wiley. J.-R. Sharp.

George Deckenson. Ira-S. Curtis.

W. LONGNECKER. "W.-P. HARRIS.

Fayette Grubb. W. Fugate.

G.-W.-F. Ward.

Le Quincy-Whig , apres avoir fait mention de cette decouverte, ajoute :

« Ces plaques ont ete exposees la semaine derniere dans cette ville, et elles sont maintenant a Nauvoo, soumises a l'examen du prophete Mormon. Si Joseph Smith peut dechiffrer les hieroglyphes traces sur ces plaques, il fera plus qu'aucun homme que ce soit pour eclairer l'histoire de ce continent. »

Jusqu'ici il nous semble que les decouvertes, au lieu de renverser le temoignage du Livre de Mormon et d'en demontrer l'imposture , viennent au contraire le corroborer.

Gomme Vdgyptien reforme" a et6 un objet de scandale pour nos adversaires , nous allons continuer des citations qui non seulement demontrent que les hieroglyphes egyptiens furent connus dans l'ancienne Amerique , mais que d'autres usages egyptiens y furent aussi en vigueur , notamment celui d'embaumer les corps des defunts *'. On lit dans V Edinburgh Evening Courant du 16 octobre 1848 :

« Les journaux qui nous arrivent des Etats-Unis par la derniere poste contiennent plusieurs choses curieuses et importantes qui meritent notre attention particuliere. Nous mentionnerons surtout le recit detaille et remarquable de la decouverte faite a Durango, capi-

1 Les enfants d'Israel, qui s'etaient trouves en Egypte pendant sept ou huit generations, avaient pratique l'usage des embaumements. (Gen. L, 2, 3,26.)

tale de la province de ce nom dans le Mexique, de cavernes renfermant plusieurs centaines de milliers de momies semblables a celles de l'ancienne Egypte. Nous attendons impatiemment, ainsi que le public, des developpements sur cette decouverte. »

Dans le meme numero de ce journal , l'ecrivain , apres avoir parle de l'ouvrage de M. Stephens deja rappele plus haut, dit :

« Nous observerons simplement ici que quiconque examine les beaux dessins renfermes dans le livre de Stephens sur l'Amerique centrale, reconnaitra qu'ils sont couverts d'hieroglyphes egyptiens et de lettres hamyratiques semblables a celles qui ont eterecemment decouvertes dans l'Arabie meridionale, et que les traits et les figures sont ceux de l'Asiesuperieure. »

Suivant MM. Guers et Favez , il est incroyable que les anciens habitants de l'Amerique aient eu connaissance des cinq livres de Mo'ise et des Prophetes jusqu'au regne de Sedecias, epoque de la derniere emigration des Israelites, qui les emporterent avec eux. Nous allons prouver non seulement la verite du Livre de Mormon en cet endroit, mais encore que les rites , coutumes , sacrifices et autres ceremonies religieuses des Juifs y furent pratiques, ainsi que la hierarchie ecclesiastique. M. G. Golton , a qui nous avons deja fait un emprunt, s'exprime ainsi en parlant des sacrifices des Indiens :

« Dans certaines occasions, non seulement il faut que la victime soit blanche, mais un seul poil d' autre couleur ou la moindre tache la ferait rejeter. Tandis qu'ils chantent ou dansent autour du sacrifice, on peut clairement distinguer le saint nom de Jehovah: ils ont aussi le A-la-Heem hebreu en forme substantielle, applique au Grand-Esprit, et Ton entend souvent dans leurs chants sacresYHalleluja aussi distinctement que dans quelque choeur chretien que ce soit. Ils ont egalement un vaisseau ou Arche d' alliance dont ils se servent dans certaines occasions, et que Ton ne contemple qu'avec un profond respect. »

JUGE PAR LES SAVANTS. by

Dans un discours de M. Noah, ecrit dans le but de prouver que les Indiens de V Amerique descendent des dix tribus perdues d'lsrael d, discours publie a New- York en 1837, l'auteur cite, entr'autres ecrivains, M. Adair, qui, apres avoir fait mention d'un grand nombre de mots hebreux dont ils se servent, continue ainsi :

« Les Indiens ont leurs prophetes et leurs grands-pretres, de meme que les Juifs en avaient autrefois; ils sont elus avec soin parmi les liommes les plus sages et les plus prudents, et ils ordonnent leurs grands-pretres au moyen de l'onction. Ils ont dans leurs sanctuaires un endroit tres-saint, semblable au Saint des Saints dans le temple. L'archimage ou grand-pretre porte, en imitation du pectoral ancien, une conque marine blanche, ornee de maniere a ressembler aux pierres precieuses de l'Urim, et au lieu de la plaque d'or portee parle levite sur le front, l'lndien porte une couronne de plumes de cygne et une touffe de plumes blanches qu'il appelle Yatira. Les Indiens ont leur arche qu'ils emmenent toujours aux combats avec eux, et sur laquelle ils veillent avec soin. Une chose digne de remarque, c'est qu'ils ne posent jamais l'arche a terre. Quand le terrain est montueux, ils la mettent sur de grandes pierres; mais dans les plaines, ils la placent sur de courtes buches sur lesquelles ils s'asseyent. »

Cette declaration de M. Adair est confirmee par plusieurs voyageurs , et notamment par le major Long, qui a fait recemment l'exploration des Montagnes-Rocheuses.

« L'arche est placee, dit-il, sur un piedestal, et on ne la laisse jamais toucher terre. La tradition leur apprend que la curiosite ayant pousse trois personnes a examiner la mysterieuse coquille, elles furent a l'instant frappees de cecite en punition de cette profanation. »

i II y a des savants qui, forces par l'evidence de reconnaitre 1' emigration des Israelites dans 1'ancienne Amerique, ne veulent pas croire, d'apres le Livre de Mormon, que cette contree fut habitee par des descendants de Joseph. Ceux-la sont obliges d'expliquer la presence des enfants d'Israel sur ce continent par la disparition des dix tribus perdues.

Geci prouve la verite du Livre de Mormon a l'egard de la Loi de Mo'ise. Maintenant laissons parler un ministre chretien.

Le Rev. Samuel Parker, A. M. (Journey beyond the Rocky-Mountains, p. 43, 44) donne le re"cit du voyage qu'il a fait chez les Indiens qui habitent au-dela des Montagnes-Rocbeuses i. II constate une foule d'analogies entre ces sauvages et les anciens Juifs. lis sont , dit-il , restes etrangers a l'idolatrie , ce qui les distingue de tous les autres paiens. lis n'ont aucune idole ; ils croient a un seul Dieu, a l'lmmortalite" de l'ame, aux recompenses et aux chatiments futurs. II les considere comme parfaitement disposes a recevoir la ve>it£ cbretienne. Ils suivent les memes usages que les Juifs pour la punition des crimes, les mariages, les travaux domestiques, la maniere de traiter les esclaves, la polygamic, la division en tribus, etc. Malgre ces analogies , l'auteur ne pense pas qu'ils soient d'origine juive.

« II y a, dit-il, deux considerations qu'on ne doit pas passer sous silence, et qui sont contraires a la supposition que les Indiens sont d'origine juive. D'abord ils ne font point de sacrifices. Ici ils different non seulement de la nation juive, mais de tous les peuples de la terre qui ne sont pas sous Pinfluence de la lumiere de l'Evangile. S'ils descendent des Juifs, il est etrange qu'ils n'aient pas continue la pratique des sacrifices, surtout lorsqu'il y a un penchant general parmi les hommes, et en particulier chez les paiens, a y avoir recours pour expier les peches. Les Indiens, a Test des Montagnes- Rocheuses, offrent-ils des sacrifices? je 1'ignore; pour moi, je n'ai pas trouve la moindre preuve d'un tel usage chez ceux de 1'ouest.

y> L'autre consideration est le manque d'analogie dans leur langage. II y a plusieurs langues entierement distinctes parmi les nations indiennes, et il existe entre ces idiomes des differences plus

1 Cet ouvrage a ete imprime en 1838.

grandes qu'entre les diverses langues de l'Europe, car dans celles-ci sont conserves des mots derives du latin et qui leur sont communs. Or, si les Indiens etaient descendus des Juifs et avaient eu consequemment la memelangue (l'hebreu), ondevrait aujourd'hui, malgre la diversity de leurs dialectes, retrouver dans leur langage des mots indiquant une origine commune. On y reconnait bien quelques mots qui viennent du latin, du grec, de l'hebreu, mais avec un sens different de celui qu'ils ont dans ces langues. Done, sous le rapport du langage, l'evidence d'une origine juive, ou meme simplement d'une autre origine commune, n'est pas seulement douteuse, mais fort peu probable. s>

Le R6v. Parker refuse aux Indiens une origine juive par deux motifs : ils ne font point de sacrifices, et leur langage n'offre pas assez d'analogie avec la langue hebraique. Disons d'abord , avec les savants editeurs Chambers, que le Rev. Parker a fait des observations assez exactes, mais qu'il les a gatees par des inductions ou il s'est montre completement depourvu d'intelligence et de jugement *. Ne prenons done de lui que les fa its. Si M. Parker avait lu le Livre de Mormon, il aurait eie conduit a une conclusion diametralement contra ire. La conformite des usages, preuve si e"vidente, aurait ete non pas contredite, mais corroboree par l'absence des sacrifices , car la ou la parole de Christ a penetre , les sacrifices ont cesse. Parker n'a point explore les ruines des temps anciens et ignore si l'usage des sacrifices fut en vigueur parmi ces nations ; mais, deux ans apres lui, Stephens et Catherwood, se livrant a la recherche des antiquites que recelent ces memes contrees, ont trouvC des traces non equivoques de cet usage, et le resultat de leurs decouvertes a ete publie" en 1839 et 1842, en deux gros volumes que Ton peut consulter.

Avertisscment des edUeurs de cet outrage.

Quant au langage, M. Parker y dit avoir reconnu des mots hebreux, grecs et meme latins; cette observation devait le conduire a une conclusion contraire, surtout puisqu'il admet que toutes les autres circonstances sont proprcs a faire croire que les Indiens descendent des Juifs.

Le Livre de Mormon , comme on le sait , nous apprend que deux races differentes habiterent le continent americain : la premiere etait un peuple venu de la Tour de Babel , et Fautre etait une partie de la posterite de Joseph qui etait sortie de Jerusalem aux jours de Sedecias , roi de Juda. M. Noah, dans son discours sur l'origine des Indiens de l'Amerique , apres avoir prouve" que les Indiens cle nos jours sont des descendants d'Israel, declare que quelquesunes des anciennes ruines qu'on y a trouvees ont du etre l'ouvrage d'un autre peuple plus ancien.

« Mais, dit-il, quels etaient les Tultequans etles Azeteques, fondateurs de cet empire en Amerique? Qui est-ce qui a bati les pyramides de Cholula et la ville de Palenque ? Ce n'elaient pas des Juifs. Ici nous sommes obliges de quitter la voie que nous avons suivie des l'origine (qui etait de prouver que les Indiens descendaient d'Israel). Autre decouverte tres-extraordinaire, marquee aussi par des evenements surprenants ! »

Le Livre de Mormon (pages 461 a 466) parle d'une race idolatre et cruelle , qui sacrifiait des femmes et des enfants aux idoles, de son entiere destruction par la guerre, et de sa disparition de la surface du globe. Voici un extrait du New-York Sun du 8 Janvier 1848, qui vient confirmer ce recit :

« Yucatan est la tombe d'une grande nation qui a passe mysterieusement et qui n'a pas laisse d'histoire. Chaque foret contient dans son sein les restes de vastes temples ornes de sculptures et couverts des symboles d'une religion eteinte, de nobles cites dont les rueset les palais somptueux attestent dans leurtriste abandon la gran-

deur colojsale de leurs fondateurs. Ce sont les tombeaux gigantesques d'une race illustre, mais ils ne portent ni noms, ni epitaphes. L'Indien eprouve une grande terreurenracontant la tradition confuse de tout un peuple feroce et cannibale, qui se plaisait dans les sacrifices humains, et qui fut extermine dans le sang et le feu par ses ancetres. Cette terreur est le seul guide des conjectures que Ton peut faire sur la maniere dont les anciens habitants de Yucatan furent effaces en masse du nombre des vivants. »

D'apres le Livre de Mormon, p. 460, l'endroit ou etait cette ville et ou ce peuple fut extermine est designe comme etant le defile etroit qui mene du cote du midi (ou qui separe l'Amerique du Nord de l'Amerique du Sud). Maintenant, regardez la carte, et la vous trouverez Yucatan.

Nous renvoyons a la Voix d'avertissement pour d'autres renseignements sur ce point.

En terminant ces citations, nous ferons cette seule question a nos adversaires : Est-ce la sagesse humaine qui dictait le Livre de Mormon avant 1830? J. Smith pouvait-il deviner que des decouvertes positives viendraient posterieurement le confirmer ?

Voila quelques-uns de nos temoins en faveur de l'authenticite du Livre de Mormon. Dans cette partie de notre discussion , comme sur tous les autres points, nous avons pris nos citations en dehors des ouvrages de l'Eglise, c'esta-dire chez nos ennemis ou les etrangers. Pour nousmemes, nous avons assez de temoignages de l'authenticite du Livre de Mormon ; ces preuves s'adressent uniquement a nos adversaires.

Page 1