Moniteur, du i6 prairial an
2. L'acte de décès de Desault a été publié par M. Alf. Bé- ^is {Louis XVll, sa mort au Temple, Paris, 1890, p. 18, note).
3. V. les Souvenirs de la marquise de Créquy. le Journal de Cléry, les Mémoires de Weber, etc.
4. Gruau de la Barre, Mémoire adressé eu 1840 au tribunal de police correctionnelle^ p. 13.
5. Voici la déclaration de la veuve Calmet (Suvigny, op W/.,p. 42-43) :
« Je soussignée, Agathe Calmet, veuve de Pierre-Alexis Thouvenin, demeurant à Paris, place de l'Estrapade, 34,
« Déclare que, du vivant de M. Thouvenin, mon mari, neveu de M. le docteur Desault, j'ai souvent entendu madame Desault, ma tante, me raconter que le 17 floréal an 111 de la République, le docteur Desault, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu, fut appelé pour visiter l'enfant « Capet » qui était à cette époque enfermé au Temple, — ce sont les expressions dont se servent les membres du Comité de sûreté générale de la Convention dans l'ordre écrit qui fut transmis.^ M. Desault. — Lorsqu'il fit sa visite au malade qui était au Temple, on lui présenta un enfant qu'il ne reconnut pas pour éfr$ //» ^fl«i/)Am, qu'il avait vu quelquefois avant l'arrestation de la famille royale. Le jour où M. Desault déposa son rapport, après avoir fait quelques recherches pour tâcher de découvrir <:c que pouvait être devenu le fils de Louis XVI, puisqu'on
On avait présenté, assuraient-ils, à Desault un enfant, qu'il n'avait pas reconnu pour l'enfant CapetS et comme on se doutait que Desault ne manquerait pas de signaler la substitution, on s'empressa de se débarrasser d'un aussi gênant témoin. Le jour où il allait déposer son rapport un dîner lui fut offert par les conventionnels*. Au
lui avait présenté un autre enfant à sa place, un dîner lui fut offert par les conventionnels. Au sortir de ce repas, en rentrant chez lui^ ke docteur Desault fut pris de violents vomissements, à la suite desquels il cessa de vivre^ ce qui laissa ^croirt qu^il avait été empoisonné. »
« Paris, le 5 mai 1845.
« Signé : A. Thouvenin. »
Dans sa plaidoirie en faveur des héritiers de Naundorflf, Jules Favre s'écriait à son tour : « S'il m'est permis de me citer, je dirai que, lorsque je suis allé plaider à Périgueux» là, un homme, ancien oculiste de la duchesse de Berry, ami intime de Desault, m'a fait appeler. Cet homme, trèsâgé^ ne conserve pas le moindre doute sur la cause de la mort de Desault. Il est mort empoisonné . t Ci . Galette des Trib unaux y 31 mai 1851 ; La Paix, du 9 juin 1894, etc.
1. Voici ce qu'on lit, à ce sujet, dans les Essais historiques sur la Révolution de Frawe, par Beaulieu, (tome VI, page 196 Paris, Maradan, 1S03) :
« Tout ce que je sais, c'est que le fameux chirurgien Des sault, ayec qui j'avais fait connaissance en prison, m'a ditaprès l'avoir visité, qu'il ne le croyait pas; mais M. Desault étant mort lui-même peu de temps après, ainsi que l'apothi- -caire qui fournissait les remèdes, on n'a pas manqué de dire qu'on les avait sacrifiés à un secret qu'il importait de garder. Je rapporte ce que M. Desault m'a dit, et il me parlait avec l'air de la franchise. »
M. Nicolle, ajoute Eckard, en reproduisant le passage de Beaulieu, M. Nicolle, libraire à Paris, ami intime de Desault^ et dont nous avons parlé plusieurs fois, nous a affirmé que ce chirurgien lui avait souvent tenu le même langage. (Eckard, op, cit,, p. 298).
2. Qui a parlé de ce dîner? De quels conventionnels ^'agit-il? Comment le poison aurait-il été glissé, sans éveiller l'attention? Tout cela « sue » l'invraisemblance.
sortir du repas, en rentrant chez lui, le D' Desault aurait été pris de violents vomissements, à la suite desquels il cessa de vivre, ce qui donna à penser qu'il avait été empoisonné*.
Un ancien valet de pied de Louis XVI, du nom de Jacques Boillaut, prétendait tenir de Madame Desault, que son mari avait été empoisonné ^
La femme du chirurgien ^ elle-même était donc persuadée que son mari avait succombé au poison.
Autre circonstance digne d'être relevée: le rapport de Desault sur l'état du royal malade ne fut jamais publié.
Enfin, six jours après la mort' de Desault, succombait à son tour le chirurgien Chopart * : Chopart était très lié avec Desault.
Le docteur Doublet, appelé en consultation au Temple, aurait eu le même sort que les confrères qui l'avaient précédé.