‹ Les morts mystérieuses de l'histoire (volume 2)Chapitre 159 sur 277 · Jacoby^ op, cit., p. 401, n · texte numérisé non relu

Jacoby^ op, cit., p. 401, n

2. Cf. dans le Cabinet secret de V Histoire, .4* série, le chapitre consacré à Louis Xlll.

A 8 ans, le Dauphin a la rougeole*.

En i6i5, il est blessé «sur l'orbite de Toeil droit», en jouant à la paume; mais sauf encore quelques fièvres, son médecin n'a pas grande besogne*.

Un régime alimentaire mal dirigé ne tarda pas à produire de funestes effets.

C'est ainsi que le bon médecin nous apprend que Louis XIII enfant était très enclin à boire de l'alcool, ce dont il se montre très inquiet. Héroard craignait beaucoup pour son royal client l'usage du vin (l'alcoolisme n'est pas une préoccupation médicale d'apparition contemporaine, on le voit). Henri IV, qui aimait le bon vin, en faisait verser au Dauphin toutes les fois qu'il dînait à sa table. Héroard ne manque pas de marquer en marge de son journal: «Nota, nota: son goût pour le vin; il faudra y prendre garde. »

Il raconte encore qu'un jour, comme il défendait au Dauphin de prendre du vin, «qui lui fesait mal», celui-ci en colère se saisit d'un couteau et en menaça son médecin. On ne peut s'empêcher de

1. Nous tisons dans le Journal cP Héroard, t. I, p. 368, éd. Eud. Soulié:

« Le 2ç octobre, mercredi, — La rougeole lui paroit.

« Le jt, vendredi, —J'arrive de Vaugrigneuse ; l'on ne me donna jamais avis qu'il eût aucune fièvre, mais un simple rhume; je le trouve avec la fièvre, le pouls plein, égal, hâté, chaud, tout couvert de rougeurs, avec inquiétude tant pour la fièvre que pour le grand feu qui se faisoit dans sa chambre, dont il se plaignoit et Ton ne le plaignoit pas, étouffant à demi dansson lit pour être entouré encore d'un tourde serge et lui fort couvert. 11 s'en plaint à moi. Il fut levé, et son lit fut refait. » ...

2. V. Chronique médicale, 15 juin 1899 (article -du D' Michaut).

rapprocher ces brusques colères et ce caractère volontaire du Dauphin, du roi effacé et sans volonté que fut plus tard Louis XllP.

Cette hygiène, plutôt défectueuse, amena bientôt des troubles gastriques, et, comme il était prédisposé, de par sa constitution arthritique, le jeune roi eut de la dyspepsie gastro-intestinale.

Louis XIII offre, comme Ta bien établi leD'Guillon, dont nous suivrons désormais pas à pas la monographie si fouillée*, un cas-type de névropathe devenu dyspeptique : il a des embarras gastriques fréquents, d'abord probablement de simples indigestions, puis accompagnées de fièvre; ensuite survient un état gastrique presque constant, avec la persistance de la neurasthénie et des manifestations arthritiques ; enfin, apparaît l'entérite, qui rapidement devient chronique.

Les digestions deviennent difficiles ; il y a du tympanisme. La faim est conservée, mais elle est assouvie dès les premières bouchées, et fait place à la satiété et au dégoût; les vomissements sont rares, mais la nutrition se fait mal, l'amaigrissement prend degrandesproportions,lapeau devient sèche et terreuse. Puis surviennent les ulcérations deTintestin ; les selles sont plus fréquentes; parfois on y trouve de petits amas purulents, parfois aussi des filets ou des caillots de sang; il y a même de véritables hémorrhagies.

Cette entérite chronique, de quelle nature cst-

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