D' Potiquet, La mort de François
En voulez-vous une preuve immédiate : lisez cette simple phrase de Régnier de la Planche, confident du connétable de Montmorency, appelé à la cour vers 1560 par Catherine de Médicis. Durant son séjour, Régnier de la Planche a eu tout loisir d'examiner le rejeton princier. En quelques traits, il burine le portrait de son héros, et l'esquisse n'a nul besoin de retouches.
Ce prince malsain, écrit-il, et qui, dès son enfance, avait montré de grandes indispositions pour r^avoir ni craché, tu mouché f avait un visage blafTart et bouffi. «. comme aussi se formait une corruption en l'une de ses aureilles, qui faisait Poffice du nez, lequel il avait fort camus.
De Thou, d'Aubigné*, qui écrivent presque à la même époque, sont moins précis. Pierre Mathieu, historiographe de France sous Henri IV, complète le tableau en faisant observer que chez François 11 « l'obstruction du crible du cerveau le faisait parler du ne:(^. » Enfin, s'il faut un dernier témoignage, on n'a qu'à consulter l'émail de Léonard Limosin au musée du Louvre : le roi, qui est à l'âge de l'adolescence, a une physionomie presque enfantine. A ce jeune homme de seize
I. De Thou et d*Aubigné se trompent, quand ils pensent que la maladie du roi venait de ce que Catherine n'avait été sujette que fort tard aux... incommodités périodiques qui assaillent les femmes. « La Reyne avoit eu des menstrues si tard, écrit d'Aubigné, que son fils estoit de ceux que Ton appelle mal nez... » 11 n'est pas besoin de dire qu'il n'existe aucune relation entre les menstrues tardives de la mère et les végétations adénoïdes de son enfant; mais, comme l'observe judicieusement l'auteur de la Psychologie des derniers Valois, cette perturbation génitale est un stigmate connu de dégénérescence.
ans on serait tenté de donner un cerceau et des billes. Les épaules, d'assez forte carrure, soutiennent une tête « poupine ». Un coup d'œil exercé ne s'y trompe pas. Pâleur du visage, béance de la bouche, arrêt de développement du nez, et physionomie restée enfantine; difficulté d'évacuer par le nez et la bouche les mucosités accumulées, voix nasonnée, inflammation de l'oreille moyenne, dureté de l'ouïe, ces signes ne sont-ils point ceux dont nous regardons le groupement comme caractéristique de la présence de végétations adénoïdes dans le pharynx nasal, et comment ne pas reconnaître là le faciès adénoïdien * ?
D'Aubigné signale, il est vrai, la puanteur de l'haleine, le visage boutonneux; mais la punaisie et l'eczéma, sans être inséparables de l'amygdale pharyngienne, sont loin d'être rares dans cette affection, dont l'histoire date d'hier. Un des plus compétents parmi les auristes étrangers, le professeur W. Meyer (de Copenhague) a mis en doute le diagnostic du D"" Potiquet, et voici les arguments, d'ailleurs discutables, qu'il donne à l'appui de son opinion.
U est possible que François H ait été atteint de tumeurs adénoïdes; cependant le cas est discutable. Une otorrbée peut exister sans tumeurs adénoïdes. La puanteur cU Vbaleine est plutôt rare en cas de tumeurs adénoïdes. Les mémoires du temps racontent que le roi ne se mouchait ni ne crachait : or cela est en contradiction avec ce qu^on observe d'habitude chez les adénoïdiens qui nettoient presque continuellement leur pharynx.
Mais ce qui vient surtout à l'cncontre de l'opinion soute-